Masures affines

We give an abstract definition of affine hovels which generalizes the definition of affine buildings (eventually non simplicial) given by Jacques Tits and includes the hovels built by Stephane Gaussent and the author for some Kac-Moody groups over ul…

Authors: Guy Rousseau (IECN)

Masures affines par Guy R ousseau Octobre 2008 Abstract. W e give an abstract definition of affine ho ve ls whic h generalizes the definition of affine buildings (ev en tually non simplicia l ) giv en b y Jacq ues Tits and includes the ho v els buil t b y St ´ ephane Ga ussen t and the author for some Kac-Mo o dy groups ov er ultrametric fields. W e pro v e that, in such an affine ho v el I , there exist ret ra ctions wit h cen ter a sector germ and that w e can add at the infinit y of I a pair of t win buildings or tw o microaffine buildings. F or some affine ho ve ls I , we pro v e that the residue at a p oin t o f I has a natural structure of pair of twin buildings and that there exist s on I a preorder whic h induces on eac h apartmen t the preorder asso ciated to the Tits cone. R´ esum´ e. On donne une d ´ efin ition abstrai te de masure affine qui g ´ en ´ eralise celle d’immeuble affine ( ´ even tuellemen t non simplici a l) donn ´ ee par Jacques Tits et qui inclut les masures (hov els) construits par St´ ephane Gaussen t et l’auteur p our certa i ns group es de Kac-Mo o dy sur des corps ultram´ etriques. On mo ntre q ue, dans une t elle ma sure affine, i l existe des r ´ etractions de cen tre un g erme de quartier et qu’` a l’infini on p eut construire une pai re d’immeubles jumel ´ es et deux immeubles microaffines. Pour certaines masures affines I , on montre que le r ´ esidu en c haque p oint de I a une structure naturelle de paire d’immeubles jumel´ es et qu’il existe sur I un pr ´ eordre qui induit sur c haque appartemen t le pr ´ eordre associ´ e au cˆ one de Tit s. In t ro duct ion. Si G est un g roup e de Kac-Moo d y d´ eplo y´ e sur un corps ultram ´ etri que, St ´ ephane Gaussen t et l’auteur ont in tro duit un espace I sur lequel le groupe G ( K ) agit [Gausse n t- Rousseau-08] ; il y a en fait (pour l’instan t ?) des conditi o ns tec h niques restrictiv es sur G et K , voir § 6 ci-dessous. La construction est cal qu ´ ee, d’aussi pr` es que p ossible, sur celle des immeubles de Bruhat-Tits p o ur les gro up es r ´ eductifs sur les corps lo caux [Bruhat- Tits-72]. Cette g´ en ´ erali sation au cas Kac-Mo o dy p ose un certain nom bre de probl` emes tec hniques et r ´ ev ` ele une difficult´ e ma jeure : cet espace I est r´ eunion d’appartemen ts, mais l’axiome fondamen tal des syst ` emes d’appartemen ts n’est pas v ´ erifi ´ e : il p eut exister deux poi nts de I q ui ne son t pas dans un m ˆ eme appartemen t. ` A caus e de cette ma uv aise propri ´ et´ e, I s’est vu attri buer le nom de masure ( ho v el). 2 Guy Rousseau P ar ail leurs Jacques Tits a donn ´ e dans [Tits-86] une d´ efinition abstraite des immeubles affines ( ´ ev en tuellemen t non discrets) sans supposer cet ax iome fondamen tal des syst ` emes d’appartemen ts (ce qui est par contre l e cas de la d ´ efinition de l’auteur dans [Rousseau-08]). L’un de ses axi omes essen tiels est l ’existence d’un a ppartement con tenan t n’imp orte quelle paire de germes de q uartier. Comme cette propri´ et´ e et d’autres an alogues son t v´ erifi ´ ees par les masures de [ Gaussen t-Rous seau-08], il est naturel d’en visager l a g ´ en ´ eralisation de la d´ efinition de Tits aux masures affines [ l.c . ; remark 4.6]. On v a donc, dans cet art icle, essa y er de g´ en ´ eraliser l’essen t i el des r´ esultats de [ Tits- 86] dans un cadre incluan t les masures d´ ej` a construites. On in tro duit donc une d ´ efinition abstraite de masure affine en imp osan t comme axi omes un certain nom bre de propri´ et´ es de ces masures concr` etes, c hoisies comme de bonnes g ´ en´ eralisations des axiomes de [Tits-86] cf. 2.5. On intro duit d’ab o rd au § 1 l’ a ppartemen t affine t´ emoin A de la masure a ffine. On part, esse n tiellemen t, de la repr ´ esen tation g´ eom ´ etrique classique d’un groupe de Co xeter ( ´ even tuellemen t infini) W v dans un espace ve ctoriel r ´ eel V de dimension finie (mais pas forc ´ emen t euclidien) [B ourbaki-68 ; V § 4]. Les g ´ en ´ erateurs fondamen taux de W v son t des r ´ eflexions lin ´ eaires par rapp ort aux murs d’un cˆ one con vexe, ouvert et simplicial C v f (la c hambre v ectorielle fondamen tale p ositi v e). Les conjugu ´ es par W v de ces m urs son t les murs v ectoriels, leur ensemb le est not ´ e M v ; ` a c haque M v ∈ M v est asso ci ´ ee une unique r ´ eflexion r M v ∈ W v d’h y p erplan M v . Les conjugu ´ es par W v de C v f (ou de ses facettes) son t les c ham bres (ou les facettes) v ectori elles p osit iv es. La r´ eunion (disjoin te) de toutes ces facettes est le cˆ one de Tits T qui est conv exe. Les cham bres ou facettes n ´ egati v es son t les images par − I d V des cham bres ou facettes p ositives. De plus on est souv en t oblig´ e de consid ´ erer des m urs v ectoriels ”ima ginaires” don t l’ensem ble est stable par W v , cf. 1.1.5. L’appartemen t A est un espace affine sous V , il est m uni d’un ensem ble M d’h y p erplans affines app el ´ es m urs. Si M ∈ M , sa directio n M v est dans M v et on note r M la r´ eflexion d’hyperplan M don t l’application lin ´ eaire asso ci ´ ee est r M v . Le gro up e de W eyl W , engendr ´ e par les r M p our M ∈ M , doit stabiliser M . Les m urs ima g inaires son t les h yp erplans de direction un m ur vectoriel i maginaire. Comme l’ ensem ble des m urs n’est pas lo calemen t fini, on ne peut pas d´ efinir des facettes dans A comme des sous-ensem bles de A : ce son t des filtres de parties de A comme dans [Bruhat-Tits-72], cf. 1.7. Un quartier (resp. une face de quartier) de A est une partie de A de la forme f = x + F v p our x ∈ A et F v une cham bre (resp. une facette) v ectorielle. On a besoin d’ ´ epaissir ces faces de q uartier : une c hemin´ ee est un ensem ble de la forme r = F + F v (ou plus pr ´ ecis´ emen t son enclos cf. 1.10) o ` u F est une facette et F v une facette vectorielle. La face de quartier x + F v (resp. l a c hemin ´ ee cl ( F + F v )) est dite sph ´ erique (resp. ´ ev as´ ee) si F v est sph´ erique i.e. conten ue dans l’in t ´ erieur de ±T . Le germe d’une face de Masures affines 3 quartier x + F v (resp. d’une c hemin ´ ee cl ( F + F v )) est le filt re des part ies de A conten an t x + F v + ξ (resp. cl ( F + F v + ξ ) ) p o ur un certain ξ ∈ F v . Apr ` es ces d ´ efiniti ons techn iques, on d ´ efinit au § 2 une masure affine comme un ensem ble I mu ni d’un recouvremen t par un ensem ble A d’appartemen t s, t o us isomorphes ` a A . On p eut r ´ esumer l’essen tiel des axiomes en disan t que l ’on deman de de plus qu’une facette, une facette et un germe de chemin ´ ee ´ ev as´ ee ou deux germes de c hemin´ ees ´ ev as ´ ees son t conten us dans un m ˆ eme appartemen t, unique ` a isomorphisme fixan t ces ob jets pr` es (2 . 1). Les immeubles de Bruhat-Tits, les immeubles affines simpliciaux (au sens classique, v o ir par exemple [Brown -89]) et vrai sem blablement to us les immeubles affines de [ Tits-86] son t des masures a ffines (2.4). On d ´ eduit aussitˆ ot de la d´ efinition l’existence dans une masure affine de r ´ etractions de cen t re un germe de quartier (2.6). Au § 3 on commence l ’ ´ et ude des p ropri´ et ´ es ` a l’infini d’une masure affine. Deux germes de faces de quart ier sph ´ eriq ues son t dits parall ` eles si, dans un appartement les con tenant tous deux, ils corresp onden t ` a la mˆ eme facette vec toriell e. On mon tre que ceci d ´ efinit une relat ion d’ ´ equiv alence (3.2) et q ue les classes d’ ´ equiv alences constituen t les facettes sph ´ eriques de deux immeubles jumel ´ es (th ´ eor ` emes 3.4 et 3.7). On obtient ainsi, ` a l’infini d’une masure affine, une paire d’immeubles jumel´ es qui g´ en ´ eralise donc l’immeuble sph ´ erique ` a l’infini d’un immeuble affine construit dans [Tit s-86]. Au § 4 on examine la structure de l’ensem ble des g ermes de faces de quartier sph ´ eriques posit iv es (resp. n´ egatives). On mon tre que cela constitue un immeuble mi- croaffine au sens de [Rousseau -06] ; les facettes de cet i mmeuble microaffine corresp on- den t aux germes de c hemin´ ees ´ ev as ´ ees p ositives (r esp. n ´ egati v es) c f. 4.4. Les germes de faces de quartier sph´ eriques dans une m ˆ eme classe de parall´ elisme constituen t un immeuble affine ( 4.3). Dans le cas des cloisons de quart ier, on obtient ainsi des arbres qui g´ en ´ eral isen t ceux uti lis ´ es par J. Ti ts dans [Tits-86] p our d ´ efinir une v aluation sur la donn ´ ee radiciell e a sso ci ´ ee (en g ´ en ´ eral) ` a l’immeuble sph ´ erique ` a l’infini d’un immeu- ble a ffine. On n’arrive cep endan t pas ici ` a une classification des masures affines (qui g ´ en´ eraliserait [Tits-86] ) p our (au moins) deux raisons : la classificati on des immeubles jumel ´ es n’est pas aussi g´ en ´ erale que celle des immeubles sph ´ eriques et surtout on ne sait (encore) pas construire une masure affine asso ci´ ee ` a une donn ´ ee radicielle v alu ´ ee corresp ondan t ` a un syst` eme de racines infini ( 4.12). Au § 5 on s’int ´ eresse aux propri´ et´ es ` a distance finie d’une masure I . On mon tre (5.3) qu’en c haque p oint de I il existe un r´ esidu sous la forme de deux immeubles. Si la masure I est ” ordonn ´ ee” (2.3), ces deux immeubles sont en fait jumel ´ es (5.6). On a donc encore une paire d’i mmeubles jumel ´ es qui g´ en ´ eralise l’immeuble sph ´ eri que qu’est le r´ esidu p our un immeuble affine. Dans l’appartemen t A il y a un pr ´ eordre naturel donn ´ e par : x ≤ y si et seulemen t si y − x ∈ T . On d ´ efinit une relation dans I par x ≤ y si et seulemen t si i l existe un appartement A con tenan t x et y et si x ≤ y dans cet 4 Guy Rousseau appartemen t. On montre que cette relation est bien d´ efinie et que c’est un pr ´ eordre si la masure est ordonn´ ee (th ´ eor` eme 5.9). Dans l e cas des immeubles affines cette relation est triviale ( car T = V ) ; ce n’est pas le cas en g ´ en´ eral et on a donc ainsi une structure d’un t yp e nouv eau sur les masures affines. Enfin au § 6 on exhib e des ex emples de masures affines qui ne son t pas des immeubles a ffines, en mon tran t que (presque toutes) les masures de [Gaussen t-Rousseau- 08] son t des masures affines, ordonn ´ ees, ´ epaisses et semi-discr ` etes ( th ´ eor` eme 6.11). § 1 . Appartemen ts affi nes Dans ce premier paragraphe on laisse beaucoup de d ´ emonstratio ns au lecteur. Sauf indication parti culi ` ere, ce sont de simples cons ´ equences de l’alg` ebre lin´ eaire et de la th ´ eori e des in ´ equations lin´ eaires dans R n . 1.1. Le groupe de W eyl v ectoriel et les racines Dans tout cet arti cle on se donn e un q uadruplet ( V , W v , ( α i ) i ∈ I , ( α ˇ i ) i ∈ I ) form ´ e d’un espace v ectoriel r ´ eel V de dimension finie, d’un sous-group e W v de GL ( V ), d’une famille ( α ˇ i ) i ∈ I dans V et d’ une famille libre ( α i ) i ∈ I dans le dual V ∗ de V (toutes deux index ´ ees par le mˆ eme ensem ble fini I ). On suppose v ´ erifi ´ ees les propri ´ et´ es suiv an tes : 1) Pour i ∈ I , α i ( α ˇ i ) = 2 et donc l a form ule r i ( v ) = v − α i ( v ) α ˇ i d ´ efinit une in v olution de V , plus pr´ ecis ´ emen t une r´ eflexion d’h yp erplan K er ( α i ). 2) Le gro up e de W ey l W v est le sous-group e de GL ( V ) de syst ` eme g´ en ´ erat eur S = { r i | i ∈ I } . C’est un group e de Coxeter, app el´ e gr oup e de Weyl ve ctoriel . Le co efficien t m ( i, j ) de la matrice de Co xeter est l’ordre de r i r j . 3) On note Φ l’ensem ble des r acines r ´ eelles c’est ` a dire de s formes lin ´ eaires sur V de la forme α = w ( α i ) a v ec w ∈ W v et i ∈ I . Si α ∈ Φ , alors r α = w .r i .w − 1 est bien d ´ etermin´ e par α , ind ´ ep endammen t du c hoix de w et de i tels que α = w ( α i ). P our v ∈ V on a r α ( v ) = v − α ( v ) α ˇ p our un α ˇ ∈ V a ve c α ( α ˇ ) = 2 ; ainsi r α est une r´ eflexion par rapp ort ` a l’h yp erplan M v ( α ) = K er ( α ) que l’ on app elle mur (ve ctori el) de α . On not e M v l’ensem ble de ces murs v ectoriels (r ´ eels). Le demi-app artement ve ctoriel asso ci´ e ` a α est D ( α ) = { v ∈ V | α ( v ) ≥ 0 } . 4) Si Φ + = Φ ∩ ( L i ∈ I R + α i ) et Φ − = − Φ + , on a Φ = Φ + F Φ − . Le group e W v p erm ute Φ, mais seul l’ ´ el ´ ement neutre stabilise Φ + . Plus pr´ ecis ´ ement p our w ∈ W v , w ( α i ) ∈ Φ + ⇔ ℓ ( w r i ) > ℓ ( w ) o ` u ℓ d ´ esigne l a longueur dans W v relative ` a S . Les racines de Φ + (resp. Φ − ) son t dit es p ositives (resp. n ´ ega ti ves ). P our α ∈ Φ, on a Φ ∩ R + α = { α } ; ainsi Φ + (resp. Φ) est en bijection a ve c M v (resp. les demi-appartemen ts de V ). 5) On consid ` ere un ensem ble ∆ im ⊂ V ∗ de racines i maginaires disjoin t d e R Φ et sta bl e par ± W v ; on note ∆ re = Φ et ∆ = Φ ∪ ∆ im . T rois cas particuli ers son t particuli` eremen t i n t´ eressan ts : • Cas sans imaginaire : ∆ im = ∅ ; c’est un cas particuli er du cas suiv ant. Masures affines 5 • Cas mo d ´ er´ emen t imagi naire : Si ∆ + im = ∆ im ∩ ( L i ∈ I R + α i ) et ∆ − im = − ∆ + im , on a ∆ im = ∆ + im ∪ ∆ − im et ∆ + im comme ∆ − im son t stables par W v . On p eut par exemple prendre ∆ + im = ∩ w ∈ W v ( L i ∈ I R + α i ) \ R Φ. • Cas tr ` es i maginaire : R ∗ ∆ im = V ∗ \ R Φ, par exemple ∆ im = V ∗ \ R Φ. On not e M v i l’ensem ble d es murs ve ctori els i maginair es M v ( α ) =K er( α ), p our α ∈ ∆ im . 1.2. Exemple s La situatio n d´ ecrite ci-dessus se rencontre dans (au moins) deux cas (non disjoin ts) : 1) Cas Kac-Mo o dy : cf . [Kac-90] ou [Rousse au-06] On consid ` ere une r´ ealisation ( V , ( α i ) i ∈ I , ( α ˇ i ) i ∈ I ) d’une matrice de Kac-Mo o dy A (cela signifie que α j ( α ˇ i ) est le co efficient a i,j de la matrice A [Kac-90]) a v ec ( α i ) i ∈ I libre dans V ∗ . Alors W v en est le group e de W eyl , Φ l’ensem ble des racines r ´ eell es et ∆ im l’ensem ble des ra ci nes i maginaires ; on est dans le cas mo d ´ er´ emen t imaginaire. De mani ` ere ´ equiv alen te on p eut consid ´ erer un syst ` eme g ´ en ´ erateur de racines ( A, X, Y , ( α i ) i ∈ I , ( α ˇ i ) i ∈ I ) au sen s de [Bardy-96] av ec V = Y ⊗ R comme dans [ Rousseau- 06]. Ce cas existe si et seulemen t si l es co efficien ts de la matrice de Co xeter de W v son t 1, 2, 3, 4, 6 ou ∞ . De plus on a ∆ ⊂ L i ∈ I Z α i . Si W v est fini, la mat rice de Kac-Mo o dy est une matrice de Cartan et ( V , Φ , W v ) est asso ci ´ e ` a une alg ` ebre de Lie r ´ eductiv e complexe, ce cas sera dit classi que . Si A est une matrice de Kac-Mo o dy de t yp e affine [Kac-90 ; IV], o n parlera de cas affine . On p eut mo difier ce cas Kac-Mo o dy en se pla¸ can t dans les cas sans i ma ginaire ou tr ` es imaginaire. 2) Cas Coxeter g´ en ´ er al : cf. [Bourbaki-68 ; V § 4], [Deo dhar-89], [Humphreys-90 ; V] ou [ Tits-88]. On consid` ere un group e de Co xeter quelconque W v de syst` eme fondamen tal de g ´ en´ erateurs S = { s i | i ∈ I } fini et matri ce de Coxeter ( m ( i, j ) ) i,j ∈ I . On l ui asso cie un espace v ectori el r ´ eel V ∗ de base ( α i ) i ∈ I , que l’ o n mun it de l a forme bilin ´ eaire sym ´ etri q ue B , telle que B ( α i , α i ) = 1 et B ( α i , α j ) = − cos ( π m ( i,j ) ). On d ´ efinit alors α ˇ i ∈ V par 2 B ( f , α i ) = f ( α ˇ i ) p our tout f ∈ V ∗ . D’apr ` es les r ´ ef´ erences ci-dessus les propri ´ et´ es de 1.1 son t v´ erifi´ ees. Pou r les racines imagi nai res, on p eut en visager l es 3 cas de 1. 1.5. Bien sur on peut aussi multiplier V par un espace v ectoriel sur lequel W v n’agit pas. 3) Remarques : On p ourrait sans doute abandonner dans les h yp oth` eses de 1.1 les conditions de lib ert´ e de la famill e ( α i ) i ∈ I et de finitude de I ou de la dim ension de V . Il faudrait prendre q uelques pr´ ecautions suppl ´ ementaires, par exemple imp oser que C v f (d ´ efini ci-dessous en 1.3) engendre l ’espace ve ctoriel V . Des exemples de cette sit uation et leur in t ´ er ˆ et son t expliq u ´ es dans [Mo o dy -P i anzola-95] et [ Bardy-96]. M ˆ eme sans abandonner ces deux conditions, les syst` emes g´ en ´ erateurs de racines plus 6 Guy Rousseau g ´ en´ eraux de [ B ardy-96] fournissen t des exemples diff ´ erents de ceux de 1), ni mo d´ er ´ emen t imaginaires, ni sans imaginai res, ni tr` es imaginaires. Dans la suite on s’i n t´ eresse essen ti ellemen t au cas mo d´ er ´ ement imaginaire (sans l’imp oser). Le cas sans imagi nai re est id ´ eal mais souv en t sem blable, cf. 1.8.3 . 1.3. Le cˆ one de Tits Les r´ esultats de ce n um ´ ero se d ´ emon tren t comme dans [Bourbak i-68 ; V § 4] ou [Humphreys-90 ; V] ` a partir des h yp oth` eses de 1.1. La chambr e fondamentale p ositive C v f = { v ∈ V | α i ( v ) > 0 ∀ i ∈ I } est un cˆ one con vexe ouv ert non vide. Son adh´ erence est r´ eunion disjoin te des f ac ettes ve ctori el les F v ( J ) = { v ∈ V | α i ( v ) = 0 ∀ i ∈ J ; α i ( v ) > 0 ∀ i / ∈ J } p our J ⊂ I . On a C v f = F v ( ∅ ) et V 0 = F v ( I ) est un sous-espace vectoriel. Si V 0 = { 0 } , o n dit que W v est essentie l . On dit que la facette F v ( J ) ou que J est sph´ eri que si W v ( J ) = h r i | i ∈ J i est fini ; c’est l e cas de la c ham bre C v f ou des cloisons F v ( { i } ) , ∀ i ∈ I . Plus g ´ en ´ eralemen t les chambr es ( resp. f ac ettes, fac ettes s ph ´ eriques, c loisons ) p osit iv es son t les transform ´ ees par W v de celles d ´ ej` a d ´ efinies. Le typ e de w .F v ( J ) est J . On dit que l’ on est dans le cas fini si (de mani` ere ´ equiv alen te) Φ est fini, W v est fini ou I (et donc toute facette) est sph ´ erique. Le cˆ one de Tits est l a r ´ eunion disjointe T des facettes w .F v ( J ) p our w dans W v et J ⊂ I . C’est un cˆ one con v exe stable par W v . L’action de W v sur les cham bres est simplemen t tra nsit iv e. Le fixat eur ou l e stabili sat eur de F v ( J ) est W v ( J ). Pour x dans T , on note F v ( x ) la facette qui le contien t. Celle-ci est sph ´ erique si et seulemen t si x est i n t´ erieur ` a T : la r´ eunion des facettes sph ´ eriques est l’in t´ erieur T ◦ de T , c’est un cˆ one con v exe ouv ert non v i de, appel´ e cˆ one de Tits ouvert . De m ˆ eme l’adh ´ erence T de T est un cˆ one con vexe. On cons id ´ erera aussi le cˆ one de Tits n ´ egatif −T et toutes les facettes, cham bres, cloisons n ´ egative s obten ues par l’op´ eration Ω 7→ − Ω. Il p eut arriv er qu’une facette soit p ositi v e et n ´ egative, c’est le cas par exemple de V 0 . Dans le cas fini, on a T = −T = V et toutes les facettes sont sph ´ eriq ues, p ositives et n ´ egatives . Dans le cas non fini on a T ◦ ∩ −T ◦ = ∅ : une facette sph ´ eriq ue ne p eut ˆ et re p o sitive et n´ egative. Dans l e cas affine T ◦ = { v ∈ V | δ ( v ) > 0 } a v ec δ ∈ ∆ + im et T = V 0 ∪ T ◦ . Dans le cas mo d ´ er´ emen t imaginaire toute racine imaginaire p o sitive est p ositive sur T . En particuli er le cas mo d ´ er´ emen t imaginaire fini est un cas sans imaginai re. 1.4. L’ a ppartement affine t ´ emo in A On c hoisit un espace affine A sous l’espace v ectori el V m uni d’une collectio n M d’h y p erplans affines (app el´ es murs ou murs r ´ eels ) telle que : a) p our t out M ∈ M , il existe une racine α M ∈ Φ tell e q ue la direction M v de M soit le m ur v ectoriel M v ( α M ) = K er ( α M ), Masures affines 7 b) toute racine α ∈ Φ p eut s’ ´ ecrire α = α M p our une infinit ´ e de m urs M , c) p our M ∈ M , on note r M la r ´ eflexion d’hyperplan M dont l ’application lin´ eaire asso ci ´ ee est r α M et on supp ose que le g r o up e W engendr ´ e par les r M stabilise M . d) On consid ` ere aussi l’ensem ble M i des murs imaginair e s q ui sont to us les h y p erplans affines don t la direction est de la forme Ker( α ) p our α ∈ ∆ im . Cet ensem ble M i est stable par W ( et m ˆ eme par le group e W e R d ´ efini en 1.6.1) . Le group e W e st le gr oup e de Weyl (a ffine) de A . La dimension (resp. le r ang (v ectoriel)) de A est dim ( V ) (r esp. | I | ). On dit que A est semi-di s cr et (resp. dense ) si, p our toute racine r ´ eelle α , l’ensem ble des m urs de direction K er ( α ) est discret (resp. den se). L’ensem bl e M n’est un ensem ble discret d’h yp erplans que si, de plus, on est dans le cas fini ; o n dit alors que A est discr et . Un poi n t x ∈ A est sp ´ ecial si tout mu r r ´ eel admet un m ur parall ` ele passan t par x (il existe toujours de tels p oints). Si on c hoisit un p oi nt sp ´ ecial x 0 comme origine, les m urs r´ eels ou imaginaires p euv en t ˆ etre d´ ecrits comme les M ( α, k ) = { v ∈ A | α ( v ) + k = 0 } p our α ∈ ∆ et k ∈ Γ α , o ` u Γ α est un sous-ensem ble de R ; si α est r´ eelle, Γ α est infini et con tien t 0, si α est imaginaire, Γ α = R . On note D ( α, k ) = { v ∈ A | α ( v ) + k ≥ 0 } (resp. D ◦ ( α, k ) = { v ∈ A | α ( v ) + k > 0 } ) ; si α est r ´ eelle on l’ app elle un demi-app artement (resp. demi-app artement-ouvert ). On note D ( α, ∞ ) = D ◦ ( α, ∞ ) = A et, pour α r ´ eelle, r α,k = r M ( α,k ) . N.B. L’ensem ble M i des murs imaginaires ne servira en fait qu’` a d´ efinir l’enclos d’une partie de A , cf. 1.7.2. 1.5. Le groupe de W eyl W et les relations de pr ´ e ord re sur A 1) P our α ∈ Φ, il est clair que W con tien t les translat ions de vecteurs dans ˜ Γ α .α ˇ , o ` u ˜ Γ α est l e sous-group e de R engendr ´ e par Γ α et que Γ α = Γ α + 2 ˜ Γ α (condition c), en particulier Γ α = − Γ α . P ar contre on p eut av oir Γ α 6 = ˜ Γ α si Γ α n’est pas discret [Bruhat-Tits-72 ; 6. 2.17]. On not e Q ˇ = P α ∈ Φ ˜ Γ α .α ˇ , c’est un sous-group e de V stable par W v (car Γ w α = Γ α ). On l’iden t ifie ` a un group e de translations de A (con ten u dans W ) . P our α ∈ Φ, M = M ( α , k ) et N = M ( α, 0), r M est le comp os´ e de r N et de l a t ranslation de v ecteur k α ˇ . Donc, si on identifie W v au sous-group e de W fixant l’o rigine (sp ´ ecia l e) x 0 , on a une d ´ ecomp ositi on en pro duit semi-direct : W = W v ⋉ Q ˇ . 2) R emar que : Si A est discret, quitt e ` a quotien ter par V 0 on est dans le cas essen tiel et l’ensem ble des p oin ts sp ´ eciaux est discret dans A . Ainsi Q ˇ (qui les stabilise) est un sous-groupe discret de V . Co mme W v est fini, un pro duit scalaire W v − in v aria nt identifie V ` a V ∗ de fa¸ con que α i soit colin´ eaire ` a α ˇ i , donc Q ˇ est un r ´ eseau de V . On sait a lors que W v est cristal lographique [B ourbaki-68 ; VI 2.5] : les ´ el ´ emen ts de la matrice de Co xeter son t 1, 2, 3, 4 ou 6. On p eut donc se ramener au cas classique de 1.2. 1. 8 Guy Rousseau 3) On not e P ˇ le sous-group e de V stabilisan t M , i l contien t Q ˇ et V 0 . Al ors W P = W v ⋉ P ˇ est le plus grand sous-groupe de W e R = W v ⋉ V stabi l isan t M . 4) Pr´ eor dr es : Le cˆ one de Tits T , son adh ´ erence T et son in t ´ erieur T ◦ son t des cˆ ones con v exes et W v in v arian t s, on obtient donc t r o is pr ´ eordres W e R − in v aria nts sur A en p osan t : x ≤ y ⇔ y − x ∈ T , x ≤ y ⇔ y − x ∈ T , x ◦ ≤ y ⇔ y − x ∈ T ◦ ∪ { 0 } . On a souv ent T ∩ −T 6 = { 0 } , ce qui implique que ≤ ou ≤ n’est pas une relation d’ordre. P ar con tre en dehors du cas fini on a T ◦ ∩ −T ◦ = ∅ , donc ◦ ≤ est une relati on d’ordre. Dans l e cas fini, on a T ◦ = V , donc x ≤ y et x ◦ ≤ y pour tous x, y dans A . Dans le cas affine essen tiel ≤ et ◦ ≤ co ¨ ınciden t ; de plus p o ur tous x, y dans A on a x ≤ y ou x ≥ y (et l es deux ` a la fois seulemen t p our x = y ) . 1.6. Exemple s 1) On p eut consid ´ erer l’ensem ble M R de tous les h y p erplans de direction dans M v . On a donc 4 appartemen ts affines (tr` es li ´ es) A , A R , A si et A si R asso ci ´ es aux syst ` emes de m urs M ∪ M i , M R ∪ M i , M et M R . L’appartemen t A R ou A si R est dense et tous ses p oi n ts son t sp ´ eciaux. Le group e de W eyl (resp. le gro up e W P ) corresp ondan t est W R = W v ⋉ Q ˇ R (resp. W e R = W v ⋉ V ) o ` u Q ˇ R = P α ∈ Φ R .α ˇ . Un mur ou demi-appartemen t relatif ` a M R mais pas ` a M sera dit f a ntˆ ome ; par opp osition un m ur ou demi-appartemen t relatif ` a M sera parfois dit vr ai . 2) Dans le cas Kac-Mo o dy sans imaginaire o u mo d´ er ´ emen t i maginaire, on p eut c hoi si r un sous-group e fix e non t ri vial Γ de R et p o ser Γ α = Γ, ∀ α ∈ Φ. Alors Q ˇ = ⊕ i ∈ I Γ .α ˇ i et donc W stabilise bien M . L’appartement A est semi-discret (resp. dense) si et seulemen t si Γ est discret (resp. dense) dans R et alors Q ˇ est discret (resp. dense) dans Q ˇ R . Le cas Γ = Z est d ´ ev elopp ´ e dans [Ga ussen t-Rousseau-08]. Dans le cas mo d´ er ´ emen t i maginaire, il est en fait naturel de p oser, comme dans lo c. c it. , Γ α = Γ, ∀ α ∈ ∆ im , ce qui est con trai r e ` a la conv en tion de 1.4.d. Mais comme tout m ultiple en tier d’une ra ci ne imaginaire α est une racine, l’ensem ble des m urs de direction Ke r α est al ors dense dans A . Comme la d ´ efinition ci-dessous de l’enclos p ermet de faire i n tervenir T n ∈ N ∗ D ( nα, k nα ) p our des k β ∈ Γ, cette con ven tion et celle de 1 .4.d donnen t les mˆ emes enclos. Ceci explique la d´ efinition simplificatrice de M i adopt ´ ee en 1.4.d. On notera cep endan t que les 2 conv en tions p euven t donner (en 1.7.3 ci-dessous) des facettes l ´ eg ` eremen t diff´ eren tes ( car une i n tersection d ´ ecroissan t e de demi-espaces ouv ert s est un demi-espace ferm ´ e), m ˆ eme si les facettes ferm ´ ees sont l es mˆ emes. 3) Dans le cas Kac- Mo o dy sans ima g inaire, si ( ϕ α ) α ∈ Φ est une v aluation r´ eelle d’une donn ´ ee radicielle ( G, ( U α ) α ∈ Φ , T ) ( c f. [Rousseau-06]), on note Γ α = ϕ α ( U α \ { 1 } ). Si Φ est classique, on d´ efinit ainsi un appartemen t affine A [Bruhat-Tits-72]. Il est vraisem blable que ceci reste vrai dans le cas Kac-Mo o dy g´ en ´ eral . Masures affines 9 1.7. F acette s et autres filt re s Les face ttes de A son t associ´ ees a ux m urs et demi-appartemen ts ; mais, comme dans [Bruhat-Tits-72], ce ne son t a priori des sous-ense m bles de A que dans le cas di scret. En g ´ en´ eral on doi t l es d ´ efinir comme des filtres de parties de A . On adopte pour l es filtres les con v en ti ons de [Rousseau-08] ou [Gaussen t-Rousseau-08]. 1) P our x ∈ A , on note V x le filtre des voisinages dans A du poi n t x . Si Ω est un sous-ensem ble de A con tenant x dans son adh ´ erence, le germe d e Ω en x est le filtre g er m x (Ω) = Ω ∩ V x form ´ e des sous-ensem bles de A con tenant un v oisinag e de x dans Ω. En particuli er, po ur x 6 = y ∈ A , [ x, y ) = g er m x ([ x, y ]) (resp. ] x , y ) = g er m x (] x, y ])) est le germe en x du segmen t [ x, y ] (resp. de l’in terv alle ] x, y ] = [ x, y ] \ { x } ). Ce germe est di t p osi tif (resp. n ´ egatif ) si x ≤ y (resp. y ≤ x ). Si x ≤ y ou y ≤ x , on dit que [ x, y ], [ x, y ) ou ] x, y ) et la demi-droite d’origine x con tenan t y son t pr ´ eor donn ´ es ; ils son t g ´ en´ eriq ues si la facette F v ( ± ( y − x )) est sph ´ erique i. e. si x ◦ ≤ y ou y ◦ ≤ x . Si F est un filtre de parties de A et x ∈ A , on dit q ue x ∈ F si x ∈ S , ∀ S ∈ F i.e. si { x } ⊂ F Le supp ort supp ( F ) d’un filtre F de part i es de A est le plus p etit sous-espace affine E de A con tenan t F ; c’est aussi le suppo rt de l’adh´ erence F de F . La d i mension de F est la dimension de E . 2) L’enc los cl ( F ) d’un filtre F de parties de A est l e filtre form´ e des sous-ensem bles de A c on tenan t un ´ el´ emen t de F de la forme ∩ α ∈ ∆ D ( α, k α ), a v ec p our c haque α , k α ∈ Γ α ∪ {∞} (en particulier c haque D ( α , k α ) contien t F ). Un filt re est dit clos s’il est ´ ega l ` a son enclos. T out enclos est clos. N.B. a) Dans le cas fini non discret, l’enclos tel q ue d ´ efini ici p eut ˆ etre l´ eg ` eremen t plus gros que celui de [Bruhat-Tits-72 ; 7.1. 2]. P ar exemple l’enclos d’ une partie Ω de A p eut n’ ˆ etre qu’un filtre et non une partie de A ; mais l’intersection des ´ el ´ ements de cl ( Ω) est l’enclos tel que d ´ efini dans l.c. b) Cet enclos est plus p etit q ue l’enclos d´ efini ` a partir de M uniquemen t (cas sans imaginaire) que l’on notera cl si ( F ). Le R − enclos cl R ( F ) du filtre F est d ´ efini de la m ˆ eme mani` ere q ue l’ enclos a ve c M R ` a la place de M . Dans le cas tr` es imaginaire le R − enclos n’est rien d’autre que l’en v elopp e con v exe conv ( F ) de F . On note cl si R ( F ) l’enclos de F asso ci ´ e ` a M R (sans M i ). Bien sur les enclos cl , cl R , cl si et cl si R son t en fait associ´ es ` a A , A R , A si et A si R . P our tout filtre F on a : conv ( F ) ⊂ cl R ( F ) ⊂ cl si R ( F ) ⊂ cl si ( F ) et cl R ( F ) ⊂ cl ( F ) ⊂ cl si ( F ). 3) Une fac ette-lo c ale de A est asso ci ´ ee ` a un p oint x ∈ A et une facette vectorielle F v dans V ; c’est le filtre F ℓ ( x, F v ) = g er m x ( x + F v ). La fac ette asso ci ´ ee ` a F ℓ ( x, F v ) est le filtre F ( x, F v ) form ´ e des ensem bles conten an t une in tersection de demi-espaces D ( α, k α ) ou D ◦ ( α, k α ) (un seul k α ∈ Γ α ∪ {∞} p our c haque α ∈ ∆), cette in t ersectio n dev an t con tenir F ℓ ( x, F v ). La facette-lo cal e F ℓ et l a facette F on t le m ˆ eme enclos qui 10 Guy Rousseau est aussi la fac ette-fe r m´ e e F , adh´ erence de F . Cette d ´ efinition donne des facettes plus grandes (au sens larg e) que celles de [Bruhat-Tits-72 ; 7.2.4] dans le cas fin i. Ce son t les m ˆ emes facettes si l’on remplace in tersection par in tersection finie en [ l.c. ; 7.2. 4 ligne 4] ; cette mo di ficati on ne c hange pas le g ro up e asso ci´ e et donc pas l’ensem ble des appartemen ts con tenan t la facette. Dans le cas discret, la facette est bien l e sous-ensem ble de A consid ´ er ´ e par Bruhat et Tits. Si t oute ra ci ne de ∆ est n ulle sur V 0 , la facette associ´ ee ` a M R , M i , F v et x est F R ( x, F v ) = F ℓ ( x, F v ) + V 0 . Dans l e cas dense on a F ( x, F v ) = F R ( x, F v ) p our x sp ´ ecial . 4) Une facette-lo cale ou une facette est dite p ositive ou n ´ egative si on p eut l’ ´ ecrire F = F ℓ ( x, F v ) ou F = F ( x, F v ) a v ec F v de ce signe ; elle p eut ˆ etre p ositive et n ´ egati ve. Cette face tte-lo cal e ou facette F est dite sph ´ e ri que si la direction de son supp ort rencon tre le cˆ one de Tits ouv ert (et donc a un fixateur fini dans W v ), alors son fixateur W F dans W est fini. Si F v est sph ´ eri q ue, alors F ℓ ( x, F v ) ou F ( x, F v ) l’est aussi et c’est ´ eq uiv alen t p our une facette-lo cal e. Si F = F ℓ ( x, F v ) est une face tte-lo cal e, on a dim ( F ) = dim ( F v ). Ce n’est en g ´ en´ eral pas vrai p our une facette ou une facette-ferm ´ ee. 5) Lemme. Si F est une facette, une facette-ferm ´ ee, une facette lo cale ou un filtre clos, alors tout Ω ∈ F contien t un ouve rt non vide du supp ort de F . N.B. P ar con tre le supp ort d’un filt re clos n’est pas forc ´ emen t clos. D´ emonstration. Une base du filtre F est form ´ ee d’ensem bles con v exes et il est clair qu’un ensem ble con vexe con tien t un ouvert non v ide de l’ espace affine qu’il engendre. 6) Dans l e cas mod´ er ´ ement imaginaire une facette-ferm ´ ee est l’enclos d’un g erme de segmen t pr ´ eordonn ´ e. 1.8. C h am b res, cloisons... 1) Il y a un ordre sur les facettes : les assertio ns ” F est une face de F ′ ” , ” F ′ domine F ” et ” F ≤ F ′ ” son t par d´ efinition ´ equiv alen tes ` a F ⊂ F ′ . T out p oin t x ∈ A est conten u dans ( l’adh ´ erence d’)une unique facette minima le F ( x , V 0 ) ; le p oint x est un sommet si et seulemen t si F ( x, V 0 ) = { x } . 2) Une chambr e (ou alcˆ ove ) est une facette ma ximale ou, de mani ` ere ´ equiv alen te, une facette que l’on p eut ´ ecrire sous la forme C = F ( x, C v ) o ` u C v est une c hambre v ectorielle. Sa dimension est n et elle est sph ´ erique. Une cloison est une facette maximale parmi les facettes conten ues dans au moins un m ur (r ´ eel), ou de mani ` ere ´ eq uiv alen te une facette que l ’on p eut ´ ecrire sous l a forme F = F ( x, F v ) o ` u F v est une cloison v ectoriell e et x appartien t ` a un m ur de direction supp ( F v ). Sa dimension est n − 1, son supp ort est un mur et ell e est sph ´ eri q ue. Un mur d’une chambr e C est le sup p ort M d’une cloison F domin ´ ee par C . Deux c hambres son t dites adjac entes (le long de M ou F ) si elles dominen t une mˆ eme cloison Masures affines 11 F de supp ort M . Mais il p eut exister une ch am bre ne dominan t aucune cl o ison, et donc n’a y an t aucun m ur. Donc, A n’est pas forc ´ emen t ” connexe par g aleries”. 3) Exemple : On se place dans l e cas (a ssez g ´ en ´ eral) de 1.2 . 1 : le cas Kac-Mo o dy (sans imaginai re ou mo d´ er ´ emen t imaginaire) av ec des Γ α comme en 1.4 (supp os ´ es seulemen t i nfinis). On v a mieux d ´ ecrire ci-dessous la facette F = F ( x , F v ( J )) mˆ eme quand x n’est pas sp´ ecial. On note Φ x = { α ∈ Φ | α ( x ) ∈ Γ α } , ∆( J ) = ∆ ∩ ( ⊕ j ∈ J R α j ) et Φ( J ) = Φ ∩ ∆( J ) . Si J n’est pas sph ´ erique, alors (q ue ce soit av ec ou sans imaginaires) on a dim( F ) ≤ n − 1. Plus pr ´ ecis ´ emen t supp ( F ) est con tenu dans l’intersec tion x + V ′ ( J ) des h y p erplans affines x +Ker β p our l es β ∈ V ∗ \ { 0 } tels q ue R β soit po i n t d’accum ulati on (dans P ( V ∗ ) ) des R γ p our γ ∈ Φ( J ). L’espac e V ′ ( J ) est stable par W v ( J ). De plus toute racine δ ∈ ∆ im ∩ ∆( J ) est n ulle sur V ′ ( J ) [ Kac-90 ; ex. 5.12], donc F n’est pas sph ´ erique. Si J est sph ´ erique, alors F est ´ egalement sph ´ erique. On a dim( F ) = n si et seulemen t si Φ x ∩ Φ( J ) = ∅ et alors F = F ( x, C v f ) est une c ham bre. On a dim( F ) = n − 1 si et seulemen t si | Φ x ∩ Φ( J ) | = 1 ; on p eut supposer q ue Φ + x ∩ Φ( J ) = { α j 0 } p our j 0 ∈ J et alors F = F ( x, F v ( { j 0 } )) est une cloison. Ainsi une facette de dimension n est une ch am bre et une facette de dimension n − 1 est soit une cloison soi t non sph ´ erique. Donc l’ensem ble F des face ttes de A et le cˆ one de Tits d ´ eterminent l ’ ensem ble M des murs . 1.9. Qu artiers Un quartier dans A est un t r a nslat ´ e q = x + C v d’une c hambre v ectorielle ; x est son s ommet et C v sa dir e ction . Deux quartiers on t la m ˆ eme direction si et seulemen t si ils son t translat´ es l’un de l ’autre et si et seulemen t si l eur i ntersection contien t un autre quartier. Le ge r me de quartier du quart ier q = x + C v est le filtre g er m ∞ ( q ) = Q form´ e des sous-ensem bles de A contenan t un t ranslat ´ e de q ; il est bien d´ etermin ´ e par la direction C v . Ainsi l’ensem ble des classes de q uart iers de A ` a t ranslation pr` es, l’ ensem ble des c hambres v ectorielles de V et l’ensem ble des germes de quartiers de A son t en bijection canonique. Une fac e ( resp. cloison ) de quartier dans A est un translat´ e f = x + F v d’une facette (resp. cloison) v ectorielle. Le germe d e fac e de quartier de la face de quartier f = x + F v est le filtre g er m ∞ ( f ) = F form´ e des sous-ensem bles de A contenan t un r ac c our ci de f i .e. un translat´ e quelconque f ′ de f par un ´ el ´ emen t de F v (donc f ′ ⊂ f ). Si F v est sph ´ erique, alors f et F son t auss i dits sph´ er i ques ( ou ´ evas´ es ). Le signe de f ou F est le signe de leur dir e ction F v . 1.10. Ch emin´ ees 12 Guy Rousseau Une chemin ´ ee est asso ci ´ ee ` a une facette F = F ( x, F v 0 ) (sa b ase ) et une facette v ectorielle F v (sa dir e ction ), c’est le filtre r ( F , F v ) = cl ( F + F v ) = cl ( g er m x ( x + F v 0 ) + F v ) ⊃ cl ( F ) + F v = F + F v . La c hemin´ ee r ( F , F v ) est dite ´ e vas ´ ee si F v est sph ´ erique, son signe est celui de F v . Cette che min ´ ee est dite solide ( resp. pleine ) si la direction de son supp ort a un fixateur fini dans W v (resp. si son supp ort est A ). Remarques 1.11. 1) Si F v ou F est sph´ erique (resp. une c hambre), alors r ( F , F v ) est solide (resp. pleine). En particulier une c hemin ´ ee ´ ev as ´ ee est solide. 2) La pl´ enitude de la c hemin´ ee r ´ equiv aut au fait que tout S ∈ r con t i en t un ouvert non vide de A (lemme 1.7.5) , alors le fixateur (p oin t par poi n t) W r de r dans W est r ´ eduit ` a l’ ´ el ´ emen t neutre. 3) Dans le cas fini toute c hemin´ ee est ´ ev as ´ ee et t oute face de quartier ou facette est sph ´ erique. 4) Dans le cas fini ou si F v n’est pas sph ´ erique, i l p eut arrive r que la c hemin´ ee soit ` a la fois p ositi v e et n´ egative. 5) Si F v = V 0 est la facette v ectorielle minima l e, alors r ( F , F v ) = F + V 0 ⊂ cl si ( F ) et est ´ egal ` a la f acette ferm ´ ee F si t oute α ∈ ∆ est n ulle sur V 0 ( e.g. d ans le cas mo d ´ er ´ emen t ima ginaire). T oute facette-ferm ´ ee engendre donc une c hemin´ ee (d ´ eg ´ en´ er ´ ee) qui n’est ´ ev as ´ ee que dans le cas fini. 6) L’enclos d’une face de quartier f = x + F v est une che min ´ ee (a ve c F v 0 = V 0 ou F v 0 = F v ) de m ˆ eme directi on q ue f . La face de quartier est sph´ erique si et seulemen t si la c hemin´ ee corresp ondante est ´ ev as ´ ee. 7) Dans le cas mo d´ er ´ ement imaginaire et sauf si la directio n est r´ eduite ` a { 0 } , on p eut d´ ecrire l’adh ´ erence d’une face de q uartier comme le R − enclos d’une demi-droite pr ´ eordonn ´ ee et une c hemin´ ee comme l ’ enclos d’une demi-droite pr ´ eordonn´ ee et d’un germe de segmen t pr´ eordonn ´ e de mˆ eme origine. La face de quartier est sph ´ erique (ou la c hemin´ ee est ´ ev as ´ ee) si et seulemen t si la demi-droite est g´ en ´ eri que. 1.12. Germes de c h emin´ ees ou demi-droites Un r ac c our ci d’une demi-droite δ d’origine x est une demi-droite δ y d’origine y ∈ δ d ´ efinie par δ y = δ + ( y − x ) = δ \ [ x, y [. Le ge rme de cette demi-droite est le filtre g er m ∞ ( δ ) des parti es de A con tenan t un de ses raccourcis. Un r ac c our ci d’une c hemin´ ee r ( F , F v ) est d´ efini par un ´ el ´ ement ξ ∈ F v , c’est la c hemin ´ ee cl ( F + ξ + F v ). Le germe de cette ch emin ´ ee est l e fil tre R ( F , F v ) = g er m ∞ ( r ( F , F v )) des parties de A conten an t un de ses raccourcis. Remarques : 1) La direction F v est bien d ´ etermin ´ ee par r ou R (ce n’est pas vrai p o ur la base) : F v est la r´ eunion des demi-droites v ectorielles telles que t out ´ el ´ emen t du filtre R con t i enne une demi-droite de cette direction. Masures affines 13 2) Un raccourci d’une c hemin ´ ee a la mˆ eme direction, le m ˆ eme supp ort, le m ˆ eme signe et donc l es m ˆ emes propri´ et ´ es (´ ev as ´ ee, solide ou pleine) que la c hemin ´ ee o ri ginelle ; ces ob jets et ces propri´ et ´ es sont donc attac h ´ es au germe. 3) Dans le cas d ´ eg´ en ´ er´ e o` u F v = V 0 , tout raccourci de r est ´ egal ` a r , donc r = R . 4) Un germe de quartier est un germe de c hemin´ ee ´ ev as ´ ee pleine. 1.13. Ap partements de typ e A Un app arte ment de typ e A est un ensem ble A m uni d’un ensem ble I som ( A , A ) de bijections f : A → A (app el´ ees isomorphismes ) tel que, si f 0 ∈ I som ( A , A ), alors f ∈ I som ( A , A ) si et seulemen t si il ex i ste w ∈ W v´ erifian t f = f 0 ◦ w . Un isomorphi sme en tre deux appartemen t s A et A ′ est une bijection ϕ : A → A ′ telle qu’il exi ste f 0 ∈ I som ( A , A )) av ec ϕ ◦ f 0 ∈ I som ( A , A ′ ) ( i.e. f ∈ I s om ( A , A )) ⇔ ϕ ◦ f ∈ I som ( A , A ′ ) ). En particuli er un appartemen t A p oss ` ede une structure nat urelle d’espace affine sous un espace vectoriel r´ eel V ( A ), a v ec des ensem bles Φ( A ) ⊂ ∆( A ) ⊂ V ( A ) ∗ de racines, des murs ou m urs imaginai res, des cˆ o nes de Tit s ±T ( A ) dans V ( A ) et des relations de pr ´ eordre ≤ A , ≤ A , ◦ ≤ A . Il con ti en t des facettes, des demi-appartemen ts, des quartiers, des c hemin ´ ees ... et plus g´ en ´ eral emen t tout ce que l’on v i en t de d ´ efinir, puisque ces not i ons son t in v ariantes par W . De plus un isomorphisme d’a ppartements ´ ec hange ces structures, ob jets et relati ons. § 2 . Masures affines P our simplifier on se place dor´ ena v an t dans le cas mo d´ er ´ emen t imag inaire. Il faudrait sinon ra jouter ` a la d ´ efinition 2 .1 ci-dessous au moins certai nes des propri ´ et ´ es d ´ emontr ´ ees en 2.2. Le cas tr ` es i maginaire av ec enclos r´ eel ( ´ egal ` a l’en veloppe con vexe) p ourrait quand mˆ eme ˆ et r e int ´ eressan t. D´ efinit i on 2.1. Une masur e affine de type A est un ensemb le I m uni d’un recouvrement par un ensem ble A de sous-ensem bles app el ´ es app artements tel que : (MA1) T out A ∈ A est m uni d’une structure d’appartemen t de typ e A . (MA2) Si F est un p oin t, un germe d’interv alle pr ´ eordonn ´ e, une demi-droite g ´ en´ erique ou une c hemin´ ee solide d’un appartemen t A et si A ′ est un autre appartemen t con tenant F , al ors A ∩ A ′ con ti en t l ’enclos cl A ( F ) de F dans A et il existe un isomorphisme de A sur A ′ fixan t cet enclos. (MA3) Si R est un germe de ch emin ´ ee ´ ev as ´ ee, si F est une facette ou un germe de c hemin´ ee soli de, a lors R et F son t toujours conten us dans un m ˆ eme a ppartement. (MA4) Si deux appartemen ts A , A ′ con ti ennen t R et F comme en (MA3), alors leur i n tersection A ∩ A ′ con ti en t l’enclos cl A ( R ∪ F ) de R ∪ F dans A et il exi ste un isomorphisme de A sur A ′ fixan t cet enclos. 14 Guy Rousseau P ar r ´ ef ´ erence aux d´ ecomp ositions corresp ondan tes dans les group es de Kac-Mo o dy ( cf. § 6), si R est un germe de quartier et F une facette (resp. un germe de quartier de m ˆ eme signe, de signe opp os´ e) on dit que (MA3) ou (MA4) est la partie existence ou unicit ´ e de la pr opri ´ et´ e d’ Iwasawa (resp. de Bruhat, de Birkhoff ) ; on a joute le qualificati f mixte si on remplace germe de quartier par g erme de ch emin ´ ee ´ ev as´ ee non d ´ eg´ en ´ er´ ee ou solide non d´ eg ´ en ´ er ´ ee. La pr opri ´ et´ e de Bruhat-Iwahori correspo ndrait au cas o ` u R et F son t des facettes ( cf. (I1 ) et (I2) en 2. 2.6 ci-des sous) ; elle est raremen t v ´ erifi´ ee par les masures affines : seulemen t par les i mmeubles affines ( c f. 2.4, 2. 5). Remarque. Les d´ efinitions des masures affines de type A , A R , A si et A si R ne diff ` eren t donc que par l es con t rain tes plus ou mo i ns grandes imp os´ ees par l e fait de contenir l es enclos corresp ondants. Le type A si est le plus con t ra ignan t, on esp ` ere p ouv oir toujours s’y ramener. Le t yp e A R est le moins con tra i gnan t . 2.2. Premi` ere s cons ´ equence s 1) Si la conclusion de (MA2 ) est v ´ eri fi ´ ee p our un filt re F , el le l’est aussi p our tout filtre F ′ tel q ue F ⊂ F ′ ⊂ cl A ( F ). En particulier si (MA2) est v´ erifi ´ e, il s’applique aussi bien quand F es t un germe de segment pr ´ eordonn ´ e, une facette-lo cale, une facette, une facette-ferm ´ ee ou une face de quartier sph ´ erique. De m ˆ eme ( MA2) s’applique alors aussi quand F est un germe de demi-droit e g´ en ´ erique, un germe de face de quartier sph ´ erique ou un germe de c hemin´ ee soli de. 2) L’axio me ( MA2) et la remarque finale de 1.1 3 montren t que les noti o ns de germe de segmen t (ou d’in terv alle) pr´ eordonn ´ e, facette, facette-lo cale, facette-ferm ´ ee, demi-droite g´ en ´ eriq ue, face de quartier sph ´ erique, che min ´ ee solide et les germes asso ci ´ es son t bien d ´ efinis dans la masure ind´ ep endammen t de l’ appartemen t qui les con tien t. De m ˆ eme l es qualificatifs qui s’appli q uen t ` a ces ob jets ( p ositif, n´ egatif, sph ´ eriq ue, g ´ en ´ eri que, ´ ev as´ e, pleine, di mension, t y p e, c hambre, cloison) ne d´ ep enden t pas de l’ a ppartement. On utilise ceci dans les axiomes (MA3) et (MA4). 3) D’apr` es (MA2) les axio mes (MA3 ) et (MA4) s’appliquen t aussi dans une masure quand F est un p oin t, u n germe de segmen t pr´ eordonn ´ e, une facette-lo cale ou une facette-ferm ´ ee et quand R ou F est un germe de demi-droite g´ en ´ eri que ou un germe de face de quartier sph ´ erique. Bien sur ( MA 3 ) (mais pas forc ´ ement (MA4)) s’a ppli que aussi si R ou F est conten u dans l’un des ob jets indiqu´ es, par exemple si R est un g erme de demi-droite g´ en ´ eriq ue et si F est un germe de demi-droit e pr´ eordonn ´ ee. 4) Les enclos cl A ( − ) in tervenan t dans les axiomes (MA2) et (MA4) ne d ´ ep enden t finalemen t pas de l’ appartemen t A c hoisi dans la masure et son t donc not ´ es simplemen t cl ( − ). 5) U n mur (dans un appartemen t ) est l’enclos de deux germes de cloisons de quartier ; ainsi l es appartemen ts con tenant un m ur sont i somorphes et la notion de m ur Masures affines 15 est in trins` eque dans une ma sure. De m ˆ eme p our un demi-appartemen t q ui est l’enclos d’un germe de quartier et d’un germe de cloison de quartier. 6) Dans l e cas fini, tout appartemen t A est muni d’une m ´ etrique euclidienne d A , W A − in v aria nte. De plus on a vu (1.11.5) q u’une facette-ferm ´ ee est un germe de c hemin´ ee ´ ev as ´ ee, une masure affine v ´ erifie donc dans ce cas les tr o is ax iomes habituels des i mmeubles ( cf. [T i ts-74] ou [ Bro wn-89] dans le cas discret et [Rousseau-08] dans le cas affine g ´ en ´ eral) : (I0) T out A ∈ A est un appartemen t euclidi en. (I1) Deux facettes son t toujours conten ues dans un m ˆ eme appartemen t. (I2) Si A et A ′ son t deux appartemen ts, leur in tersection est une r ´ eunion de facettes et, p our toutes facettes F , F ′ dans A ∩ A ′ , il existe un isomorphisme de A sur A ′ fixan t les facettes-ferm ´ ees F et F ′ . En particulier la propri ´ et´ e de Bruhat-Iwahori est v ´ erifi ´ ee. D´ efinit i ons 2.3. La masure affine I est di t e or donn´ ee si el le v´ erifie l’axi ome suppl ´ emen taire suiv ant : (MA O) Soient x, y deux p oi n ts de I et A, A ′ deux appartemen ts les con tenan t ; si x ≤ A y , alors les segmen ts [ x, y ] A et [ x, y ] A ′ d ´ efinis par x et y dans A et A ′ son t ´ egaux. La masure affine I est dite ´ ep aisse si to ute cloi son de I est domi n´ ee par au moins trois c ham bres. T ous les quali ficatifs qui s’appliquen t ` a A s’appliquent aussi ` a I , e.g. semi-discret, discret, dense, sans imaginaire, dimension, rang ( vectoriel), t y p e fini, t y p e classique, ... Remarques : 1) La seconde d ´ efinition est habituelle. La premi` ere est une condition de ”con v exit´ e pr ´ eordonn´ ee” des intersections d’appartemen ts. On verra au § 5 qu’elle p ermet de d ´ efinir des pr ´ eordres globaux sur I . 2) Evidemment une masure I de t y p e A est munie d’une structure naturelle I R de masure de t yp e A R ( cf. 1. 6.1), il suffit de ra jouter t ous les murs fan t ˆ omes ` a la structure. Mais I R ne p eut ˆ etre ´ epaisse (sauf si M = M R ). Il n’est pas sur que cette masure de t yp e A puisse ˆ etre m unie (comme on l’esp ` ere) d’une structure de ma sure de type A si ou A si R (sans imaginaire). 2.4. Exemple s 1) Soit I l’immeuble de Bruhat-Tits d’une donn´ ee radicielle v alu ´ ee (au sens de [Bruhat-Tits-72]) que l’ on mun it de son syst ` eme canonique A d’appartemen ts. L’appartemen t t ´ emoi n A e st un appartemen t affine relev ant du cas classiq ue (donc fini) de 1.2.1 (sans imag inaire). D’apr` es [Bruhat-Ti ts-72 ; 6.2 . 11] on p eut supp oser que la donn´ ee ra dicielle est g´ en ´ eratri ce et q ue l ’image du group e N de cette donn´ ee dans l e group e affine de A est notre groupe W . De plus p our ∅ 6 = Ω ⊂ A , le group e U Ω d ´ efini dans lo c. cit. fixe le filtre cl (Ω), mˆ eme a vec notre d ´ efinition plus restrictive d’enclos. Ainsi [ l.c. ; 7.4.8 et 7.4. 9] mon tre que l’in tersection A ∩ A ′ de deux appartemen ts A , A ′ 16 Guy Rousseau est close (mˆ eme p our notre d ´ efinition plus restrictive) et que A et A ′ son t isomorphes par un isomorphisme (au sens de 1. 13) fixan t cett e intersection. On en d ´ eduit l es axiomes (MA1), ( MA2), (MA4) et (MA O). Le th´ eor ` eme 7.4 . 18 de lo c. cit. mon tre l’axio me ( MA3) dans les cas impliquant des facettes ou des germes de quartier. Cep endan t les c hemin ´ ees n’in terviennen t pas dans lo c. cit. Les r ´ esultat s manquan ts p our l’axio me (MA3) son t d ´ emontr ´ es dans [Rousseau-77], voir aussi [Rousseau-01]. Un immeuble affine irr ´ eductible, de dimension ≥ 3 et muni d’un syst` eme d’appartemen ts v´ erifian t les axiomes de [Ti ts-86], est asso ci´ e ` a une donn ´ ee radicielle v alu ´ ee, mais en un sens qui p eut ˆ etre plus g´ en ´ eral que celui de [Bruhat-Tit s-72] . On n’est donc sur d’obtenir une masure affine que dans un nom bre plus restrein t de cas. Mais la d ´ emonstratio n de [ Rousseau-77] devrait p ouv oir ˆ etre adapt ´ ee ` a ce cadre, comme elle l’a ´ et ´ e ici p our les group es de Kac-Mo o dy , cf. 6.7. Un immeuble affine simplicial ( i.e. discret) m uni de son syst ` eme complet d’ a pparte- men ts est une masure affine ordonn´ ee. L’essen t iel des r´ esultats se trouve dans l es r ´ ef´ erences classiques : [ Bro wn-89], [Garrett -97 ], [Ronan-89], [Sc harlau-95] ou [ W ei ss-08]. Les r ´ esultats manquan ts sur les c hemin ´ ees son t dans [Chari gnon]. Les immeubles affines de [Tits-86] on t ´ et ´ e revisit ´ es par Anne P arreau [20 00], v oir aussi [Kleiner-Leeb- 97]. Si on les munit de leur syst ` eme complet d’appartemen ts, il est v raisem blable que l’on puisse d ´ emontrer que deux demi-droites sont (quit te ` a les raccourcir) conten ues dans un m ˆ eme appartemen t. Join t aux r ´ esultats connu s, ceci mon t rerait qu’un tel immeuble affine est une masure affine ordonn ´ ee. On obtien t ainsi de nombreux exemples de masures affines ordonn´ ees ´ epaisses de t yp e classique (qui son t aussi des i mmeubles). Mais ceci ne donne pas de nouv eaux ob jets. 2) Soit G un group e de Kac- Mo o dy sur un corps K , au sens minimal (”alg ´ ebrique”) de [T i ts-87]. Ce group e est muni d’une donn ´ ee radicielle g ´ en ´ eratrice de typ e un syst ` eme de racines r ´ eelles Φ de Kac-Mo o dy ( i .e. comme en 1.2.1) [Rousseau- 06 ; 1.4]. Si K est m uni d’une v aluation r ´ eelle ω non triviale, l a donn ´ ee radicielle de G est naturellement m unie d’une v aluati o n [Rousseau-06 ; 2.2] et on p eut d´ efinir un appartemen t affine A corresp ondan t (voir [Gaussen t-Rousseau-08 ; 2. 2 ] p our ω discr` ete, mais l e cas g´ en ´ eral est sem bl a ble) ; cet appartement est mo d´ er ´ emen t imaginaire. Si G est sym ´ etri sable, si la v aluati on ω de K est discr ` ete et si l e corps r´ esiduel con ti en t C , on construit dans [Gaussen t-Rousseau-08] une masure (hov el) sur l aquelle le group e G agit. Cette masure n’est en g ´ en ´ eral pas un immeuble, faute de satisfaire l’axiom e (I1 ), i.e. l a propri´ et ´ e de B ruhat-Iw ahori . C’est en fait (au moins sous la condition (SC) de 6.1) une masure affine ordonn ´ ee ´ epaisse, mais certaines des propri´ et ´ es exig ´ ees dans la d ´ efinition 2.1 ne son t pas prouv´ ees dans lo c. c it. Les d´ emonstrations manquan t es son t regroup ´ ees ` a la fin de cet article ( § 6 ). Malheureusemen t il n’y a pas encore de construction de masure affine asso ci ´ ee ` a Masures affines 17 une donn ´ ee radicielle v alu´ ee quelconque. On l’ esp ` ere au moins dans le cas pr´ esen t des group es de Kac-Mo o dy p our des corps r´ eellemen t v alu ´ es quelconques [Rousseau- ?] . 2.5. C ommentaires sur les d ´ e finitions La d´ efinition de masure affine a dopt´ ee ici est largemen t inspir ´ ee de celle d’immeuble de t yp e affine donn ´ ee par J. Tit s [ Tits-86]. T outes les deux d ´ ep enden t d’un syst` eme d’appartemen ts c hoisi et fon t in terv enir des ´ el´ emen t s ` a l’i nfini : les quartiers. On a en fait ici ra jout ´ e l’exig ence de propri ´ et´ es d’autres ´ el ´ emen ts ` a l’infini, les chemin ´ ees d ´ efinies dans [Rousseau-77]. Cela p ermet de se passer de l’ axiome (A5) in t ro duit par J. Tits (ou de ses v arian tes, cf. [Ronan-89 ; app endice 2]). P ar ailleurs on raisonne ici av ec A plutˆ ot qu’a ve c A R comme dans [ Tits-86]. Les ax i omes pr ´ esen t ´ es i ci son t compliqu ´ es par le fait que b eaucoup de cas diff´ eren ts son t consid ´ er´ es. Je n’ai pas tr o uv ´ e de formu lation plus simple qui n’exclurai t pas l’exemple f ondamen ta l de Kac-Mo o dy ci-dessus (2.4.2) et d onc ne risquerait pas de ne s’a ppli quer qu’` a l’ensemb le v ide (en dehors du cas fini). Il fall ait en part iculier ´ ev iter d’exiger l’axiome (I1) (o u propri ´ et ´ e de Bruhat-Iwahori). Cet ax iome me semb lan t fondamen tal pour l es i mmeubles, j’ai adopt ´ e ici le nom de masure. J’ai simplemen t demand ´ e dans l es axiomes ce que j e sa v ais sur les masures de [Gaussen t-Rousseau-08]. Les r ´ esultat s qui von t suivre semblen t l ´ egitimer ce choix et il ne sem ble pas y a v oir d’h yp oth` ese inu tile. J’ai cependant c hoi si de s´ eparer l’ axiome (MA O) : il ne fait interv enir que des ´ el ´ emen ts ` a distance finie et p ourrait d’ailleurs p eut- ˆ et re s’av ´ erer cons´ equence des autres axio m es. Les propri´ et ´ es sp´ ecifiques des masures affines ordonn ´ ees sont ab ord´ ees dans le § 5. La d ´ efinition de masure affine donn ´ ee ici est pr´ ecise. La notion g´ en ´ eral e de masure (”immeuble sans l’ axiome I1”) est b eaucoup plus v ague. Il existe cep endan t au moins un autre exemple in t ´ eressant : [B roussous-04]. Les masures , comme les immeubles, son t des exemples d’ esp ac es c ouverts , c’est ` a dire d’ensem bles mun is d’un recouvremen t par des sous-ensem bles ( appartemen ts ou pla t s) tous isomorphes par ”suffisammen t d’isomorphismes”. C’ est aussi l e cas des espaces riemanniens sym´ etriques m unis des plats (maximaux) ; dans ce cas (de mani` ere analogue ` a l’ a xiome (I1) des immeubles) deux p oin ts son t toujours con ten us dans un m ˆ eme pl a t. Des exemples ne v´ erifian t pas cette propri´ et´ e, donc plus pro c hes des ma sures, sem blent ` a ch erc her parmi les espaces pseudo-riemanniens sym ´ etriques. 2.6. R´ e tractions Soit R un germe de c hemin ´ ee ´ ev as ´ ee pleine dans un appartemen t A d’une masure affine I . P our x ∈ I , choisissons un appartemen t A x con tenant R et x (MA3). Il existe alors un isomorphisme ϕ : A x → A fixan t R . Si ϕ et ϕ ′ son t deux tels isomorphismes, ϕ − 1 ◦ ϕ ′ est un automorphisme de A x fixan t la chemin ´ ee pleine R , c’est donc l’iden tit´ e (1 .11.2) 18 Guy Rousseau et ϕ est unique. De m ˆ eme d’apr ` es (MA4) ϕ ( x ) ne d ´ ep end pas du c hoix de l’appartemen t A x . On p eut donc d ´ efinir ρ A, R ( x ) = ϕ ( x ) . L’application ρ A, R : I → A est une r´ etraction de I sur A . Ell e ne d´ ep end q ue de A et R ; on l’app el l e l a r´ etr action de I sur A de c entr e R . Si A ′ est un autre appartemen t con tenan t R , on a ´ evidemmen t ρ A ′ , R = ψ ◦ ρ A, R o ` u ψ est l’unique isomorphisme de A sur A ′ fixan t R . Ainsi, ` a isomorphisme unique pr ` es, ρ A, R ne d ´ ep end que de R . Remarque : Dans le cas fini, o n retrouve ai nsi les r´ etractions bien conn ues ( d’immeubles affines) de cen tre des c hambres ou des germes de quarti er. Mais on a aussi des r ´ etra ct i ons de centre des germes de c hemin ´ ees pleines. E n fait celles-ci son t des c hambres des diff ´ eren ts immeubles affines in terve nan t dans la compactification de Sat ak e de l’immeuble ( cf. § 4). Prop osition 2.7. 1) Soi en t R un germe de chemin ´ ee ´ ev as ´ ee et x , y deux p oints dans un a ppartement A d’une masure affine v´ erifian t x ≤ A y . Il existe une sub division z 0 = x, z 1 , . . . , z n = y du segmen t [ x, y ] A et des appartemen ts A 1 , . . . , A n tels que, p our 1 ≤ i ≤ n , l’a ppartement A i con ti enne R et le segmen t [ z i − 1 , z i ] A . 2) Soien t F une facette ou un germe de c hemin ´ ee solide et F , F ’ deux germes de faces de quartier sph ´ eri ques dans une masure affine I . On supp ose qu’il existe un appartemen t A de I con tenant F et F ’ et que, dans cet appartemen t, F et F ’ ont mˆ eme direction. Alors il existe dans A des g ermes de faces de quartier (sph ´ eriques) de m ˆ eme direction F 0 = F , F 1 , . . . , F n = F ′ et des appartemen ts A 1 , . . . , A n tels q ue, p o ur 1 ≤ i ≤ n , l’appartemen t A i con ti enne F i − 1 , F i et F . N.B. a) Bi en sur, dans l’´ enonc ´ e ci -dessus on t p eut remplacer facette par facette-lo cale, facette-ferm ´ ee, p oi nt ou germe de segment pr ´ eordonn ´ e ; germe de c hemin ´ ee soli de ou ´ ev as´ ee p ar germe de face de quartier sph´ erique ou demi-droite g ´ en ´ erique et face de quartier sph ´ erique par demi-droit e g´ en ´ eriq ue. b) On sai t de plus (MA4) que l e fait d’av oir mˆ eme direction ne d ´ ep end pas de l’ appartemen t con tenan t l es deux faces de q uartier sph ´ eriques o u demi-droites g ´ en´ eriques. D´ emonstration. Les preuves des deux r ´ esultats son t tr` es pro c hes. De plus la premi` ere preuv e est esse n tiellemen t celle de [Gaussen t-Rousseau-08 ; sect. 4.4]. On ne fait donc que la seconde preuv e. Notons f = x − + F v et f ′ = x + + F v des repr ´ esen ta n ts de F et F ′ dans A . Le cas o ` u F v = V 0 ne corresp ond ` a des faces de quart ier sph ´ eriq ues que dans le cas fini et rel ` eve de la parti e 1 ). On p eut donc supposer que F v con ti en t une demi-droite g ´ en´ erique δ d’origine 0 dans V . Quitte ` a remplacer x + par x + + ξ (et donc f ’ par une raccourcie) p our ξ g r a nd dans δ , on p eut supp oser x − ≤ A x + ou x − ≥ A x + . Pou r z ∈ [ x, y ] A , l’ensem ble Masures affines 19 r ± z = cl A ([ z , x ± ) + F v ) (si z 6 = x ± ) est une ch emin ´ ee ´ ev as ´ ee. D’apr ` es (MA3 ) il existe un appartemen t A ± z con tenant F et un raccourci r ± z + ξ ± z = cl A ([ z , x ± ) + ξ ± z + F v ) p our ξ ± z assez grand dans δ ; cet appartemen t con tien t en fait une bande [ z , z + ε ± z ( x ± − z )] + ξ ± z + F v p our ε ± z > 0 p et i t. Mai s [ z + ε − z ( x − − z ) , z + ε + z ( x + − z ) ] est un v oisinage de z dans [ x − , x + ] qui est compact. On p eut donc recouvri r [ x − , x + ] par un nom bre fini de tels in terv alles : il existe une sub div i sion z 0 = x − , z 1 , . . . , z n = x + de [ x − , x + ], des appartemen ts A 1 , . . . , A n et des ´ el ´ emen ts ξ 1 , . . . , ξ n ∈ δ tels que, p our 1 ≤ i ≤ n , l’appartemen t A i con ti en t F et [ x i − 1 , x i ] + ξ i + F v . Il suffit alors de poser f i = x i + ξ i + F v (on p eut m ˆ eme supposer tous l es ξ i ´ ega ux ). Corollaire 2.8. Dans la sit uat ion de 2.6 la r ´ etractio n ρ = ρ A, R est ”croissan te”. Pl us pr ´ ecis´ emen t, si x et y son t deux points d’un appartemen t A ′ tels q ue x ≤ A ′ y , l’image par ρ du segmen t [ x, y ] A ′ est une ligne bris ´ ee [ ρz 0 , ρz 1 ] ∪ [ ρz 1 , ρz 2 ] ∪ . . . ∪ [ ρz n − 1 , ρz n ] a v ec ρz 0 = ρx , ρz n = ρ y , ρz i − 1 ≤ A ρz i (p our 1 ≤ i ≤ n ) et donc ρx ≤ A ρy . Le mˆ eme r ´ esultat est v ala ble p our la relation ◦ ≤ . N.B. P our l es masures affines pr ´ eordonn´ ees on v erra au § 5 que l es diff ´ eren tes relations ≤ A ou ◦ ≤ A se recollent en un e relation de pr´ eordre sur I ; c eci donne un s ens p lus habituel au qualificatif ”croissante”. D´ emonstration. C’est une cons ´ equence imm´ ediate de la prop ositio n et du fait que les isomorphismes d’appartemen t s ´ ec hangent les relations de pr ´ eordre (1 . 13). Prop osition 2.9. 1) Soit D un demi-appartemen t de la masure affine I et M = ∂ D son mur ( i . e. son b ord). On consid ` ere une cl o ison F dans M et une c ham bre C de I dominan t F . Il existe alors un appartemen t A de I contenan t D et C . 2) Soien t D et D 1 deux demi-appartemen ts de I dont l ’in tersection est r´ eduite au m ur bordant c hacun d’eux : M = D ∩ D 1 = ∂ D = ∂ D 1 . Alors D ∪ D 1 est un appartemen t de I . D´ emonstration. 1) Soit f = x + F v une cloi son de quartier c on ten ue dans M de sommet x ∈ F . Il existe un appartemen t A 1 con tenant C et le germe F de f , donc aussi cl ( F ∪ F ) ⊃ F + F v . On note r = r ( C, F v ) et R son germe (dans A 1 ). Il est clair que cl ( F ∪ R ) ⊃ r ⊃ C . Soit f ′ = x − F v la cloison de quartier dans M de sommet x et de direction opp os ´ ee ` a f . On note q ’ l e quarti er de D de sommet x tel que f ′ ⊂ q ′ . Il existe un appartemen t A 2 con tenant son germe Q ’ et R ⊃ F . Ainsi D = cl ( F ∪ Q ′ ) est dans A 2 qui con t ien t aussi cl ( F ∪ R ) ⊃ C . 2) Soit x ∈ M , on c hoisit f , f ’ ( ⊂ M ) et q ’ ( ⊂ D ) comme ci-dessus . Soit f 1 ⊂ D 1 \ M une cloison de quarti er de mˆ eme directi o n que f et A 1 un appartemen t con tenant l es germes Q ’ et F 1 ; mon tro ns que A 1 con ti en t F (et donc D = cl ( Q ′ ∪ F )). On se ram ` ene par r ´ ecurrence, grˆ ace ` a 2.7. 2 , au cas o ` u Q ’, F et F 1 son t dans un m ˆ eme appartemen t A 2 . Si, dans A 2 , F ⊂ cl ( Q ′ ∪ F 1 ) le r ´ esultat est ´ eviden t. Sinon F 1 ⊂ cl ( Q ′ ∪ F ) = D , c’est absurde d’a pr` es l’hypot h` ese D ∩ D 1 = M . 20 Guy Rousseau Soit main tenan t q 1 le quartier de D 1 de sommet x tel que f ⊂ q 1 . Il existe un appartemen t A 3 con tenant les germes Q ′ et Q 1 ; il contien t donc une cloison de quartier f 1 ⊂ D 1 \ M de m ˆ eme direction que f . D’apr ` es l’ali n ´ ea pr´ ec ´ eden t A 3 con ti en t F et mˆ eme D . Ai nsi A 3 con ti en t D 1 = cl ( F ′ ∪ Q 1 ). Fi nal emen t D ∪ D 1 ⊂ A 3 et on a ´ ega l it ´ e car, dans un appartemen t, un mur ne b orde que de ux demi-appartemen ts. Corollaire 2.10. Si la ma sure I es t ´ epaisse, un demi-appartemen t est l’interse ction de deux appartemen t s. Cons´ equence . A insi dans une masure ´ epaisse un sous-ensem ble clos d’appartemen t est une in t ersection d’appartemen t s. Par contre on n’est pas sur que l’in tersection de deux appartemen ts soit close. Remarque. On dit q u’un m ur est ´ ep ai s si t out demi-appartemen t qu’il b orde est in tersection de deux appartemen ts. On v a montrer q u’un m ur est ´ epais si ( et seulemen t si) une ( r esp. toute) cloison qu’il con tien t est ´ epaisse i.e. domin ´ ee par a u moins tr o is c hambres. D´ emonstration. Soit D un demi-appartemen t dans un appartemen t A 1 de I . On c hoi si t une cloison F = F ( x, F v ) (a vec F v cloison v ectori elle) dans le m ur M b ordan t D . On note C (resp. C 1 ) la ch am bre de A 1 dominan t F conten ue dans D (resp. A 1 \ D ). P ar h yp ot h ` ese il existe une c ham bre C 2 dominan t F diff ´ eren te de C et C 1 . D’apr ` es la prop osition il ex iste un appartement A 2 con tenant D et C 2 ; mon trons que D = A 1 ∩ A 2 . Sinon il existe y dans ( A 1 ∩ A 2 ) \ D . Calcul ´ e dans A 1 , l’enclos de { y } ∪ g er m ∞ ( x ± F v ) con ti en t une c hemin ´ ee raccourcie de r ± = r ( C 1 , ± F v ). Ainsi A 1 ∩ A 2 con ti en t les germes R + , R − et donc leur enclos : A 1 ∩ A 2 con ti en t l’espace de A 1 compris en tre M et un m ur de A 1 \ D parall ` ele ` a M . On en d ´ eduit aussitˆ ot que A 1 ∩ A 2 con ti en t C 1 , ai nsi A 2 con ti en t trois cham bres distinctes C , C 1 et C 2 dominan t F , c’est absurde. § 3 . P arall´ elisme et immeubles jumel ´ es ` a l’infini On consid ` ere une masure affine I D´ efinit i ons 3.1. Soien t f et f ’ deux faces de quartier sph ´ eriques, il existe un appartemen t A con tenan t les germes correspondants F et F ’. On dit que f est p ar al l ` ele ` a f ’ ( not ´ e f k f ′ ) si F et F ’ on t mˆ eme direction dans A , i. e . on p eut ´ ecrire F = g er m ∞ ( x + F v ) et F ′ = g er m ∞ ( y + F v ) dans A . On di t que f et f ’ sont de dir e cti ons opp os ´ ees (o u opp os´ ees p our abr ´ eger) (not´ e f opp f ′ ) si on p eut ´ ecrire F = g er m ∞ ( x + F v ) et F ′ = g er m ∞ ( y − F v ) dans A . On dit que f domine f ’ (not´ e f ≥ f ′ ) si on p eut ´ ecrire F = g er m ∞ ( x + F v ) et F ′ = g er m ∞ ( y + F ′ v ) dans A a vec F ′ v ⊂ F v . Masures affines 21 Remarques. a) Comme A est unique ` a isomorphisme fixan t F et F ’ pr ` es, ces d´ efinitions ne d ´ ep enden t pas du choix de A et bien sur ell es ne d´ ep enden t que des germes. b) Si f est parall` ele ` a f ’ ou domine f ’ (resp. est opp os´ ee ` a f ’), les deux faces de quartier on t m ˆ eme si g ne (resp. des si g nes opp os ´ es). c) Pou r les quartiers, q est parall` ele ` a q ’ si et seulemen t si Q = Q ′ . d) Ces d´ efinitions et la prop osit i on suiv an te sont aussi v alables p our les demi-droites g ´ en´ eriques. On p ourrait aussi parl er de parall ´ elisme et opp osition en tre un germe de segmen t pr ´ eordonn ´ e et un germe de demi-droite g´ en ´ erique, cf. [Rousseau-01]. Prop osition 3.2. 1) Le parall ´ eli sme est une relat i on d’ ´ equiv alence sur les faces de quartier sph ´ eriques. 2) La dominati o n est un pr ´ eordre (partiel) sur les faces de quartier sph ´ eriq ues qui est compatible a vec le para l l ´ elisme. Pl us pr ´ ecis ´ emen t le parall ´ elisme est la relation d’ ´ equi v alence asso ci ´ ee ` a ce pr ´ eordre. On a : f ≥ f ′ ⇔ ∃ f ′ 1 , f ′ 1 k f ′ , f ′ 1 ⊂ f ⇔ ∃ f 1 , f 1 k f , f ′ ⊂ f 1 3) L’opp ositi o n est sym ´ etriq ue et compatible av ec le parall ´ elisme et la domination : on a : f 1 k f opp f ′ k f ′ 1 ⇒ f 1 opp f ′ 1 , f opp f ′ ≥ f ′′ ⇔ ∃ f ′ 1 , f ≥ f ′ 1 opp f ′′ et f opp f ′ ≤ f ′′ ⇔ ∃ f ′ 1 , f ≤ f ′ 1 opp f ′′ . D´ emonstration. Soien t f , f ’ et f ′′ trois faces de quartier sph ´ eriques tel l es que f ′ k f ′′ et f k f ′ (resp. f ≥ f ′ , f ≤ f ′ , f opp f ′ ), il est ´ eviden t que f k f ′′ (resp. f ≥ f ′′ , f ≤ f ′′ , f opp f ′′ ) si l es trois germes son t situ´ es dans un m ˆ eme appartemen t. Mais la propo si t ion 2.7 p ermet de se ramener ` a ce cas par r´ ecurrence ; o n a donc la conclusion en g´ en ´ eral . On vien t donc de prouv er 1) et la compatibilit´ e de la dominati on ou de l’opp osit ion a v ec le parall ´ elisme. La sym ´ etrie de l’opp osit ion est claire. P our la derni ` ere a ssertio n de 2), on p eut donc remplacer f (ou f ’) par une face de quart i er parall ` ele f 1 (ou f ′ 1 ) de mˆ eme origine et dans un m ˆ eme a ppartemen t que f ’ (ou f ) et alo r s les ´ equiv alences annonc ´ ees son t cla i res. La preuv e de l a transitiv it ´ e de la domination se ram ` ene de m ˆ eme au cas facile de trois faces de quartier de m ˆ eme sommet. On a ´ egalement f k f ′ ⇔ f ≥ f ′ et f ′ ≥ f ; d’o ` u la preuv e compl ` ete de 2). P our les deux derni ` eres assertions de 3), si f opp f ′ ≥ f ′′ (resp. f opp f ′′ ≤ f ′ ), on p eut supposer f et f ’ dans un mˆ eme a ppartemen t A puis, quitte ` a raccourcir f ’, remplacer f ′′ par une face de quartier parall` ele, de m ˆ eme sommet et dans un m ˆ eme appartemen t que f ’. On a a l ors f ′′ ⊂ f ′ et les trois faces de quartier sont dans un m ˆ eme a ppartement. Les r ´ esultat s annonc ´ es son t alo rs ´ evidents. 3.3. C on s´ e quences 1) La classe d’´ equiv alence d’une face de quartier sph ´ erique f de germe F est a pp el´ ee sa dir e ction f ∞ = F ∞ . La dir e cti on d’une chemin ´ ee (ou d’un g erme de chemin ´ ee) ´ ev as ´ ee 22 Guy Rousseau est l a directi on d’un germe de face de quartier de dimension maximale qu’ i l contien t. Ces notions co ¨ ınciden t a vec les notions de direction dans un a ppartement Les directi o ns de faces de quartier sp h ´ eriq ues, aus si a pp el´ ees fac ettes ` a l’infini , formen t un ensem ble I ∞ r ´ eunion de deux sous-ensem bles : I + ∞ (resp. I −∞ ) est l’ensem ble des directions de faces de quartier sp h ´ eri q ues p ositives (resp. n ´ egatives ). Ces deux sous-ensem bles son t confondus dans le cas fini et disjoin t s dans les autres cas. On notera que la masure I R ( cf. 2.3.2) fournit les m ˆ emes ensem bles de facettes ` a l’infini : I ∞ R = I ∞ et I ±∞ R = I ±∞ . 2) La dominati on i nduit un ordre (partiel) sur I ∞ , q ui ne m´ elange pas I + ∞ et I −∞ (s’ils son t disjoin ts). La face f est un quartier (resp. une cloison de quartier) si et seulemen t si f ∞ est max imale (resp. maximal e parmi les facettes ` a l’infini non maximales) ; on dit alo r s que f ∞ est une c h ambr e ` a l’infini (resp. cloison ` a l’i nfini ). 3) ` A un appartemen t A on asso cie l’app artement ` a l’infini A ∞ = A + ∞ ∪ A −∞ , o ` u A + ∞ (resp. A −∞ ) est l’ensem ble des classes de faces de quartier sph´ eriques p osit iv es (resp. n ´ egatives) don t un repr ´ esen tan t est dans A . Par d ´ efinition des relations, A + ∞ (resp. A −∞ ) est isomorphe ` a l ’ensem ble ordonn ´ e des facettes v ectorielles sph ´ eriq ues p ositives (resp. n´ egatives) de V ( A ) i. e. de T ◦ ( A ) (resp. −T ◦ ( A )). P ar ces i somo r phismes l’opp ositio n corresp ond ` a F v 7→ − F v et i nduit donc une bijection croissan te de A + ∞ sur A −∞ . Il n’est pas clair (p our l’instan t, cf . 3.9) que l’a ppli cation A 7→ A + ∞ ou A 7→ A −∞ soit injectiv e ; par contre A 7→ A ∞ l’est ( par con v exit´ e). 4) Si M est un m ur (resp. D est un demi-appartemen t) de l’ appartemen t A de I , l ’ensem ble M ∞ (resp. D ∞ ) des classes de faces de quart ier sph ´ eriques dont un repr ´ esen tan t est dans M (resp. D ) est, par d ´ efinition, un mur (resp. demi-app artement ) ` a l’infini (dans A ∞ ) app el´ e dir e ction de M (resp. D ). De m ˆ eme M ±∞ = M ∞ ∩ I ±∞ (resp. D ±∞ = D ∞ ∩ I ±∞ ) est un mur (resp. un demi-app artement ) dans A ±∞ . Deux m urs parall ` eles (resp. deux demi-appartements inclus l’un dans l’ autre) donnen t le mˆ eme m ur (resp. demi-appartemen t) ` a l’i nfini. On p eut parler de M ∞ et D ∞ m ˆ eme pour M et D fan tˆ omes (1.6.1 ) . Si M = M ( α, k ) (resp. D = D ( α, k )), M ±∞ (resp. D ±∞ ) s’ iden ti fie au ”m ur” ±T ◦ ( A ) ∩ K er ( α ) (resp. au ”demi-appartemen t” ±T ◦ ( A ) ∩ D ( α )) dans ±T ◦ ( A ) ⊂ V ( A ) . Th´ eor` eme 3.4. L’ ensem ble I + ∞ m uni de sa relat ion d’ordre et de l ’ ensem ble A + ∞ de ses appartemen ts ` a l’infini A + ∞ (p our A ∈ A ) est un immeuble com binato i re de t yp e W v . Si la masure I est ´ epaisse, al ors l’immeuble I + ∞ est ´ epais. Remarques. a) On a le m ˆ eme r´ esultat av ec −∞ . b) A propremen t parler I + ∞ n’est pas un complexe simplicial puisque dans l’adh ´ erence d’un quarti er o n ne garde q ue l es faces sph ´ eriques. On a cep endan t bien toutes les cham bres et cloi sons du complexe. Il para ˆ ıt donc o pp o r t un d’adopter (ci- dessous) le langage des syst ` emes de c hambres . Masures affines 23 c) D’apr` es la derni` ere assertion de 3.3 .1 et la remarq ue 2.3.2, l’immeuble I + ∞ p eut ˆ et re ´ epais sans q ue I l e soit. De plus, comme il y a une infinit ´ e de murs parall ` eles, la d´ emonstration ci-dessous prouv e que, quand I est ´ epaisse, une cloison ` a l ’infini est domin ´ ee par une i nfinit ´ e de c ham bres ` a l’infini. d) D’apr` es 2.7.2 une r ´ et r a ct ion ρ de cen tre un germe de chemin ´ ee ´ ev as ´ ee pleine p ositive R est compatible a ve c le parall ´ elisme et est donc d´ efinie sur I ±∞ . Si R est un germe de quart ier, cette r ´ etraction co ¨ ıncide sur I + ∞ a v ec celle d´ eduite de sa structure d’immeuble et sur I −∞ a v ec celle d´ eduite de la structure d’immeuble jumel ´ e sur I ∞ , cf. 3.7. e) L’ensem ble des classes de parall ´ elisme de demi-droites posit iv es g´ en ´ eriques est une r ´ eali sat ion g ´ eom ´ etri q ue de I + ∞ : ` a ( x + F v ) ∞ on asso cie l’ensemb le des directions des demi-droites x + R + ξ p our ξ ∈ F v . D´ emonstration. V ´ eri fions les axiomes des immeubles comme ´ enonc ´ es en 2.2.6 o u, de mani ` ere plus appropri ´ ee aux immeubles com binatoires, dans [B rown-89 ; 4. 1] ou [ R´ em y-02 ; 2. 4 .1]. Chaque appartemen t A + ∞ est le complexe de Co xeter asso ci´ e ` a W v , puisqu’il est isomorphe ` a l’ensem bl e ordonn´ e des facettes (sph ´ eri ques) de T ◦ ( A ), d’o ` u (I0). Les axiomes (I1) et (I2) son t des cons´ equences imm ´ ediates des axiomes (MA3) et (MA4). Soit f ∞ une clo ison de I + ∞ et f = x + F v une clo ison de q uartier de I corre- sp ondan te. On p eut supp oser que f a p our supp ort un (v rai) m ur M d’un appartement A 1 . Si la masure I est ´ epaisse, on a construit en 2.10 un second appartemen t A 2 tel que D = A 1 ∩ A 2 est l’un des deux demi-appartemen ts de A 1 b ord ´ e par M . Notons q (resp q 1 , q 2 ) le quartier de D ( resp. A 1 \ D , A 2 \ D ) de sommet x conten an t f dans son adh ´ erence ; f ∞ est bien domin ´ ee par les c hambres ` a l’infini q ∞ , q ∞ 1 et q ∞ 2 . Si f ′ = x − F v , on a cl ( F ′ ∪ Q ) = D , cl ( F ′ ∪ Q 1 ) = A 1 \ D et cl ( F ′ ∪ Q 2 ) = A 2 \ D ; donc les troi s c ham- bres ` a l’i nfini q ∞ , q ∞ 1 et q ∞ 2 son t bien disti nctes. 3.5. W v − distance W v est le group e de W eyl vectoriel de A ; son syst ` eme de g ´ en ´ erateurs canonique S est asso ci ´ e ` a la ch am bre fondamen tale C v f de A . La W v − distance su r les cham bres v ectorielles de A est donc donn ´ ee par d A + ( w C v f , w ′ C v f ) = w − 1 w ′ , elle est inv ariante par l’action de W v . On a d A + ( C v 1 , C v 2 ) ∈ S ∪ { 1 } si et seulemen t si C v 1 et C v 2 son t adjacen tes i.e. dominen t une mˆ eme cloison vec torielle. Soien t Q 1 et Q 2 deux germes de quartiers p ositifs et A un appartemen t l es con tenant ; on not e Q i = g er m ∞ ( x + C v i ) dans A . Si f ∈ I s om ( A , A ), on d ´ efinit d A + ( Q 1 , Q 2 ) = d A + ( f − 1 ( C v 1 ) , f − 1 ( C v 2 )) ; un autre c hoix de f est de la forme f ◦ w p our w ∈ W v , donc d A + ( w − 1 f − 1 ( C v 1 ) , w − 1 f − 1 ( C v 2 )) = d A + ( f − 1 ( C v 1 ) , f − 1 ( C v 2 )), ai nsi d A + ne d ´ ep end pas du choix de f . Par ai lleurs deux choix de A di ff` eren t par un isomorphisme fixan t Q 1 et Q 2 , donc d A + ( Q 1 , Q 2 ) ne d ´ ep end pas de A ; c’est l a W v − distanc e d + ( Q 1 , Q 2 ) de Q 1 et Q 2 dans I + ∞ . 24 Guy Rousseau Comme cette W v − distance est associ´ ee ` a un immeuble, elle v´ erifie les a xiomes des W v − distances, cf. [R ´ em y-02 ; 2. 3]. La v´ erification directe est f acile et laiss ´ ee au lecteur : le premier axiome est clair ; pour le troi si ` eme i l suffit de c hoisir les germes de quartier x , y et z dans le mˆ eme a ppartemen t ; quant au second on p eut s’inspirer de l a d ´ emonstratio n de 3. 7 ci-dessous. On a bien sur l es m ˆ emes r ´ esultats dans I −∞ : pour des germes de quartiers n ´ egatifs et a vec les nota tions ci-dessus on p ose : d − ( Q 1 , Q 2 ) = d A + ( − f − 1 ( C v 1 ) , − f − 1 ( C v 2 )). 3.6. C o distance Soien t Q 1 et Q 2 deux germes de quartier de signes opp os´ es ( ε 1 et ε 2 = − ε 1 ), A un appartemen t les con tenan t et f ∈ I som ( A , A ) ; on note Q i = g er m ∞ ( x + C v i ) dans A et f − 1 ( C v i ) = ε i w i C v f p our w i ∈ W v . On d ´ efinit al ors d ∗ ( Q 1 , Q 2 ) = d ε 1 ( C v 1 , − C v 2 ) = d ε 2 ( − C v 1 , C v 2 ) = w − 1 1 w 2 . P our l es m ˆ emes raisons qu’en 3.5, cette d ´ efinition ne d ´ ep end pas des c hoix effectu ´ es ; o n dit que d ∗ est la c o distanc e dans I ∞ . Deux germes de quart iers (de si g nes diff´ eren ts) sont opp os ´ es dans I si et seulemen t si l eur co dista nce est 1. Deux germes de face s de quartier sph ´ eri ques F et F ′ son t opp os ´ es si et seulemen t si, p our tout germe de q uartier Q dominan t F , il existe un germe de quartier Q ′ opp os ´ e ` a Q dominant F ′ et in v ersemen t en ´ echangean t F et F ′ . On p eut donc traduire l’opp osi t ion par des co distances. Cas fini : Supp osons W v fini et notons w 0 son ´ el ´ emen t de plus grande longueur. Alo rs I + ∞ = I −∞ = I ∞ est un immeuble sph ´ eriq ue et o n retrouv e donc bien le classique immeuble sph ´ erique ` a l’infini de l’i mmeuble affine I . On a d ´ efini trois ”distances” sur l ’ensem ble des germes de quart i ers. Pour tous germes de quartiers Q 1 , Q 2 on a : d − ( Q 1 , Q 2 ) = w 0 d + ( Q 1 , Q 2 ) w 0 et d ∗ ( Q 1 , Q 2 ) = w 0 d + ( Q 1 , Q 2 ) (resp. d + ( Q 1 , Q 2 ) w 0 ) si on cons id ` ere Q 1 dans I −∞ et Q 2 dans I + ∞ (resp. l’in v erse). On retrouv e les form ules de [Tit s-92 ; prop.1] ` a condition d’ ´ ech anger w 0 d + et d + w 0 dans ces form ules ( ce q ui sem ble n ´ ecessaire dans l.c. ) ; a i nsi dans ce cas d ∗ est le jumelage naturel de I ∞ a v ec lui-m ˆ eme. Le th ´ eor` eme qui v a suivre est donc une g ´ en ´ eralisation naturelle de ce cas conn u. ` A l’infini de la masure affine on trouv e un immeuble ju mel ´ e ` a la place de l’ immeuble sph ´ erique ` a l’ i nfini d’un immeuble affine. Th´ eor` eme 3.7. La codistance d ∗ d ´ efinit un jumelage de s immeubles ( I + ∞ , d + ) et ( I −∞ , d − ) . D´ emonstration. Le premier axi ome des jumelages ( cf. [Tits-92 ; 2. 2] ou [ R ´ emy-02 ; 2.5.1] ) est clairemen t v ´ erifi ´ e. Le troisi` eme est aussi facile : il suffit de choisir tous les germes de quartier dans un m ˆ eme appartemen t. Pour le second, soient Q 1 ∈ I −∞ et Q 2 , Q 3 ∈ I + ∞ Masures affines 25 des germes de quartier tels que : d ∗ ( Q 1 , Q 2 ) = w ∈ W v et d + ( Q 2 , Q 3 ) = s ∈ S , a v ec ℓ ( w s ) = ℓ ( w ) − 1. Soit A un appartemen t con tenan t Q 1 et Q 2 ; on note Q 1 = g er m ∞ ( x + C v 1 ) et Q 2 = g er m ∞ ( x + C v 2 ) dans A . On choisit une isom´ etrie de A sur A qui iden t ifie C v f a v ec − C v 1 et donc C v 2 a v ec w C v f . Comme ℓ ( w s ) = ℓ ( w ) − 1, le m ur M v suppor t de la cloison F v de C v 2 de t y p e { s } s ´ epare C v 2 de C v f = − C v 1 . Ainsi C v 1 et C v 2 son t du mˆ eme cˆ ot ´ e de M v dans A et C v 2 ⊂ cl ( C v 1 ∪ F v ) : tout appartemen t con t enan t Q 1 et F = g er m ∞ ( x + F v ) con t ien t Q 2 . Grˆ ace ` a la prop osition 2.7 on voit facilement que c’est encore v rai si on remplace F par un germe de cloison de quarti er parall ` ele. Mais d + ( Q 2 , Q 3 ) = s , donc les cloisons de type { s } de deux quartiers quelconques q 2 et q 3 , de germes Q 2 et Q 3 , son t parall ` eles. Ainsi tout appartemen t A ′ con tenant Q 1 et Q 3 con ti en t Q 2 ; dans cet appartemen t le calcul des co di st a nces et distances est facile et donne le r ´ esultat a t tendu : d ∗ ( Q 1 , Q 3 ) = ws . 3.8. C on s´ e quences On supp ose l a masure I ´ epaisse. 1) La constructio n d’un immeuble (combinatoire) ´ epais I ±∞ de type W v implique des limi t ations sur W v . Si J ⊂ I , on sait construire ` a partir de I ±∞ un r ´ esidu qui est un immeuble ´ epais de type W v ( J ) [Ronan-89 ; I I I 3.5] . Les li mitations conn ues sur les groupes de Co xeter des i mmeubles ´ epais sph ´ eri q ues ( cf. [ Tits-74 ; addenda], [Tits- W eiss-03 ; 40.3 et 40.22] ou [W eiss-03 ; sect. 12.3]) mon tren t donc q ue le diagramme de Co xeter de W v ne p eut con tenir de sous-diagramme de type H 3 ou H 4 . P ar con tre il n’y a, a priori, pas de limitat i on sur l es co efficien ts de la matrice de Co x eter de W v , cf. [Ronan-89 ; exercice 3. 21]. 2) D’a pr ` es [Tits-92 ; 5.6 cor. 3] et [M ˝ uhlherr-Ronan-95 ; (4) p 73], le jumelage en tre I + ∞ et I −∞ mon t re que, si tous les co efficien ts de la matri ce de Co x eter sont finis (cas 2 − sph ´ erique), tous les 2 − r´ esidus (sauf p eut-ˆ etre ceux facteurs directs) sont de Moufang. On obtien t alors plus de limit ations sur W v : d’apr` es [Tits-74 ; addenda] et [Ti ts-W eiss- 02 ; 17.1] les coefficients de la matrice de Co x et er de W v ne p euven t ˆ etre que 1, 2, 3 , 4, 6 o u 8 (puisqu’on a exclu ∞ ), si l’on supp ose de plus toute composante connexe du diagramme de Coxeter de cardinal au moins 3. Cela ne diff ` ere donc du cas Kac-Mo o dy que par la p ossibilit´ e du nombre 8. On peut am ´ elio rer l´ eg ` eremen t ce r ´ esultat. Il est clair que deux r ´ esidus opp o s ´ es de I ∞ de t yp e J ⊂ I ( cf. [M ˝ uhlherr-99 ; 6 p 135]) formen t un i mmeuble ju mel ´ e de type W v ( J ). Ainsi tous l es sous-diagrammes (du diagramme de Coxeter de W v ) connexes, ` a 3 sommets et sans co efficien t ∞ ne comp orten t que les co efficien t s 3, 4, 6 ou 8. 3) Si le diagramme de Coxeter de W v est connexe, sans co efficien t ∞ et si | I | ≥ 3, on sait donc que tous l es 2 − r´ esidus de I ±∞ son t de Moufang. L’i mmeuble jumel ´ e I ∞ est alors lui-mˆ eme de Moufang [Abramenko-Bro wn-08 ; prop. 8.27]. D’apr ` es [Tits-92 ; 4.3 prop. 7] i l exi ste alors un group e G d’automorphismes de I ∞ qui est m uni d’une donn ´ ee radicielle ”jumel ´ ee” de t yp e W v (qui g ´ en ´ eralise la notion de donn´ ee radicielle 26 Guy Rousseau de typ e Φ de [Rousseau-06 ; 1.4] d ´ ej` a signal´ ee en 2 .4.2). De plus cette donn ´ ee radicielle d ´ etermine enti ` eremen t l’immeuble jumel ´ e I ∞ [Tits-89 ; 8.1 ]. La classification des immeubles jumel ´ es ´ epais de Moufang est assez largemen t conn ue dans le cas 2 − sph ´ erique ( i .e. quand t ous les coefficients de l a matri ce de Coxeter de W v son t finis) : cf. [ Tits-92], [ M ˝ uhlherr-Ronan-95] et [M ˝ uhlhe rr-99-02]. 3.9. A ppartements jumel´ e s Les appartemen ts admissib les de ( I ±∞ , d ± ) ou les appartemen t s j umel´ es de ( I ∞ , d ± , d ∗ ) son t associ´ es aux paires de c ham bres ` a l’infini ( i.e . de germes de secteurs) opp os ´ ees, cf. [ R ´ em y-02 ; 2.5. 2 ] . Si on note A l ’appartemen t (unique) con tenan t deux germes de quartier opp os ´ es Q + et Q − , le lemme 3.10 suiv an t, compar ´ e ` a la d ´ efinition de l.c. , dit que les appartemen ts admissibles (resp. l’appartemen t jumel ´ e) asso ci ´ es ` a Q + et Q − son t A ±∞ (resp. A ∞ = A + ∞ ∪ A −∞ ). In versemen t tout appartemen t A ∈ A est l’en v elopp e conv exe de deux germes de quartier opp os ´ es Q + et Q − ; donc A ±∞ est un appartemen t admissible de I ±∞ et A ∞ un appartement jumel ´ e de I ∞ . D’a pr` es [A bramenko-96 ; lemme 2iv p.24 ] l’appartemen t admissible A + ∞ (resp. A −∞ ) d´ etermine en ti ` eremen t son jumeau A −∞ (resp. A + ∞ ). On a donc des bijections canoniques entre l’ensemb le A des appartemen ts de I , les ensem bles A ±∞ d’appartemen ts de I ±∞ et l’ensem ble A ∗ des appartemen t s jumel ´ es de I ∞ . Lemme 3.10. Soient Q + ∈ I + ∞ , Q − ∈ I −∞ deux germes de quartier opp os´ es et A un appartemen t les contenan t. Pour tout germe de q uartier p o si tif Q ′ , on a : d + ( Q + , Q ′ ) = d ∗ ( Q − , Q ′ ) si et seulemen t si Q ′ est con ten u dans A . D´ emonstration. Si Q ′ ⊂ A , la relat ion est ´ eviden te par construction. Supp osons in v ersemen t que d + ( Q + , Q ′ ) = d ∗ ( Q − , Q ′ ) = w . Soit Q 0 = Q + , Q 1 , . . . , Q n = Q ′ une galerie minimale de germes de quarti ers dans I + ∞ (donc n = ℓ ( w )). Si Q ′ 6⊂ A , soit i le plus p etit en ti er tel que Q i ⊂ A et Q i +1 6⊂ A . La r ´ etraction ρ = ρ A, Q − conserv e les co distances ` a Q − donc d ∗ ( Q − , ρ ( Q ′ )) = w . P ar ailleurs, si { s } est le t yp e du germe de cloison de quartier F domin ´ e par Q i et Q i +1 et si Q ′ i +1 est le germe de quartier de A adjacen t ` a Q i le l ong de F , on a d + ( Q i , Q i +1 ) = d + ( Q i , Q ′ i +1 ) = d + ( Q ′ i +1 , Q i +1 ) = s ; d ∗ ( Q − , Q i ) = d + ( Q + , Q i ) = w i ∈ W v ; d ∗ ( Q − , Q ′ i +1 ) = d + ( Q + , Q ′ i +1 ) = d + ( Q + , Q i +1 ) = w i s et ℓ ( w i s ) > ℓ ( w i ) = ℓ ( w i ss ). Le second axio me des jumelages nou s dit alors que d ∗ ( Q − , Q i +1 ) = w i ; donc d ∗ ( Q − , ρ Q i +1 ) = w i = d ∗ ( Q − , Q i ) et ρ Q i +1 = Q i . La galerie ρ Q 0 = Q + , ρ Q 1 , . . . , ρ Q n = ρ Q ′ b ´ egay e donc et ainsi d + ( Q + , ρ Q ′ ) a une longueur strictemen t inf´ erieure ` a n , longueur de d ∗ ( Q − , ρ Q ′ ) ; ceci est imp ossible dans l’appartement A . § 4 . Immeubles microaffines et arbres ` a l’infini Masures affines 27 On consid ` ere toujours une masure affine I 4.1. L’ a ppartement t´ emoin A J Soit J ⊂ I . Le q uadruplet ( V , W v ( J ) , ( α i ) i ∈ J , ( α ˇ i ) i ∈ J ) satisfait aux conditio ns de 1.1. Son sy st ` eme de racines est Φ J = Φ ∩ ( L i ∈ J R α i ) = { α ∈ Φ | α ( F v ( J )) = { 0 } } = W v ( J ) . { α i | i ∈ J } . On note V J = T i ∈ J K er ( α i ) le support de l a facette F v ( J ). On consid ` ere l’ ensem ble M J (resp. M J i ) des hyperplans de M don t l a di recti on est de la forme K er ( α ) a v ec α ∈ Φ J (resp. α ∈ ∆ im et α ( F v ( J )) = { 0 } ) ; ils d ´ efinissen t une structure d’appartemen t affine (mo d´ er ´ emen t i maginaire) sur A asso ci´ ee ` a ( V , W v ( J ) , ( α i ) i ∈ J , ( α ˇ i ) i ∈ J ). T ous ces hyperplans sont stables par translation par V J . Ainsi A J = A /V J est mu ni de syst ` emes M J et M i J d’h y p erplans ( en bijection av ec M J et M J i ) qui en fon t un appartemen t affine essen ti el (mo d´ er ´ emen t imagi naire) de group e de W eyl v ectoriel W v ( J ). Le groupe W J = W v ( J ) ⋉ Q ˇ ⊂ W stabilise M J et commute ` a V J . Il induit donc un group e de transformations affines de A J qui con tien t le group e de W eyl W J de cet appartemen t (et est conten u dans l e group e ( W J ) P J corresp ondan t) . L’ensem ble A ( F v ( J )) des germes d e face s de quart ier de A de direction F v ( J ) s’iden t i fie de mani` ere W J − ´ equiv ariante ` a A J . U n g erme de c hemin ´ ee R de A de direction dominan t F v ( J ) d ´ efinit un filt re de parties de A J don t une base est obtenue comme suit : ` a un ´ el´ emen t du filtre R on associ e l’ensem ble des F ∈ A ( F v ( J )) = A J con tenus dans cet ´ el´ emen t. Ce filtre est un germe de c hemin´ ee de A J ; si R a p our direction F v ( J ) c’est une facette-ferm ´ ee de A J et toutes les facettes-ferm ´ ees sont ainsi obten ues. De mˆ eme un germe de face de quartier F de direction dominan t F v ( J ) d´ efinit un germe de face de quartier (ou un p oint) de A J . On s’in t´ eressera essen tiell emen t au cas J sph ´ erique. Alors W v ( J ) et Φ J son t finis et il n’y a pas de racine imaginaire p our A J ou A J ; de plus A J p oss ´ ede un pro duit scalai re W v ( J ) − in v arian t qui en fait un appartemen t au sens de [Rousseau-08]. Si l’appartemen t A est semi-discret, l’appartemen t A J est discret. Plus g´ en ´ eralement on d ´ efinit les ensemb les A ( F v ) et A F v (en bijection canonique a v ec A J ) p our une facette v ectorielle F v de typ e J ` a la place de F v ( J ). On dit que A ( F v ) est la fa¸ cade de A dans la dir e ction F v , cf. [Charignon]. 4.2. L’ e nsem ble I ( F ∞ ) Soit F ∞ une direction de face de quarti er sph´ erique (par exemple p osit iv e) de type J . On note I ( F ∞ ) l’ensem ble des germes de faces de quarti er F dans cette direction. Soit f = x + F v ⊂ A un repr´ esen ta nt d’un F ∈ I ( F ∞ ). On choisit un isomorphisme ϕ ∈ I som ( A , A ) tel q ue ϕ − 1 ( F v ) = F v ( J ). L’ensem ble A ( F ∞ ) des ´ el ´ emen ts de I ( F ∞ ) con tenus dans A est iden ti fi ´ e par ϕ av ec A ( F v ( J )) et donc a v ec A J . Soit R un germe de che min ´ ee de I de direction dominan t F ∞ (donc ´ ev as ´ ee) ; consid ´ erons un appartemen t A con tenan t R . Comme en 4.1 ci-dessus, on p eut associer 28 Guy Rousseau ` a R un filtre de parties de I ( F ∞ ) (not ´ e R F ∞ ) con ten u dans A ( F ∞ ) mais ind ´ ep endan t du c hoix de A . En c hoi sissan t ϕ comme ci-dessus , R F ∞ s’iden t i fie ` a une c hemin ´ ee de l’appartemen t A J ; si la directio n de R est F ∞ alors R F ∞ s’iden t i fie ` a une facette de A J . Remarque. Si J n’est pas sph ´ erique, la direction d’ une face de quartier f de t yp e J n’a pas ´ et ´ e d ´ efinie ; il est donc a priori pl us difficile de d ´ efinir I ( F ∞ ) qui devrait ˆ etre une masure affine. Prop osition 4.3. L’ensem ble I ( F ∞ ) mu ni de ses fac ettes R F ∞ (p our les germes de c hemin´ ees (´ ev as ´ ees) R de direction F ∞ ) et de ses app artements A ( F ∞ ) (p our A ∈ A con tenant un F ∈ I ( F ∞ )) est un immeuble affine de t y p e A J (au sens de [Rousseau-08], cf. 2.2.6). Cet immeuble est la fa¸ cade de I dans la dir e ction F ∞ . Remarque. Dans le cas fini et si F ∞ est la direction de face de q uartier mi nimale ( i.e. de t yp e J = I ), alors I ( F ∞ ) est l’essen tia lis ´ e I e de l ’immeuble I , c’est ` a dire son quotien t par V 0 . D´ emonstration. On a v u ci-dessus que les appartements a v ec leurs facettes sont isomorphes ` a A J ; d’o ` u (I0). D’apr` es l’axi ome (MA3) deux facettes R F ∞ et R ′ F ∞ son t dans un m ˆ eme a ppartemen t A ( F ∞ ), d ’o ` u (I1) ; et l’axiome (MA4 ) dit que cet appartemen t est unique ` a un isomorphisme fixant ces deux facettes pr ` es. De plus l’inters ection de deux appartemen ts est une union de facettes d’apr` es l’axiome (MA2) ; d’o ` u (I2). 4.4. L’ a c h` ev emen t de Satake d e la masu re I On note I µ + (resp. I µ − ) la r´ eunion (disjoin te) des I ( F ∞ ) p our les directi ons de faces de q uartier sph ´ eriques p ositives (resp. n ´ egatives) F ∞ .Ainsi I µ + (resp. I µ − ) est l’ensem ble des germes de faces de quarti er sph´ eriques p o si t iv es (resp. n´ egatives) de I . L’ ach ` evement de Satake I sat de I est la r ´ eunion de I , I µ + et I µ − . Dans le cas fini I µ + = I µ − con ti en t I e , on se limite au cas es sen t iel et al ors I sat = I µ + = I µ − . En dehors du cas fini l a r ´ eunion est di sjointe ma is cet ach ` evemen t sem ble inachev ´ e, on aimerait lui adjoindre des masures I ( F ∞ ) p our F ∞ non sph´ erique. I sat est r´ eunion d’appartemen t s A sat = A ∪ A µ + ∪ A µ − (p our A ∈ A ) o ` u A µ ± est l’ensem ble des germes de faces de q uartier sph´ eriques de A , p ositives ou n ´ egatives. L’appartemen t A µ + est isomorphe ` a la r ´ eunion disjoin te A µ + des A F v p our F v facette v ectorielle sph ´ erique p osit iv e de V . En fait A µ + est l’appartemen t t´ emoin de l’immeuble microaffine de [Rousseau-06] dans sa r´ ealisation de Satak e ( i. e. A µ + = A s , cf. [ l.c. ; 4.2.1]) . ` A un germe de c hemin ´ ee ´ ev as ´ ee R on asso cie une facette R µ situ ´ ee dans I ( F ∞ ) o ` u F ∞ est la directio n de R . Si R est dans un appartemen t A , un isomorphisme de A sur A iden ti fie R µ ` a une facette F s de A s ( cf. [ l.c. ; 4.2.1 ]). On p eut donc dire que I µ + m uni de ses appartements A µ + (p our A ∈ A ) et de ses facettes R µ (p our R germe de chemin ´ ee ´ ev as ´ ee po si tive ) est un immeuble micr o affi n e de Masures affines 29 t yp e A µ + ( i.e. au sen s de la r´ ealisation de Satak e). Aucune d ´ efinition abstraite n’a ´ et´ e donn ´ ee dans l.c. , mai s on a les propri ´ et´ es habit uelles suiv an tes : les appartemen ts son t isomorphes ` a A µ + , deux facettes R µ 1 et R µ 2 son t conten ues dans un m ˆ eme appartemen t ( cf. ( MA 3 )) et si deux appartemen ts contiennen t R µ 1 et R µ 2 , i l s son t isomorphes par un isomorphisme fixan t ces deux facettes ( cf. (MA4)). Dans le cas fini, I µ + est l’ach ` ev emen t de Satake ou ac h` eve men t p o ly ´ edral de l’immeuble (essen tiel) I [Rousseau-06 ; 4.3]. On v a le m unir d’une top o l ogie q ui en fait une compactification de I , si ce dernier est lo cal emen t fini. 4.5. T op ologies su r les imm eubl e s microaffines P our A ∈ A , l’appartement microaffine A µ + est m uni d’une topo l ogie [Rousseau- 06 ; 4 . 2.4] qui est compacte dans le cas fini. On p eut m ˆ eme d ´ efinir cette top ologie sur A µ − ∪ A ∪ A µ + (quand W v n’a pas de facteur direct fini). On v a ”recoller” ces top ologies sur les appartemen ts en deux top ologies distinctes sur I µ + . Pour F ∈ I µ + , on doit d ´ efinir une base de v oisinages de F dans I µ + ; on v a m ˆ eme d´ efinir des voisinages dans la r ´ eunion disjoin t e de I et I µ + . Soit f = x + F v un repr ´ esen t a n t de F conten u dans un appartement A . Le sous- group e W v F v de W v ( A ) fixan t F v est fini, il exi ste donc une base de v o isinages ouve rts de 0 dans V A stables par W v F v . P o ur un tel voisinage ouvert U et un ξ ∈ F v , l’ensem ble x + ξ + U + F v est un voisinage ouv ert dans A de l’adh ´ erence du raccourci x + ξ + F v de f ; on note Ω A,U,ξ la r ´ eunion de cet ensem ble et des F ′ ∈ A µ + qui son t conten us dedans. Si ma i n t enant A ′ est un appartement con tenan t g er m x + ξ ( x + ξ + F v ), il existe un i somo r phisme ϕ de A sur A ′ fixan t g er m x + ξ ( x + ξ + F v ) q ui est unique ` a W v F v pr ` es (au maximu m) ; ainsi ϕ ( Ω A,U,ξ ) ne d ´ ep end pas du ch oix de ϕ , on le note Ω A ′ ,U,ξ . La base de voisinages de F p our l a to p olo gie forte (resp. f a i ble ) est form ´ ee d’ensem bles i ndex ´ es par ξ , U comme ci-dessus, c haque ensem ble ´ etant l a r ´ eunion des Ω A ′ ,U,ξ p our A ′ un appartemen t contenan t x + ξ + F v (resp. g er m x + ξ ( x + ξ + F v )). On note I µ + s (resp. I µ + w ) l’espace I µ + m uni de cette top o l ogie. Propri ´ et´ es at tendue s. Les r ´ esultats suiv an ts son t vraisem bla bles mais non d ´ emon tr´ es ici car non utilis´ es dans l a suite. 1) P our les deux top ologies les appartemen ts son t ferm ´ es et mu nis de la topo logie de [Rousseau-06 ; 4. 2.4]. 2) P our F ∞ ∈ I + ∞ et p our les deux top ologi es, I ( F ∞ ) est mun i de sa top olo gie naturelle d’immeuble affine euclidien, il est ouv ert dans son adh ´ erence qui est la r ´ eunion des I ( F ∞ 1 ) p our F ∞ 1 ≥ F ∞ . 3) L’ensem ble des germes de quartier p o si t ifs est discret dans I µ + s mais pas dans I µ + w . 4) Dans le cas classique et si I est lo calemen t fini, I µ + w est la compactification de Satake de l’immeuble I , cf. [Landvogt-96], [Chari gnon]. 30 Guy Rousseau 4.6. L’ a rbre asso ci´ e ` a une cloison ` a l’in fi ni F ∞ Dans la suite de ce paragra phe on v a s’at tac her ` a g ´ en ´ eraliser un certain nom bre de r ´ esultat s de [Ti ts-86]. L’un des ingr´ edien ts essen tiels est l’arbre ` a l’i nfini asso ci ´ e ` a une cloison de I ±∞ : si F ∞ est une cloison ` a l’infini de I + ∞ , c’est ` a dire une direction de cloison de q uartier p ositive, l’immeuble affine I ( F ∞ ) est de dimension 1 (la codi mension de F ∞ ) donc un arbre. On a sugg ´ er ´ e en 4.5 que la fron ti ` ere de I ( F ∞ ) (dans I µ + s ou I µ + w ) est form´ ee des I ( Q ) = { Q } p our Q = Q ∞ un germe de quartier dominant F ∞ . Si F ∞ ∈ A ∞ , la fron ti` ere de A ( F ∞ ) est r ´ eduite ` a A ( Q ∞ 1 ) ∪ A ( Q ∞ 2 ) = { Q 1 , Q 2 } , o` u Q 1 et Q 2 son t les deux germes de quartier de A dominan t F ∞ . Ind ´ ep endammen t de ces r ´ esulta t s, i l est facile de voir que Q 1 et Q 2 d ´ eterminen t les deux bouts de l’appartemen t A ( F ∞ ) de l’arbre I ( F ∞ ) : si q i = x + C v i ⊂ A est un quartier de germe Q i , l’ensem ble des germes de cloisons de quartier de A de direction F ∞ et con t enus dans q i est une demi-droite δ x i de la droite A ( F ∞ ) et les demi-droites δ x 1 , δ x 2 son t opp os´ ees. Ainsi I ( F ∞ ) est un arbre (discret ou non) m uni d’un syst ` eme d’a ppartements dont les bouts corresp onden t bijectiv emen t aux germes de q uart iers de I dominan t F ∞ . Ce syst ` eme d’a ppartements satisfait aux conditio ns de [Tits-86] : deux b o ut s di st i ncts sont toujours dans un m ˆ eme a ppartement ( qu’ils d ´ eterminen t enti ` eremen t ). Prop osition 4.7. 1) Soien t x ∈ I et F ∞ ∈ I ∞ , il existe une et une seule face de quartier f dans I de sommet x et direction F ∞ . 2) Soien t f 1 et f 2 deux faces de quartier sph ´ eriques dans I de mˆ eme direction F ∞ . Leurs adh ´ erences son t disjointes ou elles on t m ˆ eme germe. Si de plus elles on t m ˆ eme sommet, elles co ¨ ınciden t. N.B. On g ´ en´ eralise ainsi [Tit s-86 ; prop. 5 et cor. 17.4]. D´ emonstration. 1) Soien t F ′ un germe de face de quartier de dir ecti on F ∞ et A un appartemen t con tenan t x et F ′ . Dans A la face de q uartier f de sommet x , parall ` ele ` a F ′ con v ien t : en effet f ∞ = F ∞ . Si on a deux solutions f ′ et f ′′ , l a proposit ion 2 . 7 nous fournit une suite F 0 = F ′ , F 1 , . . . , F n = F ′′ de germes de faces de quart i er parall ` eles et des appartemen ts A 1 , . . . , A n tels que A i con ti enne x , F i − 1 et F i . T o ut appartement A ′ i con tenant x et F i con ti en t une unique face de quart ier de sommet x et direction F ∞ = F ∞ i ; celle-ci est dans l’enclos de x et F i , donc ne d ´ ep end pas de A ′ i , on la note f ( F i ). Ainsi on a f ′ = f ( F 0 ) = f ( F 1 ) = . . . = f ( F n ) = f ′′ . 2) Soit x ∈ f 1 ∩ f 2 , les raccourcis de f 1 et f 2 de sommet x on t m ˆ eme direction et m ˆ eme sommet, ell es sont donc ´ egales d’apr` es 1). Ainsi F 1 = F 2 . Prop osition 4.8. cf. [Tit s-86 ; 17.3] 1) Deux m urs (´ ev en tuell ement fan tˆ omes) de m ˆ eme direction M ∞ ( cf. 3.3.4) son t des h yp erplans parall` eles d’un m ˆ eme appartement. Masures affines 31 2) Soien t M ∞ un m ur de I ∞ et F ∞ ⊂ M ∞ une cloison. Al ors, p our tout germe de cloison de quartier F de direction F ∞ , il exi ste un unique m ur ( ´ even tuellemen t fan tˆ ome) M F de I de direction M ∞ con tenant F . Ce mur est un vrai m ur si l ’enclos de F est ´ egal ` a son adh´ erence. Remarque. Soient M ∞ un m ur de I ∞ et F ∞ ⊂ M ∞ une cloi son. Alors, p our tout germe de chemin ´ ee R de directi o n F ∞ et pour toute c hemin´ ee assez peti t e r de germe R , tous les murs M F (asso ci´ es aux germes de cloi sons de quartier F de directio n F ∞ con tenus dans r ) son t conten us dans un mˆ eme appartemen t ( dans l a d ´ emonstration ci- dessous de la partie 2 il suffit de prendre A con tenan t r et un F − de direction F −∞ ). On note r + M ∞ la r´ eunion de ces m urs. Quand r v arie, les r + M ∞ engendren t un filtre R + M ∞ de parties de I (con t en u dans l ’ appartemen t A ). D´ emonstration. 1) Choisissons deux directions de cl o ison de q uartier opp os´ ees F + ∞ et F −∞ dans M ∞ . Les m urs M 1 et M 2 (de directi o n M ∞ ) con tiennen t donc des cloisons de quartier f ± i repr ´ esen tan t ces directions. Soit A un appartemen t con tenan t les germes F − 1 et F + 2 ; il suffit de mo ntrer qu’il con tien t M 1 et M 2 . F aisons le p our M 1 . La prop osition 2.7 nous fournit une suite F 0 = F + 1 , F 1 , . . . , F n = F + 2 de g ermes de cloisons de quart i er parall` eles et des appartemen ts A 1 , . . . , A n tels que A i con ti enne F − 1 , F i − 1 et F i . Pour tout appartemen t A ′ con tenant F − 1 et F i , le mur engendr ´ e par F − 1 ne d ´ ep end pas de l’appartemen t A ′ car i l est dans l’ enclos de F − 1 et F i ; on l e note M ( F i ). Grˆ ace aux appartemen ts A i on a donc M 1 = M ( F + 1 = F 0 ) = M ( F 1 ) = . . . = M ( F n = F + 2 ) ⊂ A . 2) On p eut supposer F ∞ = F + ∞ ∈ I + ∞ . Notons F −∞ sa cloison opp os´ ee dans M ∞ et F − un germe de cloison de quartier de direction F −∞ . Il ex iste un appartemen t A con tenant F et F − . Le supp o rt M de F dans A est un mur ´ ev en tuell emen t fan tˆ ome ; c’est un vrai m ur si cl ( F ) = F . Il est clair dans A que M + ∞ ∋ F + ∞ , M −∞ ∋ F −∞ et donc q ue le m ur de I ∞ asso ci ´ e ` a M est bien M ∞ . Soit M ′ un autre mur a vec la m ˆ eme propri ´ et´ e. D’apr` es la partie 1) M et M ′ son t parall` eles dans un m ˆ eme appartemen t ; comme ils con tiennen t le mˆ eme germe de cloison, ils son t ´ egaux. 4.9. L’ a rbre ´ ete n du asso ci´ e ` a un m ur ` a l’infini 1) Soit M ∞ un mur de I ∞ , on note I ( M ∞ ) la r ´ eunion des appartements A de I con tenan t un m ur M de direction M ∞ (qui son t app el´ es app artements de I ( M ∞ )). D’apr ` es l a propositio n pr ´ ec ´ eden te, I ( M ∞ ) est r ´ eunion disjoin t e des m urs (vrais ou fan tˆ omes) de dir ecti on M ∞ . L’ ensemb le I e ( M ∞ ) de ces m urs est donc un q uotien t de I ( M ∞ ). Choisissons une cloison F ∞ ∈ M ∞ ( e.g. p ositi v e) et notons F −∞ la clo i son opp os ´ ee dans M ∞ ; en fait M ∞ est d ´ etermin´ e par F ∞ et F −∞ . La seconde partie de la prop ositi on pr ´ ec ´ eden te d ´ ecrit une appli cat ion bijectiv e de I ( F ∞ ) sur I e ( M ∞ ). Ainsi I ( M ∞ ) est un immeuble affine inessen tiel don t le quoti en t essen tiel I e ( M ∞ ) est l’arbre I ( F ∞ ). Si R est un germe de c hemin´ ee de directio n F ∞ , on a vu que R F ∞ est une facette de I ( F ∞ ) 32 Guy Rousseau ( cf. 4.3) ; l’ensem ble corresp ondan t de I ( M ∞ ) est R + M ∞ ( cf. remarque 4.8). Quand R v arie, ces ensem bles R + M ∞ d ´ ecriven t donc les facettes de l ’immeuble I ( M ∞ ). 2) On v a mi eux identifier les appartements de I e ( M ∞ ). Il est d’ab ord clair que tout appartemen t de I ( M ∞ ) induit un appartemen t de I ( F ∞ ), on a donc l a propri ´ et ´ e suiv an te ( axiome (A5) de [Ronan-89 ; app endix 3]) : Propri ´ et´ e du Y : Si A 1 , A 2 et A 3 son t trois appartemen ts de I tels que c hacune des in tersections A 1 ∩ A 2 , A 1 ∩ A 3 et A 3 ∩ A 2 soit un demi-appartemen t , alors A 1 ∩ A 2 ∩ A 3 est non vide. En effet, si les murs que sont les b o r ds de deux de ces demi-appartemen ts ne son t pas parall ` eles dans l’appartemen t A i les con tenan t, la conclusion est ´ eviden te. Le cas parall` ele d ´ ecoule de ce que I ( F ∞ ) est un arbre si F est un germe de cloi son de quartier dans un de ces m urs. 3) Un appartemen t A con tenan t un germe de clo ison de quartier F de direction F ∞ d ´ etermine deux germes de quarti ers Q 1 , Q 2 don t F ∞ est une cloison. L’appartement A ( F ∞ ) de l’ arbre I ( F ∞ ) est enti ` eremen t d´ etermin ´ e par ses deux b o uts Q 1 et Q 2 . Il y a donc (en g ´ en´ eral) b eaucoup d’appartemen ts A ′ de I d ´ etermi nan t le mˆ eme appartemen t ` a l’infini A ′ ( F ∞ ) = A ( F ∞ ). La prop osi t ion ci-dessous montre que parmi eux un et un seul est un a ppartemen t de I ( M ∞ ). On d ´ ecrit ainsi la bijection en tre les appartemen ts de I ( F ∞ ) et de I ( M ∞ ). Prop osition 4.10. Dans les conditions pr ´ ec ´ eden t es, il existe un uniq ue appartemen t A ′ con tenant F , Q 1 et Q 2 , tel q ue le mur M de A ′ engendr ´ e par F ait pour di rection M ∞ . D´ emonstration. Si A ′ est tel qu’indiqu ´ e, le m ur M est l’unique m ur (´ even tuellemen t fan tˆ ome) de 4.8.2. Il est clai r q ue A ′ est r ´ eunion des enclos cl ( M ∪ Q 1 ) et cl ( M ∪ Q 2 ) donc unique. D’apr ` es 4.8.2 il existe un appartemen t A tel que, dans A , le m ur M engendr ´ e par F ait p our direction M ∞ . Soit F − le germe de cloison de quarti er oppos´ e ` a F dans M . Soit A i un appartemen t contenan t F − et Q i ; le mur M i de A i engendr ´ e par F − a donc comme direction M ∞ (puisque F ∞ ≤ Q i ). D’apr` es l ’unicit ´ e de 4.8.2 o n a M i = M . L’en velopp e con vexe ferm ´ ee de F − et Q i ( i.e. l’en veloppe conv exe ferm ´ ee de M et Q i ) dans A i est un demi-appartemen t D i ( ´ even tuellemen t fan t ˆ ome) de b ord M . Dans A 1 consid ´ erons l’image Q 3 par la r ´ eflexion r M de − Q 1 . On a donc Q 3 ⊂ D 1 et ( F − ) ∞ ≤ Q 3 . Soit A ′ un appartemen t con tenan t Q 2 et Q 3 , o n a F ∞ , ( F − ) ∞ ⊂ A ′∞ , donc M ∞ ⊂ A ′∞ et A ′ est r´ eunion de m urs de direction M ∞ . Par unicit ´ e des murs de direction M ∞ con tenant un germe de cloison (4.8.2) A ′ con ti en t tout le demi-appartemen t de D 1 ⊂ A 1 engendr ´ e par F ∞ et un quartier q 3 ⊂ D 1 de germe Q 3 ; en particulier A ′ ⊃ Q 1 . Comme il con ti ent aussi Q 2 il con tien t F et donc (par unicit´ e) M qui est de direction M ∞ . Prop osition 4.11. Soien t A 1 et A 2 deux appartemen ts de I tels q ue A 1 ∩ A 2 soit un Masures affines 33 demi-appartemen t D , alors il existe une r ´ etractio n ρ (de cen tre un germe de quartier) de I sur A 1 telle que ρ ( A 2 ) = D . Remarque. A part la condition de dimin uti on des distances (qui n’a un sens que p our les immeubles affines) ce r ´ esultat est l’axiome ( A5) de [ Tits-86]. D´ emonstration. Soient M le b ord de D et F un germe de cloison de quartier con ten u dans le mur M . T out se passe dans I ( M ∞ ) et donc principalement dans l’a rbre I ( F ∞ ). Il suffit de c hoisir le germe de quartier Q de A 1 \ D don t une cloison est F ∞ et de consid ´ erer la r ´ etraction ρ A 1 , Q . 4.12. Le probl ` e me de classificati on Le th´ eor ` eme 2 de [Tits-86 ; p 1 6 6] dit qu’un immeuble affine I est d ´ etermin´ e ` a isomorphisme pr ` es par son immeuble sph´ erique ` a l’infini I ∞ (supp os ´ e ´ epais) et les arbres I ( F ∞ ) ≃ I ( M ∞ ) p our F ∞ cloison de I ∞ con tenue dans un mur M ∞ . Si I ∞ est de Moufang, ces arbres d ´ eterminen t une v aluat ion de la donn´ ee radicielle G asso ci´ ee ` a I ∞ [ l.c. ; t h 3 p 170] et cette v al uation p ermet de reconstruire l’immeuble affine I ; on obtien t ainsi la classification des immeubles affines irr ´ eductibles lo calement finis de dimension ≥ 3 [ l.c. ; 14, 15] . On p eut en visager une strat´ egie semblable p our classifier les masures affines. On a vu en 3.8.3 qu’` a une masure a ffine ´ epaisse 2 − sph ´ erique est souve n t asso ci´ ee une donn ´ ee radicielle ”jumel´ ee” et que ces donn ´ ees radicielles son t classifi ´ ees dans de nombreux cas. Les r ´ esultats pr ´ ec´ eden ts sur les arbres I ( F ∞ ) ou I ( M ∞ ) doiven t permettre de d ´ efinir une v aluati on de la donn ´ ee radicielle. Malheureusemen t il n’y a pas encore de construction d’une masure affine asso ci´ ee ` a une donn ´ ee radicielle v alu ´ ee (hors le cas du paragraphe 6). Ainsi ce pro cessus de classification s’arrˆ ete l` a (p our l’instant en tout cas). § 5. Propri ´ et ´ es ` a distance finie des m asures On consid ` ere une masure affine I que l’on supp osera ordonn ´ ee ` a partir de 5 . 4. Prop osition 5.1. Soien t A un appartement de l a masure I , x 1 et x 2 deux p oi n t s de A t els que x 1 ≤ A x 2 . On consid` ere des facettes lo cal es de I , F 1 et F 2 de sommets resp ectifs x 1 et x 2 . Si F 1 est p ositive et F 2 n ´ egati v e, o n suppose de plus x 1 = x 2 ou x 2 − x 1 ∈ T ◦ ( A ) (cˆ one de Tits ouv ert de A ) i.e. x 1 ◦ ≤ A x 2 . Alo rs il existe un appartemen t A ′ con tenant F 1 et F 2 . D´ emonstration. Quitte ` a ´ ech anger x 1 , x 2 et changer les signes, on p eut supposer v ´ erifi ´ ee l’une des trois condit i ons suiv an tes : F 2 p ositive, x 1 = x 2 ou x 2 − x 1 ∈ T ◦ ( A ). Soit q un quartier (n ´ egat if si x 1 6 = x 2 ) de sommet x 2 dans A tel q ue x 1 ∈ q ; alors, par con v exit´ e, i l ex iste un appartemen t A 1 con tenant q et F 2 et cet appartemen t est isomo r phe ` a A par un 34 Guy Rousseau isomorphisme fixan t q . Ai nsi x 1 ≤ A 1 x 2 , et mˆ eme x 2 − x 1 ∈ T ◦ ( A 1 ), si c’est vrai dans A . On s’est donc ramen ´ e au cas o ` u F 2 ⊂ A . On voit facilemen t q u’ i l ex iste dans A 1 un quarti er (p o sitif si x 1 6 = x 2 ) q 1 de sommet x 1 tel q ue F 2 ⊂ q 1 . Par conv exit´ e i l existe un appartement A ′ con tenant F 1 et q 1 , donc aussi F 2 . Prop osition 5.2. Sous les hypoth` eses de la propo sition 5. 1, supp osons de plus x 1 = x 2 et les deux facettes lo cales F 1 , F 2 de mˆ eme signe. Alors deux appartemen ts con tenan t F 1 et F 2 son t isomorphes par un isomorphisme fixa n t F 1 et F 2 . N.B. Il r´ esulte de la d´ emonstration qui suit que, si deux appartemen ts con t iennen t une m ˆ eme c ham bre lo cale C 0 en x , leur in tersection est (lo calemen t) conv exe par galeries : toute gal erie tendue d’une c ham bre lo cale en x ` a une facette lo cale en x de cett e in tersection est en ti` eremen t con ten ue dans cette in tersection. De plus tout i somorphisme fixan t C 0 en tre les deux a ppartemen ts fixe toutes les cham bres de ces galeri es. D´ emonstration. On se ram` ene par l e pro c ´ ed´ e habituel [ Bro wn-89 ; IV 1 ] au cas o ` u l’une des deux facettes ( e .g. F 2 ) est une cham bre. Soien t A un appartemen t con tenan t F 1 , F 2 et q 2 le quartier de sommet x = x 1 = x 2 dans A engendr ´ e par F 2 . Si A ′ est un autre appartemen t con tenant F 1 et F 2 , on consid` ere dans A ′ une galerie de ch am bres local es en x : F 2 = C 0 , C 1 , . . . , C n ⊃ F 1 qui est mi nimale ( de C 0 ` a F 1 ). En particuli er le type de cette galerie donne un mot r´ eduit de W v , donc dans to ut appartemen t A ′′ con tenant C 0 , C 1 , . . . , C k − 1 , ces c hambres lo cales sont toutes du mˆ eme cˆ ot´ e du mu r ( ´ even tuellemen t fan tˆ ome) de A ′′ con tenant la cloison C k − 1 ∩ C k . En utilisant 2.9.1 successiv emen t p our les m urs s ´ eparant C k − 1 et C k , on trouv e un appartement A 2 de I con tenan t q 2 , C 0 , C 1 , . . . , C n et donc F 1 ; de plus la galerie C 0 , C 1 , . . . , C n est minimal e de F 2 ` a F 1 dans cet appartemen t A 2 . D’ a pr ` es (MA4) A ⊃ cl A 2 ( F 1 , Q 2 ) = cl A 2 ( F 1 , q 2 ) ⊃ cl A 2 ( F 1 , C 0 ) ⊃ C 0 ∪ C 1 ∪ . . . ∪ C n et il existe un isomorphisme ϕ : A 2 → A fixant cet enclos. D’apr ` es (MA2) a ppliqu ´ e ` a C 0 = F 2 , il existe un isomorphisme ψ : A ′ → A 2 qui fixe C 0 . Mais les c ham bres l o cales C 0 , C 1 , . . . , C n son t dans A ′ et A 2 , donc, par r ´ ecurrence, ψ fixe c haque C j . Finalemen t l’ i somorphisme ϕ ◦ ψ fixe F 1 et F 2 , c’est l’isomorphisme c herc h´ e. 5.3. Immeuble s r ´ esiduel s Soit x un p oint de la masure I . 1) On note I + x (resp. I − x ) l’ensemb le des germes de segmen ts p ositifs (resp. n ´ egatifs) [ x, y ) de I et I x = I + x ∪ I − x . Si A est un appartemen t de I con tenan t x , on note A + x (resp. A − x ) l’ ensem ble de ces germes de segmen ts p ositifs (resp. n´ egatifs) conten us dans A et A x = A + x ∪ A − x . Dans le cas fini A x = A + x = A − x (resp. I x = I + x = I − x ) est la ”sph ` ere unit´ e tangente” en x ` a A (resp. I ). Si F est une facette ou une facette l o cale de I p osi tive (resp. n ´ egative ) contenan t x dans son adh ´ erence, on note F x l’ensem ble des germes de segmen ts po si tifs (resp. n´ egatifs) [ x , y ) p our ] x, y ) ⊂ F . Masures affines 35 2) Soient ε = ± et A un appartement con t enan t x . Le choix de x comme origine iden ti fie A ` a V ( A ). Alo rs A ε x est iden ti fi ´ e ` a l’ensem ble V ( A ) sε des demi-droites d’ori gine 0 de ε T ( A ) ⊂ V ( A ) ; il h´ erite des deux structures de complexes de Coxeter que l ’on v a d ´ efinir sur ε T ( A ) : - La structure non restreinte est celle d´ ecrite en 1.3 (p our V ), son group e de W eyl est W v ( A ) ≃ W v . Les facettes corresp ondan tes dans A ε x son t l es F ℓ x o ` u F ℓ est une facette lo cale en x de signe ε con tenu e dans A . Les m urs corresp ondants son t ´ even tuellemen t fan tˆ omes. - La structure restrein te a p our group e de W eyl le sous-group e W v ( A ) x de W v ( A ) engendr ´ e par les r ´ eflexions vectorielles par rapport aux directions des (vra i s) m urs de A con tenan t x . Ce group e est un group e de Co x eter p our un ensem ble de g ´ en ´ erateurs ´ even tuellemen t infini [ D´ eo dhar-89] ; des r´ esultats compl ´ ementaires son t prouv´ es dans [Tits-88] ainsi que dans [B ardy-96 ; 5.1] ou [Moo dy-Pianzola-95 ; 5.7 ] (o ` u la restriction ` a un con tex t e l´ eg ` eremen t diff´ eren t p eut ˆ etre lev´ ee), la meilleure r ´ ef´ erence ici sem bl e ˆ et re [H ´ ee-90], malheureusemen t p eu disp o ni bl e. Il r ´ esulte de ces rai sonnemen ts q ue A ε x est m uni d’une structure de complexe de Co x eter don t les m urs son t les (vrai s) m urs de A contenan t x et don t les facettes son t les F x o ` u F est une facette de A de signe ε don t l’adh´ erence con tien t x . Ce complexe de Co xeter p eut cep endan t ˆ etre tronqu ´ e, car l’ensem ble des facettes F x dans l’adh ´ erence d’une cham bre C x p eut ne pas ˆ etre en bijection (d ´ ecroissan te) a v ec l’ensem ble des parties de l’ensem ble des cloisons de C x . P ar contre le group e W v ( A ) x (agissan t sur A en fixant x ) est bien simplemen t transitif sur les c ham bres C x de mˆ eme signe et engendr ´ e par l ’ ensem ble S ( C 0 x ) (´ even tuellemen t infini) des r ´ eflexions par rapp ort aux m urs de l’une de ces c hambres C 0 x , voir [Tits-88 ; prop.3]. L’a xiome (MA2) et cette simple transitivit´ e mon tren t que le syst ` eme de Coxeter ( W v ( A ) x , S ( C 0 x )) ne d ´ ep end pas, ` a i somorphisme unique pr ` es, des choix de A et C 0 x , on le note ( W v x , S x ) ; bien sur W v x est un sous-groupe de W v . 3) On mu nit les appartemen ts A ε x de I ε x de l’une des deux structures de complexe de Co x eter d ´ ecrites ci-dessus. Alors les prop ositions 5.1 et 5.2 mon t rent q ue I ε x a v ec ses appartemen ts est un immeuble a u sens classique, cf . e. g. [ Bro wn-89 ; IV 1]. On note C h r ( I ε x ) l’ ensem ble des cham bres de I ε x p our la structure restreinte. Il est mu ni d’ une W v x − distance d r ε (v ´ erifian t les ax i omes de [Tits-92 ; 2.1] ou [R´ em y - 02 ; 2.3 . 1] puisqu’elle traduit la structure d’immeuble) : on choisit un appartemen t A 0 con tenant x et une c hamb re p ositive C 0 de A 0 con tenant x dans son adh ´ erence. Si C x , C ′ x ∈ C h r ( I ε x ), on choisit un appartemen t A con tenan t les c hambres correspo ndantes C , C ′ et on iden tifie A ` a V ( A ) par le c hoix de x p our orig ine. D’apr` es (MA2) il exist e un isomo rphisme ϕ de ( A 0 , x ) sur ( A, x ). Alors, si ϕ − 1 ( C ) = εw C 0 et ϕ − 1 ( C ′ ) = εw ′ C 0 p our w , w ′ ∈ W v ( A 0 ) x ≃ W v x , on d´ efinit d r ε ( C x , C ′ x ) = w − 1 w ′ ; ceci ne d´ ep end pas des c hoi x effec tu ´ es. On note C h nr ( I ε x ) l’ensem ble des c ham bres de I ε x p our la structure non restrein te. 36 Guy Rousseau Il est m uni d’une W v − distance d nr ε , d ´ efinie de mani ` ere analogue ` a la pr ´ ec´ eden te et q ui traduit la structure non restrein t e d’immeuble sur I ε x , cf. [Gaussen t-Rousseau-08 ; sect. 4.5]. On suppose dans l e r este de ce § 5 la masure I ordonn ´ e e . Prop osition 5.4. Dans la masure ordonn ´ ee I , on consid ` ere deux appartemen ts A 1 , A 2 et deux p oints distincts x, y de A 1 ∩ A 2 v ´ erifian t x ≤ A 1 y (resp. x ◦ ≤ A 1 y ) . Al ors x ≤ A 2 y (resp. x ◦ ≤ A 2 y ) et il existe un isomorphisme de A 1 sur A 2 qui fixe cl A 1 ([ x, y ]) . Cons´ equence s. 1) On p eut donc d ´ efinir des relations ≤ et ◦ ≤ dans la ma sure ordonn ´ ee I : P our t o us x, y ∈ I , on dit que x ≤ y (resp. x ◦ ≤ y ) si et seulemen t si il existe un appartemen t A de I con tenan t x, y tel que x ≤ A y (resp. x ◦ ≤ A y ) (ceci ne d ´ ep end pas du c hoi x de A ). On v a voir en 5.9 q ue ≤ ou ◦ ≤ est un pr ´ eordre. Bi en sur x ◦ ≤ y ⇒ x ≤ y . 2) Pour x ≤ y dans I , le segmen t [ x, y ] et mˆ eme son enclos est ind ´ ep endan t de l’appartemen t c hoi si con tenant x et y . On p eut en particulier parler de c onvexit´ e pr ´ eor donn´ ee dans I . D´ emonstration. 1) D’apr ` es l’axiome ( MA O), on a [ x, y ) A 1 = [ x, y ) A 2 ⊂ A 1 ∩ A 2 ; l’a xiome (MA2) dit donc qu’il existe un isomorphisme ϕ de A 1 sur A 2 qui fixe [ x, y ). Ainsi, dans A 2 , [ x, y ) est un germe de segmen t p ositif (resp. et g´ en ´ erique) et donc x ≤ A 2 y (resp. x ◦ ≤ A 2 y ) . 2) Notons ∆ 1 (resp. ∆ 2 ) la demi-droi t e de A 1 (resp. A 2 ) d’origine x (resp. y ) et con tenant y (resp. x ). Ces deux demi-droit es son t pr ´ eordonn ´ ees et on t en comm un le segmen t [ x, y ]. On v a prouv er l’existence d’un appartement les con tenan t toutes les deu x et dans lequel leur r ´ eunion ∆ est une droite. Soit Q 2 un germe de quartier de A 2 con tenant la direction de ∆ 2 dans son adh ´ erence. D’ a pr` es (MA3) et par compacit ´ e de ∆ 1 ∪ {∞} ( cf . la preuv e de 2.7) il existe des p oints distincts y 1 = x, y 2 = y , y 3 , . . . , y n dans cet ordre sur ∆ 1 et des appartemen ts A 2 , A 3 , . . . , A n , A n +1 con tenant tous Q 2 et resp ectiveme n t [ y 1 , y 2 ] , [ y 2 , y 3 ] , . . . , [ y n − 1 , y n ], [ y n , ∞ ] = ∆ 1 \ [ x, y n [. L’appartemen t A 2 con ti en t ∆ 2 . L’appartemen t A 3 con ti en t y 2 et Q 2 et donc aussi ∆ 2 (par con vexit ´ e, cf. (MA4)). Mais y = y 2 ∈ [ x, y 3 ] A 1 et x ≤ A 1 y 3 ; d’apr ` es (MA O), [ x, y 3 ] A 1 = [ x, y 3 ] A 3 et y 2 ∈ [ x, y 3 ]. Ainsi ∆ 3 = ∆ 2 ∪ [ y 2 , y 3 ] est une demi-droite de A 3 d’origine y 3 dans l’en velopp e con v exe de Q 2 et y 3 . On est dans la situation du d ´ epart a v ec A 2 dev enu in util e. On a donc mon tr´ e, par r ´ ecurrence sur n , que A n +1 con ti en t ∆ = ∆ 1 ∪ ∆ 2 et que ∆ est une droite de A n +1 . 3) Un meilleur c hoix de l’appartement : Soit C v 1 une cham bre vectorielle de A 1 et F v 1 la facette vectorielle engendr ´ ee par la direction de ∆ 1 . On consid ` ere dans A 1 la c hemin´ ee pleine r 1 = cl ( g er m y ( y + C v 1 ) + F v 1 ) Masures affines 37 et son germe R 1 . Il est clair que cl ( x, R 1 ) ⊃ r 1 ⊃ ∆ 1 . Dans 2) ci-dessus on p eut supp oser que A ′ = A n +1 con ti en t Q 2 et R 1 ; on a vu qu’il con tien t ∆ 1 et ∆ 2 en particulier x et y . Ainsi A ′ con ti en t le quartier q 2 de A 2 de sommet y et direction Q 2 ainsi que la c hemin´ ee pleine r 1 . D’apr ` es l’axio me (MA4) on a un isomorphisme ϕ de A 1 sur A ′ fixan t cl ( x, R 1 ) ⊃ cl ([ x, y ]) et un i somorphisme ψ de A ′ sur A 2 fixan t cl ( q 2 ) ⊃ ([ x, y ]) . Ainsi ψ ◦ ϕ est l’isomorphisme c herch ´ e. Prop osition 5.5. Soien t A un appartemen t de l a masure ordonn ´ ee I , x 1 et x 2 deux p oin ts de A tels que x 1 ≤ A x 2 . On consid ` ere des facettes lo cales de I , F 1 et F 2 de sommets resp ectifs x 1 et x 2 . On supp ose x 2 − x 1 ∈ T ◦ ( A ) ou F 2 p ositive et F 1 n ´ egati v e. Alors, si des appartemen ts A ′ et A ′′ con ti ennen t F 1 et F 2 , ils contienn en t leur en ve lopp e con vexe et il existe un isomorphisme de A ′ sur A ′′ qui fixe cette en velopp e con ve xe. Remarque. On a montr ´ e l’ existence d’appartemen ts A ′ et A ′′ comme dans l’ ´ enonc ´ e en 5.1 (sous une hypot h ` ese moins restrictiv e) . Av ec l’hypot h ` ese ci-dessus, si Ω 2 (resp. Ω 1 ) est un ´ el ´ ement assez p etit du filtre F 2 (resp. F 1 ) conten u dans A ′ , alors pour tous y 2 ∈ Ω 2 et y 1 ∈ Ω 1 on a y 1 ≤ y 2 . D´ emonstration. On suppose Ω 2 et Ω 1 comme ci-dessus, conv exes et con ten us dans A ′ et A ′′ . D’apr ` es 5.4 A ′ ∩ A ′′ con ti en t [ y 1 , y 2 ] A ′ = [ y 1 , y 2 ] A ′′ p our tous y 2 ∈ Ω 2 et y 1 ∈ Ω 1 . Ainsi A ′ ∩ A ′′ con ti en t l’env elopp e con vexe de Ω 2 ∪ Ω 1 et donc de F 2 ∪ F 1 . P our construire l’isomorphisme de A ′ sur A ′′ on se ram` ene (par le pro c ´ ed ´ e habituel [Bro wn-89 ; IV 1 ]) au cas o ` u l’une des facettes lo cales ( e.g. F 1 ) est une c hambre. Soien t y 1 ∈ Ω 1 tel que F 1 ⊂ cl ([ x 1 , y 1 )) et z 1 le mili eu de [ x 1 , y 1 ]. Alors z 1 est dans un ouvert de A ′ ou A ′′ con tenu dans cl ([ x 1 , y 1 ]) ∩ Ω 1 . D’apr` es 5.4 i l ex iste un isomorphisme ϕ de A ′ sur A ′′ qui fixe cl ([ x 1 , y 1 ]). Soit z 2 ∈ Ω 2 , alors [ z 1 , z 2 ] ⊂ A ′ ∩ A ′′ rencon tre cl ([ x 1 , y 1 ]) selon un voisinage ouv ert de z 1 dans [ z 1 , z 2 ]. Donc ϕ est une bijection affine de [ z 1 , z 2 ] sur son i mage dans A ′′ qui est l’iden tit´ e sur un voisinage de z 1 . Or 5. 4 a ppli qu ´ e ` a [ z 1 , z 2 ] dit q ue l ’iden t it ´ e de [ z 1 , z 2 ] est une bijec tion affine (p our les structures affines h ´ erit ´ ees resp ectiv emen t de A ′ et A ′′ ), donc ϕ co ¨ ıncide av ec cette bijection affine ; en particulier ϕ ( z 2 ) = z 2 . Ainsi ϕ fix e Ω 2 et cl ([ x 1 , y 1 ]), donc Ω 1 (quitte ` a le remplacer par un ´ el´ emen t plus p et i t de F 1 ). Pour t 1 ∈ Ω 1 , t 2 ∈ Ω 2 le m ˆ eme raisonnemen t que ci-dessus mon tre que ϕ fixe [ t 1 , t 2 ]. Mais l’en veloppe con vexe de Ω 1 ∪ Ω 2 est la r ´ eunion de ces segmen ts, d’o ` u la prop osit ion. 5.6. Jume l age des immeuble s r´ esidue ls P our un p oint x de la masure ordonn´ ee I , on a d ´ efini (en 5.3) deux ensem bles I + x , I − x et deux structures d’immeubles sur c hacun d’eux, l a non restrein te de g roup e de W eyl W v et la restreinte de group e de W eyl W v x . P our chacu ne de ces structures on p eut d ´ efinir un jumelage de I + x et I − x . Le cas non restrein t ´ etan t trait´ e en d ´ etail dans [Gaussen t-Rousseau-08], on se concen tre ici sur le cas restreint. On d ´ efinit ci-dessous une application c o di stanc e : 38 Guy Rousseau d r ∗ : C h r ( I + x ) × C h r ( I − x ) ∪ C h r ( I − x ) × C h r ( I + x ) → W v x On c hoisit un app artemen t A 0 con tenant x et une c ham bre p ositive C 0 de A 0 con tenant x dans son adh ´ erence. Si ε = ± , C x ∈ C h r ( I ε x ) et C ′ x ∈ C h r ( I − ε x ), o n c hoisit un appartemen t A con tenan t les c hambres corresp ondan tes C , C ′ et on iden tifie A 0 ` a V ( A 0 ) par le choix de x comme origine. D’apr ` es (MA2) i l existe un i somorphisme ϕ de ( A 0 , x ) sur ( A , x ). Alors, si ϕ − 1 ( C ) = εw C 0 et ϕ − 1 ( C ′ ) = − εw ′ C 0 p our w , w ′ ∈ W v ( A 0 ) x ≃ W v x , on d ´ efinit d r ∗ ( C x , C ′ x ) = d r − ε ( − C x , C ′ x ) = d r ε ( C x , − C ′ x ) = w − 1 w ′ ; ceci ne d ´ ep end pas des ch oix effectu ´ es d’apr ` es 5.5. Prop osition. d r ∗ est un jumelage des immeubles I + x et I − x m unis de l eurs structures restrein t es. Remarque. On a de mˆ eme un jumelage d nr ∗ (co distance ` a v aleurs dans W v ) de ces immeubles m unis de leurs structures non restrein tes. D´ emonstration. Il faut v´ erifier l es axiomes de [Tits-92 ; 2.2] , voir aussi [R´ em y -02 ; 2.5 . 1]. On a d r ∗ ( C ′ x , C x ) = w ′− 1 w = d r ∗ ( C x , C ′ x ) − 1 , d’o ` u ( Tw1). Soi ent mainten an t C x ∈ C h r ( I ε x ) et C ′ x , C ′′ x ∈ C h r ( I − ε x ) des c hambres telles que d r ∗ ( C x , C ′ x ) = w ∈ W v x et d r − ε ( C ′ x , C ′′ x ) = s ∈ S x , av ec ℓ ( w s ) = ℓ ( w ) − 1 (longueurs cal cul ´ ees dans le syst` eme de Coxeter ( W v x , S x ) ) . Soit A un appartemen t con tenan t C et C ′ (et donc x ) ; o n c hoi si t de r ´ ealiser ( W v x , S x ) dans A par le c hoix de εC comme c hambre fondamen tal e. Comme ℓ ( w s ) = ℓ ( w ) − 1, le (vrai ) m ur M engendr ´ e par la cloison de − εC ′ de t y p e { s } s ´ epare − εC ′ de εC ; ainsi C et C ′ son t du mˆ eme cˆ o t´ e de M . D’a pr ` es 2.9 . 1 il existe un appartemen t A ′ con tenant C , C ′ et C ′′ . Dans cet appartemen t C ′ = w . ( − C ) et C ′′ = ( w sw − 1 ) .C ′ donc C ′′ = w s. ( − C ) et d r ∗ ( C x , C ′′ x ) = w s , c’est l’axi ome (Tw2). P our v´ erifier l e t roisi ` eme ax iome (Tw3 ), soi ent C x ∈ C h r ( I ε x ), C ′ x ∈ C h r ( I − ε x ), w = d r ∗ ( C x , C ′ x ) ∈ W v x et s ∈ S x . Dans un appartemen t A contenan t C et C ′ , consid ´ erons la c hambre C ′′ 6 = C ′ adjacen te ` a C ′ le long de la cloison de t y p e { s } . On a bien d r − ε ( C ′ x , C ′′ x ) = s et d r ∗ ( C x , C ′′ x ) = w s comme demand ´ e. Prop osition 5.7 . Soien t C − , C deux cham bres n ´ egatives d’un immeuble jumel´ e (de group e de W eyl W ) et C + une c hambre p o si t iv e opp os ´ ee ` a C − . On consid ` ere un appartemen t jumel ´ e A = A − ∪ A + con tenant C et la r´ etraction ρ = ρ A,C de l’immeuble sur A de centre C . On note w − et w + les ´ el ´ ements de W = W ( A ) tels que ρ ( C − ) = w − C et ρ ( C + ) = − w + C ( la c ham bre de A + opp os ´ ee ` a w + C ∈ A − ). A lors w + ≤ w − p our l’ordre de Bruhat-Chev al ley sur W ( A ) corresp o ndant au c hoix du syst` eme de g ´ en´ erateurs form´ e des r ´ eflexions par rapport aux murs de C (ou − C ) . D´ emonstration. On a w + = d ∗ ( C , C + ) et w − = d − ( C , C − ). La relatio n d ∗ ( C , C + ) ≤ d − ( C , C − ) o u plutˆ ot d ∗ ( C + , C ) ≤ d − ( C − , C ) est exactemen t ce qu’obtient P eter Abramenk o au cours de la d ´ emonstrat ion de ℓ ( d ∗ ( C + , C )) ≤ ℓ ( d − ( C − , C )) dans sa Remark 3 page 24 de [Abramenk o-96]. Masures affines 39 Corollaire 5.8 . Soien t Q = g er m ∞ ( x 0 − C v ) un germe de q uartier n ´ ega t if dans un appartemen t A de la masure ordonn´ ee I , ρ = ρ A, Q la r ´ etr a ct ion sur A de cen tre Q ( cf . 2.6) et x ≤ y deu x p oints de I . Alors l’ image ρ ([ x, y ]) du segmen t [ x, y ] dans A est une ligne bris ´ ee q ui est ”pli ´ ee p o si tive men t ”, c’est ` a dire : p our tout z 1 = ρ ( z ) ∈ ρ (] x, y [) , on note π + = ρ ([ z , y )) (resp. π − = ρ ([ z , x )) ) et w + (resp. w − ) l’´ el ´ ement minimal de W v tel que π + ⊂ w + ( z 1 + C v ) (resp. π − ⊂ w − ( z 1 − C v ) ), on a alors w + ≤ w − p our l’ordre de Bruhat-Chev alley . Remarques. 1) L’ordre de Bruhat-Chev alley c hoi si sur W v = W v ( A ) corresp ond au c hoi x du syst ` eme de g´ en ´ erateurs form´ e des r ´ eflexions par rapp ort aux murs de la ch am bre v ectorielle C v de A . 2) La relation ≤ et l e segmen t [ x, y ] son t bien d´ efinis dans I (5.4). On a d ´ emontr ´ e en 2.8 que ρ ([ x, y ]) est une ligne bris ´ ee ”croissan te”, en particulier π + (resp. π − ) est un germe de segmen t posit if (resp. n´ egatif ) en z 1 . D´ emonstration. D’apr` es (MA2) on p eut supp oser que A con t i en t Q et [ z , x ), donc z = z 1 et π − = [ z , x ). Consid´ erons la c ham bre lo cale (en z ) C = g er m z ( z − C v ). Par d ´ efinition de w − on a π − ⊂ C − = w − C . Dans un appartemen t con tenan t C − et [ z , y ) (5.1), on note C + la c hambre lo cale en z oppo s´ ee ` a C − et w ′ + = d nr ∗ z ( C , C + ). Il est clair que π + ⊂ ρ ( C + ) = w ′ + .g er m z ( z + C v ) ⊂ w ′ + . ( z + C v ), donc w + ≤ w ′ + [Humphreys-90 ; 5.12 p. 123] . Il est cl a ir que ρ induit dans l’immeuble jumel´ e I z (a v ec sa structure non restrein t e) la r ´ etracti on de cen tre C z . De pl us C + z et C − z son t oppos´ ees et se r´ etracten t resp ectiv emen t sur − w ′ + C z et w − C z . Enfin les c hoix de syst` emes de g´ en ´ erateurs d e W v = w v ( A ) effectu ´ es en 5.7 et 5.8 sont les m ˆ emes. D’ apr ` es 5.7 on a w ′ + ≤ w − , donc w + ≤ w − . Th´ eor` eme 5.9. Dans la masure ordonn ´ ee I la relation ≤ ou ◦ ≤ (d ´ efinie en 5.4.1) est un pr ´ eordre. Plus pr ´ ecis´ emen t si tr o is p oi nts x , y et z dans I son t tels q ue x ≤ y et y ≤ z , alors x ≤ z et en particulier les p oin ts x , z son t dans un m ˆ eme appartemen t ; de mˆ eme p our ◦ ≤ . Remarque. D’apr` es 1.5.4 la relat ion ◦ ≤ est une relat i on d’ordre en dehors du cas fini (o ` u elle est t riviale). On a x ≤ y , y ◦ ≤ z , y 6 = z (ou x ◦ ≤ y , y ≤ z , x 6 = y ) ⇒ x ◦ ≤ z . D´ emonstration. On supp ose x 6 = y et y 6 = z . Dans le cas semi-discret, i l suffit de traduire mot ` a mot la d ´ emonstrat i on du Theorem 6.9 de [Gaussen t-Rousseau-08] en ra joutant au dictionnaire les traductions suiv an tes : [ l.c. ; sect. 4.3.4 ou lemma 6.1 1] 7→ 5.1 et 5.5, [ l.c. ; sect. 4.4] 7→ 2.7.1 et [ l.c. ; prop. 6. 1] 7→ 5.8. P our le cas g ´ en ´ eral il faut r ´ eorga ni ser les ingr´ edien ts de cette d´ emonstration : 1) Pour z ′ ∈ [ y , z [ tel que x ≤ z ′ , on c hoisit un appartemen t A con tenant [ z ′ , x ) et [ z ′ , z ) ( 5.1) ; cet appartemen t a un sy st ` eme de racines r´ eelles asso ci ´ e Φ ( A ) et on d ´ efinit l’ensem ble fini Φ( z ′ ) des racines α ∈ Φ( A ) telles que α ( z ′ ) > α ( x 1 ) et α ( z ′ ) > α ( z 1 ) p our certains x 1 ∈ [ x, z ′ ] ∩ A et z 1 ∈ [ z , z ′ ] ∩ A . Comme [ z ′ , x ) et [ z ′ , z ) sont pr´ eordonn ´ es, 40 Guy Rousseau 5.5 mon tre q ue Φ( z ′ ) d ´ ep end, ` a isomorphisme pr ` es, seulemen t de [ z ′ , x ) et [ z ′ , z ) mais pas de A . On raisonne par r ´ ecurrence sur | Φ( y ) | ; s’il v aut − 1 le th ´ eor` eme est d ´ emon tr´ e. 2) D’apr ` es 5.1, il existe un appartemen t A 1 con tenant x et [ y , z ). On choisit une c hambre vectorielle C v dans A 1 telle que son syst ` eme de raci nes p osi tive s asso ci´ e Φ + ( C v ) con ti enne les raci nes α ∈ Φ( A 1 ) telles que α ( y ) > α ( x ) ou α ( y ) = α ( x ) et α ( z 1 ) > α ( y ) (p our un z 1 ∈ [ y , z ] ∩ A 1 ) ; en part iculier [ x, y ] ⊂ ( y − C v ) ∩ ( x + C v ) et [ y , z ) ⊂ x + C v . Main tenan t si α ∈ Φ + ( C v ) est tel que α ( z 1 ) < α ( y ) (p our un z 1 ∈ [ y , z ] ∩ A 1 ) alors α ( y ) > α ( x ) ; donc Φ( y ) (calcul ´ e dans A 1 ) est l’ensem ble des racines α ∈ Φ + ( C v ) tel l es que α ( z 1 ) < α ( y ) (p our un z 1 ∈ [ y , z ] ∩ A 1 ). Soien t Q le germe de quartier associ´ e ` a − C v dans A 1 et ρ la r´ etraction de cen tre Q sur A 1 . 3) On note Σ 1 = [ y , Z ] le segmen t de A 1 d’origine y , con t enan t [ y , z ) et affinemen t isomorphe ` a [ y , z ]. On note Z 1 le p oint le plus ´ eloign´ e de y dans Σ 1 ∩ ( x + C v ), donc ∀ Z 2 ∈ [ y , Z 1 ], x ∈ Z 2 − C v . On note enfin z 1 ∈ ] y , z ] le p oi n t corresp ondan t ` a Z 1 par l’isomorphisme affine de [ y , Z ] sur [ y , z ] . Comme en 2.7.1 on obti en t une suite y 0 = y , y 1 , . . . , y n = z 1 ∈ [ y , z 1 ] et des appartemen ts A 1 , A 2 , . . . , A n tels que A i con ti enne Q et [ y i − 1 , y i ]. En particulier x ∈ y 1 − C v et x ≤ y 1 (resp. x ◦ ≤ y 1 ) : le th´ eor ` eme est d´ emon tr´ e si y 1 = z . Si y 1 6 = z on raisonne par r´ ecurrence sur n. On consid ` ere l’appartement A 2 ci-dessus si n ≥ 2 et un appartemen t A 2 con tenant [ y 1 , z ) et y 1 − C v (donc aussi x et Q ) si n = 1 i.e. y 1 = z 1 6 = z . On v a maintenan t comparer Φ( y ) et Φ( y 1 ). 4) La r ´ etracti on ρ en voie isomorphiquemen t A 2 sur A 1 . Ceci p ermet d’iden ti fier Φ( y 1 ) av ec l’ensem ble Φ ′ ( y 1 ) des racines α ∈ Φ( A 1 ) t elles que α ( y 1 ) > α ( x ) (donc α ∈ Φ + ( C v )) et α ( y 1 ) > α ( ρz 2 ) (p our un z 2 ∈ [ y 1 , z ] ∩ A 2 ). On a ρ ([ y 1 , z ) ) = y 1 + [0 , 1) w + λ , [ y , y 1 ) = y + [0 , 1) w − λ p our un certain λ ∈ C v et certains w + , w − ∈ W v , av ec w + ≤ w − d’apr ` es 5.8. En particulier, p our α ∈ Φ + ( C v ), α ( y 1 ) > α ( ρz 2 ) signifie α ( w + λ ) < 0, donc Φ ′ ( y 1 ) ⊂ { α ∈ Φ + ( C v ) | α ( w + λ ) < 0 } et (comme w + est c hoi si minimal) cet ensem ble a p our cardinal ℓ ( w + ). Mais nous av ons v u en 2) que Φ ( y ) = { α ∈ Φ + ( C v ) | α ( w − λ ) < 0 } . Donc, comme w + ≤ w − , | Φ ′ ( y 1 ) | ≤ ℓ ( w + ) ≤ ℓ ( w − ) ≤ | Φ( y ) | . Si | Φ ′ ( y 1 ) | < | Φ( y ) | l e th ´ eor` eme est d ´ emontr ´ e par r´ ecurrence. Sinon les 4 nom bres ci-dessus sont ´ egaux ; en particulier, comme w + ≤ w − , on a w + = w − et Φ ′ ( y 1 ) = Φ( y ). 5) Si y 1 = z 1 6 = z , alors, par d ´ efinition, il existe α ∈ Φ + ( C v ) tel que α ( Z ) < α ( y 1 ) = α ( x ), donc α ( Z ) < α ( y ). Ainsi α ∈ Φ( y ) et α / ∈ Φ ′ ( y 1 ) ; c’est absurde. Donc main tenan t y 1 6 = z 1 . Co mme w + = w − , y et ρ ([ y 1 , z ) ) son t align ´ es dans A 1 . L’isomorphisme ρ de A 2 sur A 1 iden ti fie la cham bre vectorielle C v de A 1 d ´ efinie en 2) ` a celle que l ’on p eut d ´ efinir de la mˆ eme mani` ere dans A 2 a v ec y 1 (en effet, comme y 1 6 = z 1 , α ( y ) > α ( x ) ⇒ α ( y 1 ) > α ( x )). Si o n d ´ efinit Σ ′ 1 = [ y 1 , Z ′ ], Z ′ 1 ∈ Σ ′ 1 et z ′ 1 ∈ [ y 1 , z ] comme en 3) a ve c ( A 2 , y 1 , C v ) Masures affines 41 ` a la place de ( A 1 , y , C v ), l’isomorphisme ρ de A 2 sur A 1 en voie Σ ′ 1 sur [ y 1 , Z ] et Z ′ 1 sur Z 1 ; donc z ′ 1 = z 1 . Le rai sonnemen t de l’´ etap e 3) (pour y 1 et A 2 ) fournit alors les m ˆ emes p oin ts y 1 , . . . , y n = z 1 ∈ [ y 1 , z 1 ]. On est donc pass´ e de n ` a n − 1 et le th ´ eor ` eme est prouv ´ e par r ´ ecurrence. Remarque 5.10. Ce t h´ eor ` eme est le meilleur r´ esultat de cet article p our caract´ eriser des paires de p oin ts de la masure ordonn ´ ee I q ui sont si t u ´ es dans un mˆ eme appartemen t. Dans l e cas fini, on a x ≤ y (et mˆ eme x ◦ ≤ y ) p our tous x , y dans un m ˆ eme appartemen t A . Pour tous x, y ∈ I il existe un p oin t z et deux appartemen ts A 1 , A 2 tels que x, z ∈ A 1 et y , z ∈ A 2 ; on a donc x ≤ z ≤ y et x , y son t dans un m ˆ eme appartemen t d’apr ` es 5.9. D’apr` es 5.1 et 5.5 deux facettes de I son t donc toujours conten ues dans un m ˆ eme appartemen t A , qui est unique ` a un isomorphisme fixant les deux facettes pr` es. Ainsi 5.9 p eut ˆ etre vu comme une g´ en ´ erali sation de [ Bruhat-Tits-72 ; 7.3. 4 et 7.3.6]. Si le group e de W eyl W v de la masure ordonn ´ ee I est affine, il existe une forme lin ´ eaire δ sur V (la ”plus p etite racine imagi naire posi tive ”) qui est com bi nai son lin ´ eai re ` a co efficients p ositifs des α i , in v arian te par W v et telle que T ◦ = { v ∈ V | δ ( v ) > 0 } , T = T ◦ ∪ V 0 . Chaque appartemen t A est m uni d’une forme li n ´ eaire δ A telle q ue x ≤ A y ⇔ δ A ( y − x ) > 0 ou x − y ∈ V 0 ; de plus δ A ( y − x ) est ind ´ ep endan t du choix de l’appartemen t A contenan t x et y . Choisissons un germe de quarti er p ositif Q , on p eut donc d´ efinir δ Q ( y − x ) p our tous x , y dans I par δ Q ( y − x ) = δ A ( ρy − ρx ) p our tout appartemen t A con tenan t Q et p our ρ = ρ A, Q . D’a pr` es 2.7.1 on a δ Q ( y − x ) = δ A ( y − x ) d ` es que x , y ∈ A et δ A ( y − x ) 6 = 0. Donc y ≥ x et y 6 = x ⇒ δ Q ( y − x ) > 0. Ho w ard Garland [199 5 ] consid ` ere la situati on d’un group e de lacets sur un corps discr ` etemen t v alu´ e K (on supp osera ici que son corps r ´ esiduel con tien t C ). Pl us pr ´ ecis´ emen t, p our un gro up e semi-simple simplemen t l a c´ e G , il ´ etudie un sous -group e b G b de G ( K (( t )) ) qui est con ten u dans l e g roup e engendr ´ e par U max + Q et U − Q (notations de [Gaussen t-Rousseau-08 ; sect. 3 . 2 et 3.3] en consid ´ eran t le group e de Kac-Mo o dy G 1 = G ( K [ t, t − 1 ]) ⋊ K ∗ ). Il sem ble q ue b G b n’agisse que sur un espac e I ′ plus gros que la masure I construit e dans l.c . po ur G 1 , mais il fix e Q . Da ns I ′ la d ´ ecomp ositio n de Cartan t o rdue que Garl a nd prouv e sem ble mon trer q ue, si x, y ∈ I ′ et δ Q ( y − x ) > 0, il existe un appartemen t con tenan t x, y et Q . On p eut donc se demander si la r´ ecipro que de la derni` ere phrase de l’alin ´ ea pr ´ ec´ eden t est vrai e dans to ut e masure ordonn´ ee de group e de W eyl W v affine. Un tel r ´ esultat pr ´ eciserait b eaucoup l e th ´ eor` eme 5.9 : presque toutes les paires de p oin ts seraien t con ten ues dans un mˆ eme appartemen t. § 6. Masures asso ci´ ees ` a cer tains group es de Kac-Mo o dy Dans ce dernier paragraphe on se prop ose de mon trer q ue l es masures (hov els) construites dans [Gaussen t-Rousseau-08] (ou en t o ut cas la plupart d’en tre elles) formen t 42 Guy Rousseau des masures affines, ordonn ´ ees, ´ epaisses et semi-discr ` etes au sens adopt ´ e i ci. On ne rapp ellera pas toutes les d ´ efinitions in tro duites dans lo c. cit. . 6.1. La situation On consid` ere donc un groupe de Kac-Mo o dy G d ´ efini sur un corps K mun i d’une v aluation discr ` ete ω p our laquelle le corps r ´ esiduel κ con tien t C . On supp ose que G v´ erifie les h yp oth` eses tech niques de lo c. cit. ; en parti culier il est d ´ eploy ´ e et sym´ etrisable. On supp ose de plus q u’il v´ erifie l’ h y p oth ` ese (SC) de [ l.c. ; sect. 2.1.5] : (SC) Q ˇ = P i ∈ I Z α ˇ i est sans cotorsion dans Y . En fait , d’apr ` es l e raisonnemen t de lo c. cit. , on doit pouvoir toujours se ramener ` a ce cas sans b eaucoup c hanger l’espace I . On a construit dans lo c. ci t. un ensem ble I , muni d’un recouvremen t par un ensem ble A de sous-ensem bles app el ´ es appartemen t s. T ous ces appartemen ts sont p erm ut ´ es par G ( K ) et donc isomorphes ` a un appartemen t fondamen tal A f = A . Le stabilisateur de A f est un groupe N ( K ) (normalisateur du tore fondamen tal T f de group e de caract ` eres (resp. co caract` eres) X ( resp. Y )) qui agi t sur A par un group e W Y . L’espace A est un appartement semi-discret au sens de 1.4 ci-dessus. On le consid ` ere comme mo d ´ er ´ emen t imaginaire, car mun i des m urs d ´ ecrits en 1.2.1 et 1.4. d. Le group e W Y est un groupe de transformatio ns affines stabil i san t l’ensemb le des murs r´ eels ou imaginaires et con tenan t le group e de W eyl affine W (engendr ´ e par les r ´ eflexions par rapp ort aux m urs r´ eels). En particulier W Y normalise W . Ainsi tout appartemen t de A est m uni d’une structure d’appartemen t de type A et l’ax iome (MA1) est v´ erifi ´ e. 6.2. Le sous-gro up e G ( K ) 1 Le group e Y 1 = Y /Q ˇ est ab´ elien libre. C’est l e groupe des co caract` eres d’un tore T 1 (de group e de caract ` eres X 1 = { χ ∈ X | χ ( Q ˇ ) = 0 } ) et l’homo mo rphisme naturel δ de T f sur T 1 se prol o nge en un homomorphisme δ de G sur T 1 trivial sur tous les sous- group es radiciels : il suffit, p our tout corps K ′ con tenant K , de consid´ erer la pr ´ esen tati on de G ( K ′ ) donn ´ ee par J. Tit s, cf. [R´ em y -02 ; 8.3 .3 et 8.4 .2]. Si O est l’ anneau des en tiers de ( K , ω ), on a T 1 ( K ) /T 1 ( O ) ≃ Y 1 et on note G ( K ) 1 le sous-groupe distingu´ e G ( K ) 1 = δ − 1 ( T 1 ( O )) de G ( K ), donc G ( K ) /G ( K ) 1 ≃ Y 1 . Si T f ( K ) 1 = T f ( K ) ∩ G ( K ) 1 , on a T f ( K ) /T f ( K ) 1 ≃ Y 1 . On sait que l’image ν ( N ( K )) de N ( K ) dans l e group e des automorphismes a ffines de A f = A est W Y = W v ⋉ Y , que ν ( T f ( K )) = Y et que Ker ν = H = T f ( O ). En fait N ( K ) ∩ G ( K ) 1 a p o ur image (par ν ) W = W v ⋉ Q ˇ ; en effet, comme δ est trivial sur l es sous-group es radiciels de G , G ( K ) 1 con ti en t des repr ´ esen tan ts dans N ( K ) de g ´ en´ erateurs de W v . On sait qu’un poi n t ou un germe de q uartier a un b on fixa t eur [Gaussen t-Rousseau- 08 ; sect 4.1 et 4.2.4] et qu’ un p oin t et un germe de q uartier son t toujours con ten us dans Masures affines 43 un m ˆ eme appartemen t [ l.c . ; sect 4.3 .3], le lemme suiv an t mon tre donc que G ( K ) 1 est transitif sur A . Comme l e stabilisateur dans G ( K ) 1 de A f est N ( K ) ∩ G ( K ) 1 qui agit sur A f via W , il est clair que c haque appartemen t de I est mu ni d’une unique structure d’appartemen t de type A (au sens de 1 . 13) et que tout ´ el´ emen t de G ( K ) 1 induit un isomorphisme d’un appartemen t quelconque de I sur son image. Lemme 6.3. Soit Ω ⊂ A un filtre qui a un a ssez b on fixateur, alors G Ω = b P Ω est con tenu dans G ( K ) 1 , en particulier il induit un isomorphisme en tre un appartemen t et son image. Bien sur G Ω p erm ute transitivemen t les appartemen ts con tenan t Ω . D´ emonstration. On a G Ω = ( G Ω ∩ U + ) . ( G Ω ∩ U − ) . b N Ω (` a l’´ ec hange de + et − pr ` es). On sait que δ est trivial sur U + et U − , il suffit donc de v oir q ue b N Ω ⊂ G ( K ) 1 . Mais ν ( b N Ω ) = b N Ω /H est le fixateur de Ω dans W Y , on doit mon trer qu’il est dans W . Soit w = w v .y ∈ W Y = W v ⋉ Y (a v ec y ∈ Y et w v ∈ W v ) qui fixe un p oi n t x de A ; comme w v fixe x ` a Q ˇ ⊗ R pr ` es, y doit ˆ etre dans Y ∩ ( Q ˇ ⊗ R ) = Q ˇ : on a bien w ∈ W = W v ⋉ Q ˇ . 6.4. Group e parab olique asso ci´ e ` a une facette v ect orielle F v de A On associe ` a F v un ensem ble parabo l ique de racines Φ( F v ) = Φ m ( F v ) ∪ Φ u ( F v ) a v ec Φ( F v ) = { α ∈ Φ | α ( F v ) ≥ 0 } , Φ m ( F v ) = { α ∈ Φ | α ( F v ) = 0 } = { α ∈ Φ | F v ⊂ M v ( α ) } et Φ u ( F v ) = Φ( F v ) \ Φ m ( F v ). On en d´ eduit des sous-group es de G ( K ) : - le sous-group e parab o lique P ( F v ) est en gendr ´ e par T f ( K ) et les U α ( K ) p our α ∈ Φ( F v ), - son facteur de L ´ evi M ( F v ) est engendr ´ e par T f ( K ) et les U α ( K ) p our α ∈ Φ m ( F v ), - son radical unip o t en t U ( F v ) est le plus p eti t sous-group e normal de P ( F v ) con tenant l es U α ( K ) p our α ∈ Φ u ( F v ), et on a la d ´ ecomp osit ion en pro duit semi-direct P ( F v ) = M ( F v ) ⋉ U ( F v ), cf. [Rousseau-06 ; 1. 7 ] ou [ R ´ emy-02 ; 6.2] . Si on suppo se F v dans l ’adh ´ erence de la c ham bre fondamen tal e p ositi ve C v f , U ( F v ) est aussi le plus p eti t sous-group e normal de U + ( K ) con t enant les U α ( K ) p our α ∈ Φ u ( F v ) [ R ´ emy-02 ; 6.2]. On a d onc U ( F v ) ⊂ U + ( K ) ∩ U max (Φ u ( F v )) = G ( K ) ∩ U max (Φ u ( F v )) = U pmax (Φ u ( F v )) , cf. [Gaussen t-Rousseau-08 ; sect. 3. 3 .3]. D’apr ` es la d´ efinition par g ´ en ´ erateurs et rel ations des group es de Kac-M o o dy [ R ´ emy- 02 ; 8.3. 3] M ( F v ) est le (ou a u moi ns un q uotien t du) groupe de Kac-Mo o dy G F v ( K ) de syst ` eme g´ en ´ erateur de racines ( A ( J ) , X , Y , ( α i ) i ∈ J , ( α ˇ i ) i ∈ J ) si F v = F v ( J ). Si F v = V 0 , on a M ( F v ) = G ( K ) et U ( F v ) = { 1 } . Si F v est sph ´ eri que, Φ m ( F v ) est fini et M ( F v ) est un group e r ´ eductif, cf. [R´ em y -02 ; 12. 5.2] ou [ Rousseau-06 ; 1.7] . 6.5. F acette microaffine et group e p arahorique asso ci´ e s ` a une chemin ´ ee Soit r = r ( F , F v ) une c hemin ´ ee de A asso ci ´ ee ` a une facette F = F ( x, F v 0 ) et une facette v ectorielle F v . 44 Guy Rousseau ` A F v , on asso cie l’ ensemb le M Φ m ( F v ) des m urs de M de direction Ker( α ) p our α ∈ Φ m ( F v ) et l’appartemen t affine A F v de G F v ( K ) correspondant au c hoix dans A des m urs de M Φ m ( F v ) et des m urs i ma ginaires de direction con tenan t F v . ` A la c hemin´ ee r , on asso cie la facette microaffine F µ = F µ ( r ) = ( F , F v ) o ` u F = F Φ m ( F v ) ( x, F v 0 ) est la facette engendr ´ ee par F dans A F v . Ainsi F est le filtre des parties de A contenan t une in tersection de demi-espaces D ( α, k ) de A F v ( i.e. p our α ∈ ∆, α ( F v ) = 0 et k ∈ Γ α ) con tenant F ; en parti culier F ⊃ r . Le sous-group e parahorique P µ ( r ) = P ( F µ ) est le pro duit semi-direct P ( F µ ) = M ( F , F v ) ⋉ U ( F v ) o ` u M ( F , F v ) est le (ou l’image dans M ( F v ) du) sous-groupe b P F de G F v ( K ) asso ci´ e ` a la facette F dans [ Ga ussen t-Rousseau-08]. Remarques. 1) Si F v = V 0 , alors F = F et P ( F µ ) = M ( F , F v ) = b P F . 2) F µ n’est une vraie facette microaffine (au sens de [Rousseau-06 ; 2.5]) que si F v est sph ´ eriq ue i.e. r ´ ev as ´ ee. Dans ce cas F est une face tte de l’appartemen t de Bruhat-Tits A F v du group e r ´ eductif M ( F v ) ; comme nous av ons supp os´ e la v aluation discr ` ete, c’est m ˆ eme un sous-ensem bl e de A F v (un p olysimplexe). 3) En fait F , F µ , M ( F , F v ) et P µ ( r ) ne d ´ ep enden t que du germe R de r . 4) Le group e P µ ( r ) n’est parahoriq ue qu’en un sens g´ en ´ eral is ´ e, celui de [Rousseau- 06 ; 2.10] si r est ´ ev as ´ ee. En fai t M ( F , F v ) est un sous-group e parahorique de M ( F v ) ( cf. [Gaussen t-Rousseau-08 ; sect. 3. 7]), au sens classiq ue si r est ´ ev as ´ ee. Prop osition 6.6. Le group e P µ ( r ) fixe ( p oin t par p oint) le germe de c hemin ´ ee R . N.B. Il n’est pas sur q ue U ( F v ) = U + ( K ) ∩ U max (Φ u ( F v )) et pas plus ´ evident que U + ( K ) ∩ U max (Φ u ( F v )) fix e R . D´ emonstration. Supposons F v dans l’adh ´ erence de la c ham bre fondamen tale C v f ; alors un ´ el´ emen t u 0 de U ( F v ) est un pro duit fini de conjugu ´ es v i u i v − 1 i a v ec v i ∈ U + ( K ) = U ( C v f ), u i ∈ U α i ( K ), α i ∈ Φ u ( F v ) ⊂ Φ + ; de m ˆ eme les v i son t des pro duits finis d’´ el ´ emen ts u i,j ∈ U β i,j ( K ) av ec β i,j ∈ Φ + . Donc il exi ste y ∈ A tel que u i ∈ U α i ,y et u i,j ∈ U β i,j ,y , ∀ i, j . Ainsi u 0 ∈ U pm y (Φ u ( F v )) d’apr ` es les relati ons de comm ut a tion dans le group e compl ´ et´ e U max (Φ + ). Il est alors clair que u 0 fixe ( p oin t par p oin t) r ( F + ξ , F v ) p our un b on choix de ξ ∈ F v . P ar aill eurs M ( F , F v ) fixe l a facette-ferm ´ ee F q ui con ti en t r ( F , F v ) et donc r ( F + ξ , F v ). Prop osition 6.7. Soien t R 1 = R ( F 1 , F v 1 ) et R 2 = R ( F 2 , F v 2 ) deux germes de chemin ´ ees de A a vec R 1 ´ ev as´ e, alors G ( K ) = P µ ( R 1 ) .N ( K ) .P µ ( R 2 ) . Remarques. 1) Ceci constitue une d ´ ecomp ositi on de Bruhat ou B irkhoff mix te, cf. 2.1 et [ Rousseau-06 ; 3. 5] ou m ˆ eme une d ´ ecomp osition d’Iwasa wa mixte quand R 2 est d ´ eg´ en ´ er´ e en parti culier une facette ferm ´ ee. 2) D’apr` es la d ´ emonstration ci-dess ous, il suffit en fait de supp oser que, ∀ w ∈ W v Φ m ( F v 1 ) ∩ w Φ m ( F v 2 ) est fini (au li eu de R 1 ´ ev as´ e i.e. Φ m ( F v 1 ) fini). Masures affines 45 3) On d ´ eveloppe i ci l a remarque 4. 6 de [Gaussen t-Rousseau-08]. D´ emonstration. D’apr ` es la d´ ecomp osition de Bruhat ou de Birkhoff de G ( K ), p our tout g ∈ G ( K ) il ex i ste n ∈ N ( K ) tel que g ∈ P ( F v 1 ) nM ( F v 2 ) U ( F v 2 ). Mai s Φ( n − 1 F v 1 ) ∩ Φ m ( F v 2 ) est un sy st ` eme parab oli que de ra cines dans Φ m ( F v 2 ) (asso ci´ e ` a la facette cl Φ m ( F v 2 ) ( n − 1 F v 1 ) ). La d´ ecomp osition d’Iwasa w a de M ( F v 2 ) [Gaussen t-Rousseau-08 ; prop. 3.6] donne donc : M ( F v 2 ) = ( M ( F v 2 ) ∩ P ( n − 1 F v 1 )) . ( N ( K ) ∩ M ( F v 2 )) .M ( F 2 , F v 2 ). Ainsi g ∈ P ( F v 1 ) N ( K ) M ( F 2 , F v 2 ) U ( F v 2 ) et il existe m ∈ M ( F v 1 ), n 1 ∈ N ( K ) tels que g ∈ U ( F v 1 ) mn 1 P µ ( R 2 ) = U ( F v 1 ) mP µ ( n 1 R 2 ) n 1 . Mais Φ( n 1 F v 2 ) ∩ Φ m ( F v 1 ) est un syst ` eme parab olique de raci nes dans Φ m ( F v 1 ) (asso ci´ e ` a la facette cl Φ m ( F v 1 ) ( n 1 F v 2 ) ). La d´ ecomp osition d’Iw asa w a de M ( F v 1 ) donne : M ( F v 1 ) = M ( F 1 , F v 1 ) . ( N ( K ) ∩ M ( F v 1 )) .M ( n 1 F v 2 , F v 1 ) . ( U ( n 1 F v 2 ) ∩ M ( F v 1 )), o ` u on note M ( n 1 F v 2 , F v 1 ) le sous-group e de M ( F v 1 ) asso ci ´ e au sous-syst ` eme de racines Φ m ( n 1 F v 2 ) ∩ Φ m ( F v 1 ) (par hypot h ` ese ce syst ` eme de racines est fini, donc M ( n 1 F v 2 , F v 1 ) est un group e r ´ eductif ). Il existe donc n 2 ∈ N ( K ) ∩ M ( F v 1 ) tel que : m ∈ n 2 M ( n − 1 2 F 1 , n − 1 2 F v 1 = F v 1 ) .M ( n 1 F v 2 , F v 1 ) . ( U ( n 1 F v 2 ) ∩ M ( F v 1 )). La facette n − 1 2 F 1 engendre une face tte F ′ 1 de A pour Φ m ( n 1 F v 2 ) ∩ Φ m ( F v 1 ) i.e. p our M ( n 1 F v 2 , F v 1 ). Le sous-group e M ( F ′ 1 ) corresp ondan t de M ( n 1 F v 2 , F v 1 ) v´ erifie donc M ( F ′ 1 ) ⊂ M ( n − 1 2 F 1 , F v 1 ). De m ˆ eme la facette n 1 F 2 engendre une facette F ′ 2 de A pour Φ m ( n 1 F v 2 ) ∩ Φ m ( F v 1 ) i .e. p our M ( n 1 F v 2 , F v 1 ). Le sous-groupe M ( F ′ 2 ) corresp ondan t de M ( n 1 F v 2 , F v 1 ) v ´ erifie donc M ( F ′ 2 ) ⊂ M ( n 1 F 2 , n 1 F v 2 ). La d ´ ecomp ositi o n de Bruhat-Iw ahori classique dans le group e r ´ eductif M ( n 1 F v 2 , F v 1 ) (con t en u dans M ( F v 1 )) donne donc : M ( n 1 F v 2 , F v 1 ) ⊂ M ( F ′ 1 ) . ( N ( K ) ∩ M ( n 1 F v 2 , F v 1 )) .M ( F ′ 2 ) ⊂ M ( n − 1 2 F 1 , F v 1 ) .N ( K ) .M ( n 1 F 2 , n 1 F v 2 ). Ainsi m ∈ n 2 M ( n − 1 2 F 1 , F v 1 ) .N ( K ) .M ( n 1 F 2 , n 1 F v 2 ) .U ( n 1 F v 2 ) = M ( F 1 , F v 1 ) .N ( K ) .P µ ( n 1 R 2 ), et g ∈ U ( F v 1 ) .M ( F 1 , F v 1 ) .N ( K ) .P µ ( n 1 R 2 ) n 1 = P µ ( R 1 ) .N ( K ) .P µ ( R 2 ). Prop osition 6.8. Soit r = r ( F , F v ) une chemin ´ ee sol i de de A . Alors r et son germe R on t de b ons fixa teurs. Plus pr ´ ecis´ emen t si r est ´ ev as ´ ee et F v est dans l’ adh ´ erence de la cham bre v ectoriel le fondamen t a le, ces b ons fixat eurs son t G r = b N r .U nm − F + F v .U pm + F = M ( F , F v ) .U pm F (Φ u ( F v )) et G R = M ( F , F v ) .U ( F v ) = P µ ( R ) Remarque. Une face de quartier sph ´ erique f = x + F v et son germe (` a l’infini) F on t aussi de bons fixateurs. Il su ffit, dans la d´ emonstration ci-des sous, de remplacer F par { x } et cl ( F ∪ ( F + n ξ )) par cl ( { x, x + nξ } ) ∩ supp ( x + F v ). D´ emonstration. On choisit ξ ∈ F v et une c ham bre vectorielle ferm ´ ee C v con tenant − F v . Pour n ∈ N les facettes F = F ( x, F v 0 ) et F n = F ( x + nξ , F v 0 ) on t un b on fixateur [Gaussen t- Rousseau-08 ; sect. 4. 2.2] ; de plus F ⊂ F n + C v et F n ⊂ F − C v . D’apr` es [ l.c. ; rem. 46 Guy Rousseau 4.4 et prop. 4.3 1 ) ], F ∪ F n et cl ( F ∪ F n ) on t de bons fixateurs. Mais p our n > 0, le fixateur dans W e R de cl ( F ∪ F n ) est fini (puisque r est solide), donc r = ∪ n cl ( F ∪ F n ) et R = g er m ∞ ( r ) on t de b ons fixateurs [ l. c . ; prop. 4.3 3) et 2)]. Il reste ` a identifier ces b ons fixateurs quand r est ´ ev as ´ ee. On a G r = b N r .U nm − F + F v .U pm + F . Mais U max F (Φ + ) = U max F (Φ m + ( F v )) ⋉ U max F (Φ u ( F v )) et, par h y p oth ` ese, Φ m ( F v ) est fini, donc U pm + F = V + F ⋉ U pm F (Φ u ( F v )) o ` u V + F est le group e U + F (d ´ efini dans [ l.c. ; sect. 3 . 2]) relatif au group e r´ eductif M ( F v ). De plus U nm − F + F v est l e group e V − F ( i.e. l e U − F relatif ` a ce group e M ( F v )). E nfin b N r est l e b N F relatif ` a ce group e M ( F v ). Ai nsi G r = b N r .V − F .V + F .U pm F (Φ u ( F v )) = M ( F , F v ) .U pm F (Φ u ( F v )). Le r ´ esulta t p our G R est main tenan t clair, d’apr` es 6.6. 6.9. C on s´ e quences 1) L’a x iome ( MA2 ) est v ´ erifi ´ e : d’apr ` es [Gaussen t-Rousseau-08 ; sect 4.1 et 4.2] un p oin t, un germe d’in terv alle pr ´ eordonn´ e ( cf. sect. 4. 4 et prop. 4.3 1) et 2) de l.c. ) et une demi-droite g ´ en ´ erique ont de b ons fixateurs. On vient de voir en 6.8 que c’ est aussi vrai p our une c hemin´ ee solide. D’apr` es [ l.c. ; remark 4.2 et prop. 4.3. 1] un sous-group e de ce b on fix ateur fixe l’enclos de cette partie F et est transitif sur les appartemen ts contenan t F . D’ a pr ` es le lemme 6.3, G F induit des isomorphismes en tre ces appartemen ts. 2) L’axio me (MA3) est v ´ erifi´ e : on a G ( K ) = G R .N ( K ) .G F d’apr ` es 6.6 et 6.7 . V ue la transitivit´ e de G R ou G F sur les appartemen ts con tenan t R ou F (si F est une facette ou une c hemin´ ee sol i de) un raisonnemen t classiq ue prouve l ’axiome (MA3). Il reste ` a v´ erifier l’axi ome (MA4). Prop osition 6.10. Soien t R 1 = R ( F 1 , F v 1 ) et R 2 = R ( F 2 , F v 2 ) deux germes de c hemin´ ees de A et Ω = R 1 ∪ R 2 . On suppose que R 1 est ´ ev as ´ e et que R 2 a un b on fixateur ( ce qui est en parti culier v´ erifi´ e si R 2 est soli de ou une facette). Alors Ω a un assez b on fix a teur, le group e G Ω fixe l’enclos de Ω et agit transitivemen t sur les appartemen ts con tenant Ω . Si de plus R 2 est ´ ev as ´ e, alors Ω a un b on fixateur. D´ emonstration. On sait qu’un germe de c hemin ´ ee solide ou une facette a un b o n fixat eur (6.8 et [Gaussen t-Rousseau-08 ; sect. 4.2 .2]). On note C v 1 , . . . , C v n les cham bres v ectori elles ferm ´ ees conten an t F v 1 (en nom bre fini car F v 1 est sph ´ eri q ue). La r ´ eunion Θ 1 = C v 1 ∪ . . . ∪ C v n con ti en t un cˆ one ouv ert con tenan t F v 1 . Mais F 1 est b orn ´ e (` a V 0 pr ` es) donc, p our x quelconque et ξ ∈ F v 1 assez grand, on a : F 1 + ξ ⊂ x + Θ 1 et r ( F 1 , F v 1 ) + ξ ⊂ x + Θ 1 . Ainsi R 1 ⊂ R 2 + Θ 1 . D’apr` es la prop ositio n 4.3 4) de lo c. cit. , Ω a un assez b o n fixateur et le group e G Ω a les propri ´ et´ es annonc ´ ees. Si de plus R 2 est ´ ev as ´ e, on note Θ 2 l’ensem ble analogue ` a Θ 1 asso ci ´ e ` a F v 2 . On a R 1 ⊂ R 2 + Θ 1 et R 2 ⊂ R 1 + Θ 2 . Mais r ( F 2 , F v 2 ) − Θ 2 = A , donc R 1 ⊂ R 2 − Θ 2 . Ainsi Masures affines 47 la remarque 4. 4 de lo c. cit. mon t re (en diff´ erencian t les cas o ` u F v 1 et F v 2 son t de signes con tr a ires ou opp os ´ es) q ue Ω a un b on fix ateur. Th´ eor` eme 6.11. Sous la condition (SC) de 6.1, les masures construites dans lo c. cit. son t des masures affines, ordonn´ ees, ´ epaisses et semi-discr ` etes (au sens de cet arti cle). D´ emonstration. On a d ´ ej` a vu l’axi o me (MA1 ) en 6.2 et les axiomes (MA2), (MA3) en 6.9. P our (MA4), si deux appartements A et A f = A con tiennen t R et F , alors A est t ransform ´ e de A par un ´ el´ emen t g de G R ∪ F qui fixe cl A ( R ∪ F ). A insi A ∩ A con tien t cl A ( R ∪ F ). De plus g ∈ G R ; d’apr ` es le lemme 6 . 3, g induit donc un isomorphisme de A sur A fixan t cl A ( R ∪ F ). P our l’a x iome (MA O), si x ≤ y dans A , on sait que { x, y } a un b on fixateur et G { x,y } fixe [ x, y ] A [ l.c. ; sect. 4.2.1 ] . Do nc, p our tout appartemen t A conten an t x et y , on a : [ x, y ] A = [ x, y ] A . On a indiqu ´ e en 6.1 que A est semi-discret. Si C est une c ham bre de A de m ur M ( α , k ) a v ec C ⊂ D ( α, k ), on a vu en [ l.c. ; sect. 4.3.4] que U α,k agit transitivemen t sur l es c ham bres de I adjacen tes ` a la cham bre C l e long de C ∩ M ( α, k ). De plus U α,k +1 est le fixateur dans U α,k de celle de ces c ham bres qui est con ten ue dans A . Enfin par construction U α,k /U α,k +1 est un groupe isomorphe ` a ( κ, +). A i nsi la cloi son C ∩ M ( α, k ) est domin ´ ee par une infinit ´ e de cham bres. Remarque 6.12. Les masures construites dans lo c. ci t. on t des propri´ et ´ es que ne p oss ` eden t pas forc ´ ement toutes l es masures a ffines d ´ efinies ici. Par exemple on a montr ´ e en [ l.c. ; sect 4.3. 3], comme cons ´ eq uence de la d ´ ecomp ositi on d’Iw asaw a, qu’un germe de quartier et un g erme de segmen t sont toujours dans un m ˆ eme appartemen t, m ˆ eme si ce germe de segmen t n’est pas pr´ eordonn ´ e. R ´ ef ´ erences. P eter Abramenko [96] Twin b uildings and applic ations to S-arithmetic gr oups , Lecture notes in Math. 1641 (Springer, Berlin, 1996 ). P eter Abramenko et Kenneth S. Bro wn [08] Buildings : the o r y and applic ations , graduate t ex ts in Mat h. ? (Springer, Berlin, 2008). Nicole Bardy [96] Syst ` emes de r aci ne i nfinis , M ´ emoire 65 (So c. Math. F ra nce, 1996) . 48 Guy Rousseau Nicolas Bourbaki [68] Gr oup es e t alg ` ebr e s de Lie , Chapitres IV , V, V I (H ermann, Paris, 1968). P aul Bro ussous [04] Simplicial complexes lying equiv ari an t ly o ve r the affine buildi ng of GL ( N ), Math. A nna len 329 (2004 ), 495-511. Kenneth S. Bro wn [89] Buildings (Springer, Berlin, 1989) . 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