This article presents SLAM, an Automatic Solver for Lexical Metaphors like ?d\'eshabiller* une pomme? (to undress* an apple). SLAM calculates a conventional solution for these productions. To carry on it, SLAM has to intersect the paradigmatic axis of the metaphorical verb ?d\'eshabiller*?, where ?peler? (?to peel?) comes closer, with a syntagmatic axis that comes from a corpus where ?peler une pomme? (to peel an apple) is semantically and syntactically regular. We test this model on DicoSyn, which is a ?small world? network of synonyms, to compute the paradigmatic axis and on Frantext.20, a French corpus, to compute the syntagmatic axis. Further, we evaluate the model with a sample of an experimental corpus of the database of Flexsem
Cet article présente SLAM, un modèle de solutions lexicales automatiques pour métaphores du type « déshabiller* une pomme ». Selon Aristote, (Aristote, Poétique), cette métaphore se bâtit à partir de l'analogie conceptuelle d'un quadruplet du type : Depuis les travaux de Lakoff et Johnson (Lakoff et Johnson, 1980), il est admis que le processus métaphorique prend sa source au niveau conceptuel. Ainsi, lorsque nous sommes face à un domaine conceptuel nécessitant une meilleure appréhension de sa structure, appelé domaine cible, nous projetons sur celui-ci la structure d'un domaine conceptuel source que nos expériences corporelles, sociales, culturelles… ont permis de consolider. Cette projection se fait à partir de l'identification de similitudes structurelles entre le domaine source et le domaine cible (Gentner, 1983 ;Gineste, 1997 ;Sander, 2003).
Un locuteur voulant communiquer un événement A -ex. : [l’action de PELER une POMME] -peut produire un énoncé conventionnel « peler une pomme » mais il peut aussi produire un énoncé métaphorique « déshabiller une pomme », ce qui est fréquent chez les jeunes enfants (Duvignau et Gaume, 2005) : l’enfant cherchant à communiquer un événement A -ex. : [l’action de PELER une POMME] -pour lequel il ne dispose pas encore de catégorie verbale constituée (1) fait une analogie avec un ancien événement B [l’action de DESHABILLER une POUPEE], déjà mémorisé avec l’entrée lexicale « déshabiller » et, (2) utilisant cette analogie, dit « déshabiller une pomme » pour communiquer l’événement A.
Afin d’exploiter dans notre modèle, à un niveau lexical, cette notion d’analogie conceptuelle, nous distinguons deux types de relations entre les lexèmes :
(1) les relations syntagmatiques entre termes : le terme t 1 est en relation syntagmatique avec le terme t 2 si le terme t 1 peut apparaître dans un nombre plus ou moins grand de contextes syntaxiques de t 2 ;
Exemple : le terme « peler » est en relation syntagmatique avec le terme « pomme ».
- Dans cet article, nous noterons en petites capitales le niveau conceptuel (ex : POMME)et entre crochets les événements (ex : [l’action de PELERunePOMME]), alors que nous noterons en italique et entre guillemets le niveau langagier (ex : « peler une pomme »). 4. Ce patron d’analogie conceptuelle est celui donné par Aristote lui-même, dans sa poétique.
(2) les relations paradigmatiques entre termes : le terme t 1 est en relation paradigmatique avec le terme t 2 si le terme t 1 peut se substituer au terme t 2 , sans changement fondamental de sens, dans un nombre plus ou moins grand de contextes syntaxiques.
Exemple : le terme « peler » est en relation paradigmatique avec le terme « éplucher ».
Dans ce cadre, SLAM a pour but de résoudre lexicalement les métaphores analogiques (voir figure 1). SLAM, qui prend en entrée une métaphore analogique quelconque comme « déshabiller* une pomme », doit donc proposer en sortie une solution lexicale 5. Solution conventionnelle : qui n’entraîne aucune tension, ni d’un point de vue sémantique (le contexte lexicale de la solution dans l’expression) ni d’un point de vue pragmatique (voir note 7 sur la troponymie). conventionnelle, comme « peler », de manière automatique, sans avoir accès 6 au niveau conceptuel. En effet, ce niveau serait très difficile à représenter formellement, de manière exhaustive, pour l’ensemble de tous les concepts et dans tous les domaines. Aussi, afin de compenser ce défaut de représentation du niveau conceptuel, SLAM repose sur le croisement de l’axe paradigmatique du foyer de la métaphore (ex. : « déshabiller* ») avec l’axe syntagmatique du terme créant la tension avec le foyer métaphorique (ex. : « pomme »). Concernant l’axe paradigmatique, SLAM s’appuie sur Prox afin de construire une similarité entre entités lexicales. Concernant l’axe syntagmatique, SLAM s’appuie sur l’analyseur syntaxique Syntex afin d’extraire les triplets syntaxiques <régisseur, relation, régi> présents dans un corpus avec leur effectif. Par ailleurs, il faut distinguer les métaphores créatives, qui s’appuient sur des analogies non systématisées, des métaphores conventionnelles dont l’utilisation plus fréquente a été mise au jour par (Lakoff et Johnson, 1980), ces dernières s’apparentant à de la polysémie. En effet, par un processus d’abstraction de son domaine sémantique d’origine, le foyer métaphorique -conventionnalisé par un usage fréquent de son sens figuré -appartient aux deux domaines sémantiques mis en jeu par une métaphore analogique (Gentner et al., 2001). Ainsi, les métaphores conventionnelles ne génèrent que peu, et même parfois plus aucune tension contrairement aux métaphores créatives dont la vivacité entraîne une tension sémantique qu’il est intéressant de modéliser. C’est pourquoi nous appliquons SLAM aux métaphores créatives, la résolution d’une métaphore conventionnelle s’apparentant plutôt à la désambiguïsation d’un terme polysémique conventionnel.
Dans la suite de cet article, nous présenton
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