Les crashs sont rationnels

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📝 Original Info

  • Title: Les crashs sont rationnels
  • ArXiv ID: 1111.7299
  • Date: 2012-04-27
  • Authors: The authors are not listed in the provided excerpt. —

📝 Abstract

As we show by using notions of equilibrium in infinite sequential games, crashes or financial escalations are rational for economic or environmental agents, who have a vision of an infinite world. This contradicts a picture of a self-regulating, wise and pacific economic world. In other words, in this context, equilibrium is not synonymous of stability. We try to draw, from this statement, methodological consequences and new ways of thinking, especially in economic game theory. Among those new paths, coinduction is the basis of our reasoning in infinite games.

💡 Deep Analysis

Figure 1

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ce qui distingue la rationalité instrumentale de la rationalité épistémique (voir section 9). Par conséquent, celui qui capte à la fois la vision externe et la vision interne et prend en compte l'une et l'autre est épistémiquement rationnel tandis que l'agent prisonnier de l'intérieur du système n'est qu'instrumentalement rationnel. Le premier verra le crash arriver, alors que le second sera aveugle.

Enfin, nous ne disons pas que l’escalade et le crash qui peut en être la conséquence sont inéluctables, mais nous affirmons qu’ils sont plausibles parce que l’escalade est sous-tendue par une démarche rationnelle des agents.

Il est dans la nature humaine de penser sagement et d’agir d’une façon absurde.

Anatole France Le livre de mon ami Dans cet article, nous étudions les systèmes à agents, un système étant une organisation de taille plus ou moins grande où les entités élémentaires sont appelées des agents . On peut parler d’agent économique ou d’agent écologique. Dans la suite, nous emploierons aussi le terme de joueur , par analogie avec les jeux qui seront notre paradigme. En fonction de son intérêt, un agent prend des décisions qui sont les conséquences de ses préférences ou de l’estimation de ce que ça lui rapporte. Bien sûr ces choix ont une influence sur le comportement global du système. L’un de ces comportements importants qui nous intéresse se manifeste par le fait que le système est en équilibre, les décisions des agents étant faites pour maximiser les préférences de chaque agent. En ce sens, équilibre est synonyme de stabilité, mais, comme nous le verrons, cela peut aussi coïncider avec une évolution rapide des principaux paramètres du système 2 , comme par exemple la hausse ou la baisse rapide et forte d’un prix. Ainsi, l’équilibre peut résulter en une grande instabilité des paramètres majeurs du système, comme c’est le cas dans l’escalade, qui est le concept sur lequel nous allons nous focaliser. En gros nous envisageons une suite équilibre-décision, équilibre-décision, …. Dans les jeux infinis, équilibre n’est donc plus synonyme de stabilité. Cette propension des agents à l’optimisation est ce que l’on appelle leur rationalité , autrement dit les agents sont doués de raison et l’utilisent à leur avantage dans leurs décisions. Mais la rationalité a deux facettes, suivant qu’on la mesure de l’extérieur ou de l’intérieur, c’est-à-dire suivant qu’on en a une perception globale ou locale. Ces deux points de vue peuvent donner lieu à des constatations complètement opposées. L’escalade, phénomène particulièrement irrationnel d’un point de vue holistique, ne l’est plus d’un point de vue réductionniste. Dans ce phénomène, plusieurs paradoxes apparaissaient. Premièrement, une rationalité locale, celle des agents pris individuellement, peut résulter en une totale irrationalité quand on l’observe au niveau du système pris dans son entier. Comme l’agent est coincé dans son monde, il sera difficile pour un observateur externe de convaincre celui-ci qu’il se trompe. Et quand l’observateur affirmera la rationalité ou l’irrationalité des agents, il devra prendre en compte le niveau où il se place. Deuxièmement un système fondé sur des équilibres peut être chaotique et ainsi le crash peut être la conséquence d’un équilibre. Donc agents rationnels en équilibre au moment de leurs décisions , ne veut pas dire, système à évolution lente et régulière.

Les phénomènes de chaos ou d’escalade sont mal compris dans les disciplines scientifiques (nous pensons surtout à la microéconomie), qui basent une partie de leur explication sur les systèmes multi-agents. Comme Jean-Philippe Bouchaud qui affirme que les sciences économiques ont besoin d’une révolution scientifique 3 ou David Collander 4 qu’il nous faudra cent cinquante ans pour parvenir à prouver que les faits que nous vivons depuis 2007 sont possibles en théorie, nous disons qu’elles requièrent une profonde remise en cause de leurs fondements, de leurs méthodes et de leurs outils. Parmi ces nouveaux outils il y a peut-être ceux de la logique comme elle est développée par une autre grande science des systèmes qu’est l’informatique, au premier rang duquel se trouve bien sûr la coinduction dont nous allons parler.

Dans tous les processus d’escalade il y a un mécanisme d’interaction -compétition et c’est la compétition qui prime. Très tôt, les philosophes se sont rendus compte que les règles qui gouvernent les activités des groupes d’individus suivent celles des jeux. S’est alors développée la théorie des jeux. En effet, comme dans un jeu de société, les hommes coopèrent plus ou moins, mais surtout agissent pour leur propre compte. Très vite est donc apparu le concept de jeu pour décrire comment fonctionnait l’interaction entre les acteurs d’un système, notamment dans les phénomènes économiques. L’acte fondateur de la théorie des jeux est le livre de John von Neumann et Oskar Morgenstern, Théorie des jeux et comportements 6. L’auteur a pu mettre en évidence dans le

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Reference

This content is AI-processed based on open access ArXiv data.

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